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Éditorial du n° 559, « L’aventure de la géographie »

Imaginer l’école

Cécile Blanchard


On ne peut pas le nier, si l’on prend l’exemple de la formation et du recrutement des enseignants ou celui des programmes de l’école primaire, le rythme auquel vont les changements dans l’Éducation nationale est rapide, parfois plus que celui du passage des générations d’élèves. Beaucoup a été dit sur ces ministres qui voudraient imprimer leur marque avec une loi à leur nom, sur le temps de l’école qui n’est pas celui des politiques, etc. Et il est vrai que défaire ce qui vient tout juste d’être fait, sans laisser le temps de l’appropriation ni de l’évaluation, n’a à priori pas grand sens.

Les ministres ne manquent donc pas d’imagination et font parfois perdre la boussole aux enseignants. Une sorte de tourbillon perpétuel qui en lasse un grand nombre, et qui contribue au malêtre exprimé par beaucoup ces temps-ci. Pris dans ces remous, ils ne peuvent plus trouver le temps de réfléchir à leur métier, à leurs élèves tels qu’ils sont (et non pas tels que certains les fantasment), aux outils ou aux formations dont ils ont besoin.

Cela ne laisse pas non plus de place à une réflexion commune et largement partagée avec tous les citoyens, qui ne perdrait pas de vue les questions essentielles : comment faire apprendre et comment faire réussir tous les élèves.

Depuis des années, on entend affirmer qu’il y a trop souvent des réformes dans l’Éducation nationale et qu’il faudrait faire une pause. Peut-être. Mais alors, pas une pause pour entériner le statuquo, momifier «  les méthodes qui ont fait leurs preuves  » (sans avoir jamais été éprouvées). Une pause, pourquoi pas, mais pour se poser ensemble et imaginer la suite, pour une réflexion en commun.

On en profiterait, prenant exemple sur les cours de géographie décrits dans ce numéro, pour faire de la prospective, envisager l’avenir. On regarderait posément l’état du système éducatif, dont les études PISA ne cessent de montrer à quel point il est inégalitaire, et on ferait le tri entre ce qui marche, ce qui peut marcher, ce qui marcherait mieux, en essayant de se départir de ses certitudes et de sa part d’idéologie (car l’idéologue, ça n’est pas toujours l’autre !) pour mieux s’écouter.

On inventerait alors la réforme durable, et ce serait une révolution.

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Comment faire aimer et étudier une géographie vivante, qui ait du sens, qui permette de comprendre le monde et d’y agir en citoyens actifs ? Comment, de la maternelle à l’université, faire entrer nos élèves dans les deux dimensions fonctionnelle et symbolique de l’espace à travers des démarches prospective et imaginaire ?

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