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Recension parue dans le N° 419 de novembre 2003

Ce que je ne peux pas vous dire - 26 collégiens parlent

Mise en forme de Marie-Thérèse Cuny. Édition Oh ! (Firmin Didot) et France Inter 2002.

5 novembre 2003


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Eh oui, les collégiens ont des choses à dire ; ils doivent pouvoir exprimer leurs états d’âme, leurs « souffrances » mais aussi leurs petits bonheurs quotidiens, évoquer leurs rapports à l’école, aux savoirs, à leur famille, aux copains sans susciter l’ironie de ceux qui pensent qu’on « les écoute trop », qu’on les a trop « placés au centre ».
À travers ces vingt-six témoignages, commentés par la pédopsychiatre Sylvie Angel, on peut lire les problèmes du collège aujourd’hui, les démotivations qui se constituent, la difficulté à assumer la position du soi-disant « intello » dans certains établissements, le manque de sens de nombreuses activités scolaires aux yeux de trop d’élèves. Comme le dit Jean-Luc Hees dans sa préface : « Ce livre renvoie l’image d’un collège où les situations dramatiques restent heureusement l’exception, mais où les problèmes quotidiens sont très inquiétants pour le plus grand nombre. »
Les témoignages sont regroupés par niveau de classe et sont très variés. On a tout aussi bien celui de Alexandre, 14 ans en 6e qui n’aime pas le français et qui attend de faire « de la belle mécanique » car son cerveau « est fait pour ça », celui de Clément qui déclare déchirer les bulletins du troisième trimestre toujours mauvais pour que sa mère ne les voie pas, celui de Marine qui découvre dans son nouveau collège des enseignants « gentils, intelligents, instruits et qui, même s’ils se mettent au niveau des élèves, essayent, en parlant avec eux, de remonter le niveau de la racaille ». Ou encore Pauline qui nous enferme dans une bien triste alternative : « Les profs, soit ils sont jeunes et ils ont peur de se faire marcher sur les pieds, donc ils sont méchants, soit ils sont vieux, ils en ont marre de faire leur métier et ils sont chiants. »
Bien sûr, ces collégiens parlent aussi de sexualité, de constitution de leur identité, de leur avenir professionnel, de ce qu’ils perçoivent de l’actualité. Il ne s’agit jamais de prendre au pied de la lettre ce qu’ils disent (certaines relations d’événements sont assez étonnantes et fantasmes et exagérations sont probablement au rendez-vous) et la dénonciation des dysfonctionnements ne doit pas faire oublier l’évocation de la part lumineuse du collège (de certains collèges notamment - où l’on voit l’importance de l’effet établissement).
Un livre grand public qui est aussi une pièce à verser dans le débat sur le collège...

Jean-Michel Zakhartchouk


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