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revue de presse du mercredi 18 juin 2014

Des objectifs et des cadres — Entre tradition et modernité — Emploi — Pour sourire


Je n’ai pas repéré aujourd’hui une concentration sur quelques questions, mais au contraire une joyeuse dispersion des thématiques abordées par les auteurs et journalistes. J’ai malgré tout tenté de les rassembler sous quelques sous-titres.


Des objectifs et des cadres

Beaucoup d’interrogations donc sur les objectifs éducatifs, pédagogiques, politiques de l’école au sens large ; on balaye large, de la maternelle à l’enseignement supérieur.
Sur le Café pédagogique : La maternelle ne bénéficie pas à ceux qui en ont le plus besoin.
L’apprentissage du code informatique à l’école, un projet de loi en approche.
La proposition de loi est pour sa part portée par la secrétaire d’état au numérique Axelle Lemaire ainsi que par Laure de La Raudière, députée UMP. Axelle Lemaire s’est notamment dite très favorable à l’apprentissage du code dès l’école primaire.” et bien sûr, “Le premier syndicat professionnel du numérique en France, le Syntec, s’est félicité de la récente décision gouvernementale visant à inscrire le code informatique dans les programmes scolaires. Une initiative qui cadre avec les évolutions actuelles de la profession numérique.
Et le Café pédagogique lance : Le brevet maintenu mais modifié selon le ministère. “S’exprimant sur RTL, Florence Robine, directrice de l’enseignement scolaire, a déclaré que "ce n’est pas l’intention" du ministère de supprimer le brevet. "Le faire évoluer certainement" . D. Paget, membre du CSP avait annoncé le 6 juin la suppression du brevet. Le projet de socle commun présenté par le CSP reste flou sur l’avenir de l’évaluation du socle et al fusion entre brevet et évaluation par compétences.”
Anthony Lozac’h sur le blog de l’UNSA, Ecole de demain, publie la première partie d’un article : Socle commun : polémiques ou débat confisqué ? 1/ la culture commune.
Au conseil des ministres de ce jour la réforme territoriale est évoquée. Le Café pédagogique pose la question : A qui doit aller le collège ? et cite la position de Alain Rousset, président de l’Association des régions de France qui “estime que les régions ont montré leur capacité à mener des actions éducatives dans les lycées. Elles devraient être capables de le faire dans les collèges. Pour lui les collèges sont dans la continuité logique de l’école alors que le lycée s’inscrit dans une continuité avec le supérieur. "A titre personnel", nous a-t-il dit, je pense qu’on va redéléguer aux intercommunalités la compétence scolaire sur les collèges". Les régions devraient donc suivre la logique du socle commun.”.
L’ EMI, l’éducation aux média est à l’honneur sur le blog l’Ecole de demain avec l’interview réalisé par Stéphanie de Vanssay :Éduquer aux médias et à l’information, une interview de Divina Frau-Meigs.
Tandis que Anthony Lozac’h propose L’EMI au collège et au lycée : un enjeu fondamental pour Delphine Barbirati et Sophie Bocquet.

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Le dessin de Fabien Crégut

Nathalie Mons, préside aussi le Cnesco, une structure indépendante chargée d’évaluer le système éducatif français, toujours sur le Café pédagogique déclare : "Ce qui peut être intéressant pour nous c’est la façon dont les Japonais gèrent l’hétérogénéité". Suite au colloque sur les systèmes éducatifs elle est interrogée : Quelle évaluation fait-elle des systèmes éducatifs asiatiques ? “Ce qui peut être intéressant pour nous c’est la façon dont les Japonais gèrent l’hétérogénéité avec cette idée récurrente que l’école doit représenter la société dans son ensemble et être un lieu où il y a tout le monde. Tout l’intérêt d’une comparaison c’est bien de s’interroger sur ses propres pratiques. Il n’y a rien à importer en direct. Mais c’est intéressant pour nous d’observer qu’au Japon ils n’imaginent pas de classe sans hétérogénéité alors que chez nous on vise l’inverse.

A propos de l’articulation lycée-classe prépa il est intéressant de lirel’interview inédite de la présidente de l’UPS Sylvie Bonnet (présidente de la principale formation syndicale des enseignants de CPGE (UPS)). “En juin 2013, vous disiez que tout était prêt pour accueillir les nouveaux bacheliers issus de la réforme du lycée en classe préparatoire scientifique. Après une première année d’observation, quel bilan tirez-vous de la réforme ?
Les nouveaux programmes de première année de classe préparatoire ont permis de bien accueillir ces nouveaux bacheliers et de les faire entrer avec succès dans l’enseignement supérieur scientifique. Au prix d’un énorme investissement des professeurs en termes de formation, l’année s’est bien déroulée. Pourtant, il y avait un cap à passer. L’enseignement des disciplines scientifiques en filière S n’est pas à proprement parler un enseignement scientifique. On y parle des sciences, mais on n’acquiert pas les fondamentaux de la démarche scientifique. On y fait peu de démonstrations, et l’enseignement de la physique et de la chimie est totalement coupé des outils mathématiques qui permettent la modélisation des phénomènes.
De ce point de vue, les premiers contacts avec l’enseignement de la physique et de la chimie en classe préparatoire sont une révélation pour les étudiants, qui peuvent faire le lien entre les différentes composantes de l’enseignement scientifique et découvrent une cohérence qui manque à l’enseignement des sciences au lycée. Mais nous avons malheureusement constaté une aggravation des disparités entre établissements d’origine. La souplesse autorisée par la réforme du lycée fait que dans certains lycées, on prépare mieux à l’enseignement supérieur qu’ailleurs, en consacrant davantage d’heures aux approfondissements.

