S’il est normal que les élèves soient parfois à la peine, le doute s’installe quand les difficultés s’accumulent, quand les obstacles deviennent insurmontables. L’élève qui n’avait jusque-là que des difficultés devient un élève en difficulté. Et si on n’y prête pas attention, un élève en décrochage.
Les structures et les dispositifs d’aide aux élèves en difficulté se sont multipliés, avec l’effet paradoxal d’évacuer les cas qu’on ne saurait prendre en charge, pour préserver l’essentiel, à savoir la classe, le programme et les pratiques hérités du passé.
Depuis quelques années s’imposent les notions d’inclusion et d’individualisation. Les élèves en situation de handicap, élèves ayant des besoins éducatifs particuliers, élèves en grande difficulté scolaire, tous viennent accentuer encore l’hétérogénéité des classes. Double injonction bien délicate pour les enseignants : la même norme pour tous, l’individualisation, voire la personnalisation des apprentissages pour chacun. Double écueil : la vaine prétention à gérer dans le même cadre collectif les élèves en difficulté, au risque de l’impuissance ; tout reporter sur des enseignants spécialisés, intervenant à l’extérieur de la classe, au risque de l’abandon. Mais voilà : croiser le fil des deux démarches pour retisser les apprentissages, plus simple à dire qu’à faire...
Les SES sont nées et ont évolué dans un processus de démocratisation de l’école : quel a été le rôle de cette discipline nouvelle dans ce processus ? Comment les programmes, qui ont su être innovants dans leur conception, ont-ils évolué ? De quelles valeurs- en miroir avec les évolutions sociétales- sont-ils porteurs ? Et que reste t-il du projet initial des SES aujourd’hui ?
Nous avons placé au coeur du dossier les pratiques professionnelles et les récits d’expériences interdisciplinaires variées qui montrent la richesse des approches possibles. La spécificité disciplinaire est abordée à travers une réflexion sur les contenus enseignés, la façon dont ils font sens et peuvent être des sources de motivation pour les élèves, en lien avec le recours à des méthodes actives.
La discipline (et la série) ont été l’objet d’attaques vives portant sur la légitimité du projet et la scientificité des savoirs enseignés, alors qu’il y a une véritable demande sociale et citoyenne pour une compréhension des mécanismes de l’économie et de la société. On a, plus que jamais, besoin des SES !
1- Une discipline en évolution Gérard Grosse : Les SES au cœur de la démocratisation de l’école ?
Gisèle Jean, Daniel Rallet : Une conception innovante des programmes
Yves-Patrick Coléno : La marque du temps
2- À propos des pratiques professionnelles
Des contenus qui font sens Entretien avec Jérôme Deauvieau : Le regard d’un sociologue
Thierry Rogel : Au bonheur des sciences économiques et sociales
Dominique Beddock : Traiter de l’actualité en classe
Éclairer le présent pour saisir le monde
Magali Prats : La diversité des formes familiales et l’amendement Mariani
Fabrice Hourlier : Désamorcer les fatalismes
Diversité des supports et des pratiques Marjorie Galy : Débattre en classe
Catherine Duvernet Place des TIC dans l’enseignement des SES
Patrick Spinelli : Les SES au pays des Schtroumpfs
Laurent Tarillon : Viser l’acquisition de compétences
Des croisements disciplinaires féconds Chantal Dulibine : Jouer le monde de l’entreprise en classe entière...
Sophie Paulin-Moussiegt Décrypter le monde grâce à l’art pictural
Erwan Le Nader : Mathématiques et SES
Florence Rebeschini Aulanier : Trois courts-métrages contre la discrimination
3- Débats d’aujourd’hui et de demain Bernard Lahire : Réveiller les consciences somnolentes...
Élisabeth Chatel : Le contenu de l’enseignement
de l’économie au lycée : un enjeu social
Alain Legardez : Le rapport Guesnerie
Renaud Chartoire : Les SES doivent-elles être cantonnées dans la filière ES ?
Sylvain David : Quel avenir ?
Philippe Watrelot : Une discipline exemplaire
Laurent Carceles : Le roi des pigeons
Hélène Eveleigh : S’écouter ?
Jacqueline Gérard : Les antisèches d’orthographe
Philippe Vanzetti : Le syndrome du sac à main
Françoise Colsaët Mes 3 000 arbres
Faits & Idées
Bernard Grosjean : La chaise vide, ou l’entrée dans le jeu (chronique)
Carmen Vendramini : Les relations de causalité en grande section maternelle
Les premiers enseignements de sciences économiques et sociales ont démarré de façon expérimentale en classe de 2de en 1964, puis officiellement avec la réforme Fouchet de 1966. Le premier bac économique et social (bac B à l’époque) s’est déroulé en 1969.
Quarante ans, cela peut être l’âge des bilans et c’est d’abord ce que propose ce dossier.
Les SES sont nées et ont évolué dans un processus de démocratisation de l’école : quel a été le rôle de cette discipline nouvelle dans ce processus ? Comment les programmes, qui ont su être (...)
Prenons un exemple : une collègue, pour son plus grand bonheur, attend un enfant. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Il n’y a pas si longtemps, la grossesse déclarée dès le premier mois, elle prépare son congé maternité, y compris professionnellement. Elle fait le choix de ne pas être professeur principal ; elle prévoit, dans sa progression, le moment où elle devra passer le flambeau, pour ne pas (...)
Afin d'éclairer
nos propres questionnements et voir comment l'on fait ailleurs,
nous avons publié plusieurs mini-dossiers sur les systèmes
éducatifs d'autres pays.