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Recension parue dans le N° 419 de novembre 2003

Deux cents ans d’inspection générale, 1802-2002

Jean-Pierre Rioux (dir.), Fayard, 2002.

5 novembre 2003


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L’évaluation du système d’enseignement est une question majeure. Encore faut-il bien la poser. Ce gros livre agréable, dont la facilité de lecture compense un peu l’aspect décousu de dix-neuf contributions, donne des éléments. Sur les vingt-trois auteurs, treize sont ou ont été inspecteurs généraux (IG). On sait que les IG ont longtemps consacré l’essentiel de leur temps à l’évaluation individuelle des professeurs. On lira quelques extraits savoureux de rapports d’inspection, y compris de l’inspection de futurs inspecteurs, et le portrait de quelques IG qui ont marqué.
Mais ce temps est passé. Les IG, débordés, en particulier après que la loi Debré eût augmenté le nombre des inspections à effectuer, se sont faits aider d’inspecteurs pédagogiques régionaux qui assurent l’essentiel des inspections individuelles.
En application de la loi Jospin de 1989, les IG ont un nouveau statut. S’ils se consacrent toujours à l’évaluation, c’est désormais à celle du système, dans une discipline ou dans sa globalité, et non plus des individus. Les conséquences de cette mutation sont abordées de façon trop sommaire, on ne voit pas assez les querelles autour de l’élaboration des programmes par exemple.
Les inspecteurs généraux maintenant sont surtout des hommes, et l’accession des femmes à la fonction a été difficile, ils viennent surtout des classes moyennes, plutôt moyennes inférieures, ils sont de purs produits de l’élitisme républicain. Tout cela est intéressant à savoir. Le genre du livre explique sans doute bien des euphémismes et des lacunes, mais on regrette que le témoignage des inspectés soit à peine évoqué. Au-delà de broutilles [1], ce livre est cependant un élément important pour toute réflexion sur l’évaluation de l’enseignement. Réflexion à l’ordre du jour.

Jacques George


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[1Dupanloup n’était pas cardinal (p. 102), mais simplement évêque d’Orléans et académicien. Monod a sans doute été « nommé dans une sous-commission de la commission Langevin-Wallon » (p. 265), mais c’est lui qui avait créé la commission. Jean-Pierre Rioux est à la fois IG et historien, la revue L’Histoire (février 2003) en fait le portrait.