Accueil > L’actualité vue par le CRAP > Les revues de presse > revue de presse du mercredi 19 février 2014


JPEG - 26.3 ko

revue de presse du mercredi 19 février 2014

Education et numérique - Le métier - Polémique - Ailleurs - Réflexions générales


Education et numérique

Pour ceux qui auraient raté l’information d’hier : Vincent Peillon crée la Direction du numérique pour l’éducation. Le Café pédagogique et beaucoup d’autres médias en ont parlé hier.

ParisTech Review propose un compte rendu d’une table ronde qui s’est tenue le 11 février dernier où l’on s’interrogeait : Institutions et enseignants face au tsunami des MOOCs.

Le café pédagogique annonce la semaine de l’éducation mobile : De nouveaux outils pour collaborer.

Nadya Benyounes, professeur documentaliste au CRDP de Rouen, était l’invitée de France Bleu Haute-Normandie sur le thème "internet, les réseaux sociaux et les jeunes". « Internet ce n’est pas dangereux, c’est la méconnaissance d’Internet qui est dangereuse et la mauvaise utilisation qu’on peut en faire. »

Olivier Rollot présente une évolution majeure actuelle dans une Faculté : À l’heure des « Y » la Faculté libre de droit de Lille revoit son enseignement. Au fond, on y met en place le principe de la classe inversée : « Les techniques issues du numérique favorisent cette expression. Au début de tous ses cours Carole Blaringhem commence déjà aujourd’hui par poser des questions sur la plate-forme Moodle. Ses étudiants ont huit minutes pour répondre. « Je sais tout de suite quels sont les points à éclaircir et ceux sur lesquels on peut passer plus rapidement », se félicite une enseignante qui impose les ordinateurs en cours quand tant d’autres rêvent de les interdire. « Interdire cela ne sert à rien, de toute façon ils ont leur smartphones, là ils utilisent leur ordinateur à bon escient ». D’autant que, totalement rétifs à la prise de note manuscrite, ces mêmes étudiants se révèlent des champions de l’écriture sur ordinateur.  »

JPEG - 79.9 ko
Le dessin de Fabien Crégut

Mais comme toute la formation ne peut se faire par le numérique… il est bon de suivre Les six commandements pour tirer profit de son stage, proposés par Pascale Krémer.


Le métier

Enseignant, un métier à réformer ? David Davidenkoff revient sur l’accord concernant de nouveaux décrets du statut des enseignants du secondaire. Sa conclusion est sans doute à méditer, malheureusement : «  L’école française restera donc à l’heure du “teaching”, qui place résolument l’enseignant au cœur du système, et ceux qui plaident pour qu’elle passe à la logique du “learning” en seront pour leurs frais – le choix de l’anglais n’étant pas une coquetterie : le mot “learning” renvoie à un concept qu’aucun mot français ne résume pleinement, puisqu’il intègre à la fois la notion d’acquisition de connaissances mais aussi celle d’expérience. La véritable réforme du métier demeure donc, pour l’heure, à l’état de « serpent de mer ». »

Mais à l’Education nationale, même s’ils sont majoritaires, il n’y a pas que les enseignants « disciplinaires ». Il y a également les professeurs documentalistes par exemple. L’UNSA-SE présente sur son site une enquête : Bilan questionnaire « Documentaliste ».


Polémique

Il est toujours délicat de se présenter comme un spécialiste d’un domaine qu’on a fort peu fréquenté. Ça l’est d’autant plus quand on a pris l’habitude de développer des thèses caricaturales et outrancières sur ce même domaine. Le risque est alors grand de se faire un jour recadrer par un interlocuteur qui aura la tâche facile de montrer les limites, les imprécisions, les raccourcis voire les « idioties » des propos tenus. C’est la mésaventure qui est arrivé ces derniers jours à Natacha Polony.
Vendredi dernier, elle offre un grand entretien au Figarovox qui la cite en titrant « L’école ne fabrique plus des hommes libres, mais des incultes ! » Elle y reprend les arguments entendus ces derniers temps à la fois dans les groupuscules extrémistes qui se font entendre à propos de « l’enseignement de la théorie du genre » mais aussi chez bon nombre des « républicains » autoproclamés dans une collusion qu’on est forcé de constater. Puisque l’école doit instruite et non éduquer, elle n’a pas à aborder les questions de société. Simplissime. Mais Natacha Polony et Le Figaro vont plus loin « l’école n’instruit plus, n’éduque plus, elle rééduque » . Eléments de langage plus que limites. Et puisqu’on ose tout « Pour ne pas faire de sélection, l’école nivelle par le bas en sacrifiant les savoirs fondamentaux au profit de choix pédagogiques démagogiques et accessoires. » Quitte à se contredire en regrettant plus loin que les enfants des classes populaires n’accèdent plus aux grandes écoles ! Dans cet entretien, Natacha Polony a la mauvaise idée de s’appuyer sur une histoire de l’éducation qu’elle maîtrise mal, citant entre autre Condorcet.
Bien mal lui en a pris.
Sur le site de l’Express, Claude Lelièvre, professeur honoraire d’histoire de l’éducation à Paris V, lui répondait hier :«  Natacha Polony vient de soutenir dans une récente interview au Figaro que l’école "ne fabrique plus des hommes libres, mais des incultes qui seront dépendants des discours les plus idiots. 
On pourrait pour le moins attendre qu’elle-même ne profère pas des ’’idioties’’ ou ne fasse pas preuve d’une ’’inculture’’ historique patente. Mais ce n’est nullement le cas ; et elle montre ainsi ’’par l’exemple’’ le caractère tout relatif de ce qu’elle avance ». Il revenait avec perspicacité sur les « statistiques pour le moins étranges » et les « erreurs grossières de mises en perspectives historiques »
Piquée au vif, Natacha Polony répondait immédiatement sur son compte twitter et ce matin dans le Figaro. Premier argument de défense : les « limites d’une interview, qui ne retranscrit pas forcément vos mots et les nuances de votre pensée ». Gênant pour une journaliste de ne pas maîtriser les outils du journalisme, non ? (Le fonctionnement de l’école, on peut comprendre plus facilement...) Derrière une défense traditionnelle d’ un « élitisme pour tous » (sic) qui n’a jamais convaincu personne, elle s’enferre dans de nouvelles contradictions : pour la reconnaissance d’une élite des menuisiers tout en ne jurant que par l’accès à Normale Sup et l’ENA… On a droit bien évidemment à un énième couplet sur les l’évaluation des compétences que Madame Polony n’a jamais pratiquée ce qui ne l’empêche pas de se targuer d’avoir un avis éclairé sur la question. Et des avis elle en a ! Ainsi on apprend qu’elle est plutôt pour « la morale à l’école, mais pas l’endoctrinement ». Les professeurs en charge de l’ECJS apprécieront. Laissons le soin peut-être à Claude Lelièvre de recadrer ces nouvelles « approximations » dans un nouvel échange salvateur. Au risque que Natacha Polony n’y trouve qu’une fois de plus qu’une « facile tentative de délégitimation du contradicteur » mais il y a des propos qui délégitiment à eux seuls leurs auteurs...


