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N°447 - Dossier "École, milieux et territoire"

Des villes, au service d’un projet éducatif partagé

Par Daniel Grossain

Les communes ont toujours été présentes aux côtés de l’école. Dans les évolutions actuelles, elles souhaitent devenir le partenaire connu et reconnu de l’Education nationale, pour des projets concertés où elles auraient un autre rôle que celui d’une « banque de proximité » !

Les collectivités territoriales et, plus particulièrement les communes, ont toujours joué un rôle important aux côtés de l’Ecole. Les villes ont toujours été présentes ne serait-ce que sur la question du patrimoine mais également sur celles de l’étude du soir, de la cantine, du sport et de la musique. Qui, par le passé, n’a pas eu le plaisir de rencontrer ces professeurs municipaux qui venaient accompagner les instituteurs ? Parmi ces derniers, rares n’étaient pas ceux que nous ne rencontrions pas hors temps scolaire le jeudi puis le mercredi à l’USSEP, au club de sport de la ville, au patronage laïque devenu par la suite le centre aéré ou bien encore en colonies de vacances.

Les temps ont changé, les rapports entre les villes et les enseignants se sont transformés. Ces trente dernières années, le ministère de l’Education nationale et d’autres (tels que celui de la Culture ou de la Jeunesse et des Sports), ont interpellé les villes au regard de la connaissance particulière qu’elles avaient de leur territoire et de leur savoir-faire. De nombreux dispositifs (contrat libre, A.R.V.J, C.E.L., Z.E.P., contrat d’aménagement du temps de l’enfant, école ouverte, veille éducative puis programme de réussite éducative, classes A.P.A.C...) ont sollicité allègrement les finances locales. Mais, sur le fonds, on peut constater que les collectivités ne se sont pas transformées en puits sans fond et sans règle pour le financement de n’importe quel projet, au motif qu’il émanait de l’Education nationale, d’écoles ou d’établissements scolaires du quartier.

Les élus restent les garants des finances locales. Celles-ci, même importantes en masse, sont devenues rares face aux missions de plus en plus importantes des collectivités, aux besoins de plus en plus grands de certaines populations.

La crise « aidant », les communes oeuvrent globalement aujourd’hui avec davantage de pertinence et de reconnaissance dans les processus d’éducation des enfants.
Elles ne peuvent être la « banque de proximité » de projets des écoles et des établissements scolaires. Mais elles souhaitent devenir le partenaire connu et reconnu des rectorats, de l’inspection académique, des inspecteurs de l’Education nationale, des directeurs et des enseignants et ce, suivant la nature du projet présenté, contractualisé afin d’agir au vu d’objectifs clairs, dans la durée et dans le pluriannuel. Cette collaboration, résultat d’une forme de maturité de chacun, ceci confirme bien que l’éducation est la résultante des actions des uns et des autres, des éduquants de l’enfant au service d’un projet partagé.

À ce titre, le colloque organisé par la Direction Interministérielle à la Ville les 30 et 31 mars 1999 avait toute sa pertinence. En baptisant cette rencontre « L’Education dans la ville, une responsabilité partagée », les ministères de l’Education, de la Jeunesse et des Sports, de la Politique de la Ville et de la Culture confirmaient, avec passion et arguments à l’appui, le concept d’éducation globale de l’enfant, fruit d’une complémentarité éducative concertée du « scolaire » et du « hors scolaire ».

Aujourd’hui sans doute l’engagement des ministères est-il plus discret sur ce concept mais le terrain confirme qu’il se répand malgré tout et de nombreuses villes s’engagent sur ce chantier difficile mais au combien intéressant, de construction d’un projet éducatif global local, fruit d’une coordination de projets « scolaires » et « hors scolaires » émanant des partenaires éducatifs oeuvrant sur un territoire géographique donné.

Il ne s’agit en aucun cas, dans cet esprit, de municipaliser quoique ce soit mais seulement de considérer la proximité, le rapport au territoire et le rapprochement des acteurs, comme un élément déterminant et pertinent afin d’agir auprès des enfants et des familles, chacun à sa place, chacun dans son rôle ou dans l’expression d’actions et de dispositifs partenariaux.

Concrètement, que faisons-nous à Montreuil ?

Engagée de longue date dans des politiques éducatives en faveur de l’enfance et de l’adolescence, la ville de Montreuil a également été sollicitée, au fil des ans, pour exprimer concrètement un soutien à la dynamique scolaire.

Dès 1999, un premier contrat d’objectifs et de partenariat pour la réussite scolaire, a été conclu avec le Ministère de l’Education nationale, cinq axes forts ont été repérés :
- Favoriser la réussite scolaire
- Élargir l’horizon culturel
- Former et éduquer à la citoyenneté
- Renforcer l’aide à l’orientation, améliorer l’insertion professionnelle et développer l’enseignement supérieur
- Relancer une politique de santé scolaire

En 2002, un avenant a été signé avec ce même ministère (dix thématiques, fondées sur les orientations de l’Education nationale, composaient ce contrat avec, à l’appui sur chacune d’elles, les engagements de l’Etat et ceux de la ville) :
- Enseigner et diversifier les langues vivantes de l’école primaire au lycée
- Rénover l’enseignement des sciences et renforcer le dispositif « main à la pâte »
- Développer la maîtrise de la langue et du langage
- Mettre en œuvre les classes à projet artistique et culturel (PAC) et accompagner les projets culturels et sportifs
- Éduquer à la citoyenneté, lutter contre la violence
- Développer les techniques de l’information et de la communication à l’école (TICE) et le brevet informatique et Internet (B2I)
- Scolariser les élèves handicapés
- Prévenir et traiter la difficulté scolaire
- Améliorer l’orientation des élèves
- Développer l’enseignement supérieur

À ce jour, un nouveau contrat est en cours d’élaboration pour 2006-2011. Par ailleurs, des contrats et des avenants existent pour :
- Le financement de projets d’écoles « Charte de l’éducation éducative »
- Le développement des N.T.I.C.(nouvelles technologies de l’information et de la communication)
- L’accompagnement des associations d’aide aux devoirs.

Actuellement, suite à une importante concertation relative aux rythmes et aux horaires scolaires, la ville s’engage dans la rédaction d’un projet éducatif local global. Pour tout renseignement sur ces différents projets, vous pouvez contacter la direction de l’Education (01.48.70.65.88), ou consulter le site de la ville : www.montreuil93.net.

Daniel Grossain, directeur de l’éducation, Ville de Montreuil.


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