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Enfants de l’immigration, une chance pour l’école

Marie-Rose Moro, Entretiens avec Joanna et Denis Peiron, Bayard, 2012, 180 pages.

3 mai 2012

Dans ce livre d’entretiens avec deux journalistes, l’auteure, pédopsychiatre, fait part de son parcours personnel et professionnel et surtout, à contre-courant de bien des idées reçues, nous présente un plaidoyer pour le bilinguisme et un message d’optimisme quant à l’intégration des enfants «  venus d’ailleurs  ».

L’auteure est pédopsychiatre et est une des chefs de file de l’ethnopsychanalyse. Dans ce livre d’entretiens avec deux journalistes, elle fait part de son parcours personnel et surtout, à contre-courant de bien des idées reçues, nous présente un plaidoyer pour le bilinguisme et un message d’optimisme quant à l’intégration des enfants «  venus d’ailleurs  ».

Marie-Rose Moro est bien un exemple d’intégration réussie, elle qui, fille d’Espagnols, est arrivée dans les Ardennes très jeune et a eu un parcours scolaire brillant, mais qui n’a jamais impliqué un renoncement à son identité d’origine. Elle écrit : «  l’école a fait de moi une citoyenne, mais une citoyenne cosmopolite, inscrite dans l’Europe et dans le monde  » sans qu’on ait eu besoin de lui transmettre une quelconque «  identité nationale  ».

Mais ce livre s’appuie d’abord sur l’expérience professionnelle de l’auteure et tombe à pic, dans une période où l’on a plutôt tendance à considérer l’immigration comme un problème, où semble revenir au premier plan l’idéologie de l’assimilation, au sens de renoncement aux origines, et en particulier à sa langue maternelle (ce que condamne l’auteure, lorsqu’elle évoque par exemple le rapport Benisti, qui évoque le bilinguisme des enfants issus de l’immigration comme très négatif).

Pour Marie-Rose Moro, la reconnaissance de la diversité est une chance. Saurons-nous tirer parti du désir d’ascension sociale de bien des familles issues de l’immigration, de l’opportunité d’un plus grand développement cognitif rendu possible par le maniement de plusieurs langues ? L’exemple grenoblois de «  l’arbre à langues  » en est une belle illustration. De même, parviendrons-nous à former à la diversité (et déjà à reconnaitre sa propre diversité) le corps enseignant, ce qui implique en premier lieu le retour à une véritable formation ?

Jean-Michel Zakhartchouk

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