Ma maman était épicière. Elle était toujours là, quand on se levait, quand on rentrait, petite veilleuse de la maison, discrète et laborieuse. Ma maman parlait peu mais elle écoutait beaucoup. Dans la cuisine, en épluchant des pêches talées, entre deux sonneries du magasin qui nous interrompaient. Elle allait servir et puis je reprenais.
Je suppose qu’elle me conseillait, qu’elle me remontait le moral. Pourtant, je me souviens seulement de cette présence, toujours occupée mais toujours disponible. Et surtout d’une expression qu’elle n’employait que dans les grandes occasions, parce qu’elle n’a jamais (...)