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revue de presse du vendredi 6 juin

Evaluation - ABCD de l’égalité - D-Day pour les rythmes scolaires - Education prioritaire - Numérique


Changer l’évaluation ? Passons aux actes !

La nouvelle, si elle se confirme (et sous réserve de démentis), sera sans nul doute le coup de tonnerre de l’actualité éducative de cette fin d’année. Reprenant les propos de Denis Paget, ex responsable de la FSU et membre du Conseil supérieur des programmes, le Café pédagogique a publié une information exclusive en ce début d’après-midi : Le CSP veut enterrer et le brevet et le LPC. Supprimer le DNB, rien moins ! En réalité, il s’agit d’une hypothèse de travail dans la droite ligne des annonces déjà faites par Florence Robine mercredi à l’occasion de la journée du MCLCM (Mouvement Contre la Constante Macabre). Parallèlement à la suppression du DNB, serait envisagée une suppression du LPC, pour ne plus laisser subsister qu’une évaluation par compétences permettant de valider le Socle commun, en fin de troisième si possible, éventuellement au lycée.
"Reste à mettre en oeuvre cette révolution de l’évaluation. On sait que, selon la Dgesco, le ministre veut faire de l’évaluation un sujet qui marque son passage rue de Grenelle".
Un sujet qui, en attendant, marque d’ores et déjà la presse. L’Humanité ouvre ce jour ses colonnes à deux personnalités aux approches radicalement différentes. André Antibi, du MCLCM, et Jean-Rémi Girard, du Snalc tentent de répondre à la question : Les notes précipitent-elles les élèves dans l’échec scolaire ?. Eléments de réponse et d’analyse réservés aux abonnés du quotidien ou à ses lecteurs papier. Mais des orientations que l’on devine sans mal radicalement divergentes.


Entre courage politique et renoncement, les ABCD de l’égalité à la croisée des chemins

La question des ABCD de l’égalité revient sur le devant de l’actualité éducative, au travers d’un article du Monde intitulé Le gouvernement cherche un issue pour les ABCD de l’égalité. Quelle sera cette issue ? "A un mois de la fin de l’année scolaire, les paris sont ouverts sur l’avenir de ce dispositif destiné à lutter contre le sexisme et les stéréotypes sexués. Publiquement, Benoît Hamon et son cabinet ont multiplié les assurances, répétant que l’égalité entre filles et garçons est considérée comme « essentielle », «  non négociable » et que «  cela s’apprend ». ". Les ABCD de l’égalité seront donc défendus par l’institution ? Pas sûr ! "En aparté, on ne cache plus, Rue de Grenelle, que le dossier est «  miné  » par une année de polémique sur l’enseignement d’une prétendue « théorie du genre », qui ont entraîné une série de « journées de retrait de l’école ». Au point que Matignon et l’Elysée auraient requis un moyen de «  sortir par le haut  » de la controverse, un peu sur le mode de l’« assouplissement » consenti pour parachever la réforme des rythmes scolaires. [...] «  Pour trancher, Benoît Hamon attend la remise du rapport d’évaluation des ABCD  », assure-t-on au ministère, en promettant une réponse «  d’ici à la fin juin  ». Pendant ce temps, les opposants occupent le terrain : la Manif pour tous prévoit d’organiser son décryptage du dispositif les 11 et 12 juin.
L’enjeu est simple, semble-t-il : assumer la priorité donnée à la lutte contre les stéréotypes ou céder à la pression des lobbies conservateurs. Rendez-vous, donc, fin juin, pour la réponse.

