Les populations roms, tsiganes et dites du voyage soulèvent bien des questions auxquelles les institutions scolaires ont du mal à répondre. Qu’il s’agisse des Roms migrants arrivant des Balkans, des Gitans ou des Manouches présents depuis des siècles en France, on constate les mêmes difficultés à accueillir, à intégrer et à faire réussir les enfants dans l’école laïque, gratuite et obligatoire, celle de la République. Peu ou pas scolarisés pour certains, marginalisés et peu écoutés pour tous, ils se retrouvent confinés dans cette France invisible , celle que l’on feint d’ignorer, celle que l’on refuse de voir.
Depuis quelques années, une prise de conscience semble se faire jour un peu partout, en France comme dans le reste de l’Europe ; des textes officiels sont publiés et permettent des avancées. Mais concrètement, on constate aussi que les solutions proposées sont toujours fragiles et la pérennité des dispositifs mis en place n’est garantie bien souvent que par l’engagement des acteurs et de leur volontarisme - pour ne pas parler de militantisme.
Il faudrait aussi interroger le point de vue des familles : comment les "voyageurs" voient-ils l’école ? Ont-ils la crainte d’une "déculturation" de leurs enfants par la fréquentation de l’école ? Qu’en attendent-ils ?
Nous proposons, par ce dossier, d’y voir un peu plus clair sur la question de la scolarisation de ces enfants. Il nous paraît d’abord indispensable de savoir de qui on parle : les dénominations multiples, les idées reçues et la complexité des situations sont autant de facteurs qui empêchent souvent de comprendre et d’agir.
Une fois cette mise au point faite, il faudra examiner ce qui se passe à l’école, dans les classes, avec les élèves : par le passé quelles modes de scolarisation ont pu être proposés ? Avec quel bilan ? Quelles structures sont imaginées aujourd’hui ? Qu’en est-il de l’intégration dans la scolarité dite ordinaire ? Quels sont les freins ou les outils facilitant ? Quels sont les rapports avec les autres élèves, dans la classe, l’école ou le collège ? Ces élèves ont-ils des besoins et des difficultés spécifiques ? Comment ceux-ci sont-ils pris en charge ? Quels sont les atouts ou les compétences (tant du côté des élèves que des enseignants) sur lesquels s’appuyer ? Quels sont les rapports à la langue, celle de l’école en particulier ? Aux savoirs (formels et non formels) ? Existe-t-il des élèves en réussite, à quelles conditions ?
Tout témoignage, tout expérience et toute proposition est à envoyer à Régis Guyon et à Michaël Rigolot, avant juillet 2010.
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