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L’actualité éducative du n° 501 - décembre 2012

Extraordinaire


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Il est entré dans le métro, avec une vieille guitare et un bonnet à pompon. J’ai entendu les passagers, pris comme moi en otage, soupirer poliment. À ce moment-là, on ne savait pas encore.
Quand il a quitté la rame, le sirocco au parfum d’Algérie et de musique andalouse nous avait tous retournés. Il avait déposé sur nos visages hilares un bouquet de malice, où la moustache appréciée des dames s’était disputé les vertus de l’amour et du romarin. Dans l’ordinaire urbain, nous venions de vivre un moment de partage. Extraordinaire.
C’est bien un de ces moments soleil que nous avons vécu autour du numéro 500 des Cahiers. L’ordinaire d’une revue commencée dans le dénuement vespéral de l’après-guerre nous a conduits à réunir les plumes de près de cent auteurs pour un numéro qualifié de garde, comme on le dirait d’un vieux bourgogne. À être surpris même de compter tant d’amis. Numéro 500 qui nous a aussi rassemblés, le jour du colloque, autour d’un ministre parlant pédagogie sans s’excuser, de comédiens qui ont réconcilié tous les gars du monde et de paroles sur l’école propres à faire avancer. Cet extraordinaire d’un jour et d’un numéro nous amène surtout à poursuivre, plus convaincus que jamais.
C’est encore l’ordinaire, celui des classes cette fois, qui est en lumière dans le dossier de ce numéro 500 plus un. Lorsque le groupe emporte, retourne, fait désespérer de tout, pousse à quitter le métier pour des horizons meilleurs, puiser dans ses dernières forces ou soudain croire au ciel d’apprendre. Une fois. D’autres fois. Et puis, tout doucement, sur quarante années. Ailleurs dans ce numéro, vous rencontrerez des personnes qui invitent et se réinventent, qui rassemblent et se ressemblent. Vous découvrirez des élèves qui tombent et se relèvent. Derrière ces mines de rien, je vous invite à chercher l’extraordinaire, fait de grand partage et de petites joies. Et à le recevoir comme un gage. Celui du possible.