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Actualité de la métacognition

Un dossier coordonné par Marc Romainville et Jacques Crinon


Apprendre met en jeu des processus cognitifs, mais aussi d’autres mécanismes mentaux qui contrôlent et régulent la cognition. Les psychologues ont appelé métacognition cette pensée sur la pensée. La mise en évidence de son rôle a conduit, dans les années 1990, à un foisonnement de dispositifs pédagogiques originaux et innovants, à tous les niveaux scolaires, de l’école maternelle à l’enseignement supérieur. En témoigne notamment le succès considérable de l’ouvrage de 1997 de Michel Grangeat et Philippe Meirieu, « La métacognition : une aide au travail des élèves ». Un regain d’intérêt pour ce concept se manifeste aujourd’hui dans le champ scolaire.

C’est que, comme le souligne Joëlle Proust dans un récent rapport du Conseil Scientifique de l’éducation nationale, « une “bonne régulation” conduit l’élève à s’engager dans les apprentissages avec confiance et enthousiasme. La “mauvaise régulation” de la métacognition se solde par le dégout d’apprendre, l’évitement de l’école, le décrochage, et par ce que l’on nomme “la spirale de l’échec”. »
De plus, la métacognition est désormais considérée comme une pièce centrale au sein des nouveaux modèles de l’intelligence. Pour Olivier Houdé notamment, elle contribue à freiner le « cheval fougueux » des intuitions et d’enclencher, de manière consciente, la mise en place d’algorithmes plus formels de pensée.

Le présent dossier tentera d’éclairer les différentes facettes, y compris les plus nouvelles, de la métacognition : connaissance de ses propres manières d’apprendre et capacités à les réguler délibérément, réflexion sur ses émotions et leur rôle dans les apprentissages, confiance en soi en fonction de stéréotypes socioculturels ou de genre… L’objectif est de montrer l’actualité retrouvée du concept de métacognition et des pratiques qui en découlent.

Il présentera des exemples, à tous les niveaux scolaires et jusqu’à la formation des adultes, de dispositifs et de manières de faire permettant d’entrainer les élèves ou les étudiants à exercer un suivi autonome et métacognitif de leurs activités. En effet, les bienfaits de la métacognition n’ayant rien d’automatique, il convient d’identifier les circonstances précises dans lesquelles elle aide vraiment à apprendre. Il s’agira donc d’analyser des situations, dans différentes disciplines, où l’explicitation des stratégies de compréhension ou d’apprentissage, l’étayage de la mobilisation par l’élève de soi et de ses connaissances, l’association des élèves à la planification d’un apprentissage, l’évaluation formative, etc. ont permis d’améliorer l’apprentissage et la réussite, en particulier des plus faibles. Nous attendons notamment des descriptions précises des effets de ces pratiques sur les élèves, en fonction de leurs difficultés. Nous ne nous interdirons pas non plus de présenter des situations qui montrent des limites et des dérives possibles de ces démarches ou les problèmes liés à leur mise en œuvre.

À vos plumes ! Nous pourrons vous aider à mettre en forme votre article. Vos projets d’articles, en 5 à 10 lignes, sont à envoyer aux coordonnateurs du dossier avant le 20 décembre 2019.
marc.romainville[at]unamur.be
jacques.crinon[at]cahiers-pedagogiques.com