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Le dessin de Fabien Crégut

D-Day pour les rythmes scolaires

Sur un autre front, c’est aujourd’hui la date limite pour les mairies qui souhaitent remettre une demande d’expérimentation dans l’organisation des rythmes scolaires au titre du décret Hamon. Et dans certains endroits, ça coince déjà. Pour mémoire, Libération a publié hier un article qui fait le tour "des résistances, parfois justifiées, souvent de mauvaise foi". Le monde évoque de Vifs débats à Lyon sur l’assouplissement de la réforme des rythmes scolaires. " D’après des données provisoires du ministère, 1 195 communes ont déjà demandé [un] assouplissement. Ces dérogations étaient censées aider en priorité les 6 % de communes rencontrant des difficultés à appliquer la réforme. Mais la ville de Lyon, dirigée par le maire (PS) Gérard Collomb, a inquiété la Rue de Grenelle en décidant elle aussi de revoir sa copie, en faveur d’une organisation peu conforme à l’esprit d’une réforme censée raccourcir les journées de classe. Un article à lire avec attention pour bien comprendre qu’ici la querelle n’est pas entre courants politiques opposés, mais bel et bien entre intérêt général (c’est à dire l’intérêt de l’enfant) et intérêts particuliers, notamment municipaux. Autre exemple dans le Café Pédagogique avec un article intitulé Rythmes scolaires : ultime guerilla à Asnières.

En marge de la question de l’organisation des ryhtmes scolaires revient celle du droit à l’accès à une composante essentielle de ces rythmes : les activités périscolaires. Le Monde, à nouveau : http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2014/06/05/enfants-de-chomeurs-prives-d-etude-a-beziers-menard-n-est-pas-le-premier_4432416_4355770.html. Un article qui rappelle de façon malheureusement imparable que la ségrégation sociale, en la matière, n’est pas l’apanage du Front national.


Relance de la relance de l’éducation prioritaire

La circulaire sur l’éducation prioritaire est évoquée dans le Café pédagogique. Cette circulaire ne déchaîne pas les passions de la presse en ce vendredi. Il faut dire que le sujet avait déjà été largement traité lors des annonces du ministres, et que ce document n’en n’est effectivement que la retranscription officielle et administrative. Ce que confirme d’ailleurs le Café dans son introduction. "Le B.O. du 5 juin a publié la circulaire sur l’éducation prioritaire. Elle reprend les grands axes déjà annoncés par le ministre. On retiendra le nombre de réseaux porté à 1081 dont 350 Rep+ à la rentrée 2015. A la rentrée 2014 on comptera 102 Rep+ comme prévu. "La question ds lycées sera traitée ultérieurement" annonce le texte".


Numérique à l’école

Emmanuel Davidenkoff, dans l’Express, affirme que L’école doit changer de logiciel. En l’occurrence, il s’agit d’un plaidoyer pour le droit des enseignants à choisir les logiciels qu’ils souhaitent utiliser en classe. Y compris en recourant à des partenariats avec des éditeurs privés. "une étude récemment publiée sur l’usage des Environnements numériques de travail dans les collèges de Seine Saint-Denis indique qu’un des principaux freins à l’usage des outils conçus spécialement par l’Education nationale, aussi bien du côté des enseignants et de l’administration que du côté des élèves et des parents, tient au décalage entre les produits qu’ils utilisent "à la maison" (simples, ergonomiques, robustes, universels, centrés sur l’utilisateur) et ceux qui leur sont proposés dans le cadre professionnel." La conclusion, pour le chroniqueur, s’impose d’elle même : "Il faudra donc en passer par de telles alliances, pour informer les entreprises des contraintes et besoins spécifiques des écoles, collèges et lycées, afin qu’elles y répondent au mieux, mais également pour former et informer les enseignants sur les différentes voies qui s’offrent à eux et qui relèvent parfois du privé mais pas du système marchand". Et d’épingler au passage ces syndicats qui dénoncent l’alliance avec Microsoft, sans jamais avoir eu à redire de l’achat de manuels scolaires auprès d’éditeurs qui sont la propriété du groupe Lagardère, ci-devant marchand d’armes.

Lionel Jeanjeau


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Evaluer à l’heure des compétences
Revue n°491 - octobre 2011
Quoi de neuf du côté de l’évaluation ? Au-delà de la question inévitable des notes, une idée forte : évaluer les apprentissages des élèves dans le cadre d’une approche par compétences amène à reconsidérer bien des dimensions du métier, dans la mise en activité des élèves, les dispositifs d’aide, le travail en équipes.

L’évaluation des élèves
Revue n°438 - decembre 2005
L’évaluation peut être au premier chef un facteur d’aggravation des inégalités scolaires, produisant sélection et tri. Elle peut aussi être autre chose, essentiellement formative : reconsidérer l’erreur, utiliser des outils comme les « ceintures », se mettre au portfolio né de l’enseignement des langues vivantes, évaluer des tâches complexes sans les réduire à des listes d’items.