Ailleurs

Au Japon, « Le gouvernement a pris l’initiative de modifier le matériel d’éducation morale des étudiants pour qu’ils pensent de manière plus indépendante et critique. » Tôkyô souhaite renforcer l’éducation morale de ses étudiants. « Le ministère de l’éducation a annoncé vendredi dernier la révision complète d’un livre d’éducation morale pour les écoles primaires et secondaires. Le manuel a été imprimé en une dizaine de millions d’exemplaires qui seront distribués à tous les étudiants. »

L’état ontarien considère que Le primaire, est plus déterminant que jamais. Tiens ça rappelle quelque chose.

Et au Québec, Le Syndicat de l’enseignement du Lanaudière a des réserves concernant la Formation en orientation au primaire


Réflexions générales

En « écho à la récente publication d’un numéro de la Revue internationale d’éducation de Sèvres, édité par le Centre international d’études pédagogiques (CIEP) et consacré aux « espaces scolaires » », François Fourcade a commencé une série d’article sur son blog : Ce que l’espace dit sur la façon d’apprendre (1). Le deuxième article, et le troisième article.

Sur Eduveille de l’IFE, Olivier Rey propose : A la recherche des “passeurs” en éducation. Il s’agit d’identifier les acteurs qui favorisent la circulation des savoirs entre la recherche et l’action (politique ou pratique). En passant, notre revue est citée. On peut s’inquiéter comme l’auteur : «  Néanmoins, on se rend compte qu’il manque certainement des acteurs au niveau local et l’on rejoint ici un constat souvent fait par les chercheurs au niveau international : c’est souvent au niveau de l’établissement scolaire, de sa dynamique collective, que se fait le mieux l’intégration des résultats de la recherche aux pratiques éducatives, mais c’est aussi l’échelon qui est le moins travaillé (pour des raisons compréhensibles) dans la circulation des savoirs… »

Une vidéo de l’interview de Philippe Meirieu : “L’Éducation nationale est malade”.

Angers. Polémique « Tomboy » : séance de rattrapage pour Saint-Martin. « Les enseignants du collège Saint-Martin à Angers avaient très mal vécu le fait d’être empêchés par deux parents - se réclamant du mouvement « La Manif pour Tous » - de visionner avec leurs élèves de 4e le film « Tomboy » projeté au cinéma « Les 400 Coups » le 4 février dernier.
Comme ils l’avaient envisagé au lendemain de cet incident, ils ont choisi, par le biais d’un message laconique diffusé sur le blog du centre de documentation de cet établissement privé, d’inviter les collégiens à regarder ce long-métrage en famille ce mercredi soir à la télévision. La chaîne ARTE retransmet en effet à 20 h 50 ce long-métrage réalisé en 2011 par Céline Sciamma.
 »
Merci ARTE !

Bernard Desclaux et Laurent Fillion

JPEG - 59.9 ko

Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Apprendre avec le numérique
Revue n°498 - juin 2012

Le dossier présente une grande variété de pratiques pédagogiques, de méthodes recourant à des outils numériques pour mieux faire apprendre, dans un cadre collectif comme dans l’accompagnement individuel. Ni révolution, ni scandale. L’enseignement est en mouvement, grâce au numérique aussi.

Quelle pédagogie dans le supérieur ?
Hors-série n°25 - avril 2012
Publication disponible uniquement au format numérique (PDF - epub), en téléchargement depuis notre site.
Dans ce numéro, des témoignages, des articles de fond, des comptes rendus d’expériences, des « coups de gueule », qui dessinent un panorama de l’enseignement supérieur et ouvrent à la réflexion et à la discussion : comment améliorer la pédagogie universitaire ?