En mai, Patrick Fauconnier avait proposé un article : Ecoles de commerce : menaces sur les fusions ? Il y développait le cas de FSB. “ En 2012, quatre écoles - l’ESCEM de Tours/Poitiers, et les ESC de Clermont-Ferrand, Brest et Amiens – menacées par une érosion du nombre de leurs candidats et donc de leurs recettes, décident de fusionner pour donner naissance à France Business School (FSB). Plus qu’une fusion, le projet, porté par Patrick Molle, ancien directeur de l’EM Lyon, se veut l’invention d’un nouveau type d’école qui casse les codes traditionnels des ESC. A commencer par le marqueur clé des grandes écoles : le recrutement via classes préparatoires.
Fini le concours traditionnel. A la place, FBS propose des "Talent days" au cours desquels on évalue le potentiel des candidats à travers des tests, des entretiens et des jeux de rôles. Un dispositif très lourd organisé dans 21 villes de France et d’Europe. "Le modèle classique des business schools est à bout de souffle, ce système auto-reproducteur formant des élites à une pensée étroite, je ne veux pas le détruire, mais le faire évoluer", explique Molle.
Mais son approche n’a pas séduit le milieu conservateur des grandes écoles. Ayant changé son concours, FBS a été exclue de la Conférence des Grandes Ecoles. Et le ministère a lui retiré le label de master dans l’attente d’une nouvelle évaluation. Problème : les "Talents days" n’ont pas percé, et la rentrée 2013 a été calamiteuse : 343 étudiants admis en grande école contre 1.300 programmés et 430 en bachelor contre 560 prévus.
". Aujoud’hui La Nouvelle république fait l’état des lieux pour les tourangeaux : France Business School : le personnel se mobilise.


Entre tradition et modernité

Claude Lelièvre interroge la dissertation dans les épreuves du baccalauréat, tout d’abord dans l’Express avec cette question : Mais qui a mis en place une dissertation de philosophie au bac ?La décision initiale d’instaurer une épreuve de dissertation philosophique au bac a été prise par Victor Duruy (ministre de l’Instruction publique de Napoléon III) il y a tout juste un siècle et demi, dans le cadre du "Règlement du 28 novembre 1864" réorganisant le baccalauréat (qui avait été institué par Napoléon I en mars 1808) .”. Véronique Radier interview le même Claude Lelièvre dans le Nouvel Observateur et lui pose la question :Qui a eu cette idée folle d’inventer la dissertation ? Et on en apprend un peu plus : "A l’époque, il s’agissait de moderniser le bac. C’est Victor Duruy, l’un de nos grands ministres de l’instruction publique, qui, en 1866, a souhaité sa création pour lutter le "bachotage", phénomène qui, contrairement à ce que l’on imagine, ne date pas d’aujourd’hui... A l’issue de la classe de rhétorique, le bac se passait en deux parties, dont l’une était consacrée à la philo. Les lycéens d’alors devaient composer sous la forme d’une "rédaction", en fait de simples questions de cours. Or, beaucoup se procuraient des corrigés et ne prenaient plus la peine de venir en cours. Et les professeurs finissaient par se trouver devant des classes vides ! D’où la création de la dissertation, pour laquelle il ne suffit pas de résumer des questions de cours mais où il faut montrer que l’on est capable de démêler le vrai du faux, de réfléchir.” Si je comprends bien il n’y avait pas d’objectif “éducatif” mais un objectif de protection des enseignants...

Trois siècle après la création du bac en France, on s’y interroge sur l’utilisation d’internet durant les épreuves. “Plus d’un tiers des fraudes au baccalauréat concernent un appareil électronique, selon les derniers chiffres de l’éducation nationale. Parmi eux, les smartphones et leur accès à Internet.
Ils posent aujourd’hui le même problème qu’avaient soulevé en leur temps les calculatrices électroniques et leur mémoire permettant de sauvegarder des données – et des antisèches. Les calculatrices avaient finalement été autorisées en 1986. Quand le bac se mettra-t-il à l’heure d’Internet ?
” Aussi on interroge encore Claude Lelièvre qui déclare : «  Internet sera autorisé au baccalauréat d’ici trois à huit ans »

Le Huffinftonpost précise qu’ Au Danemark, des lycéens passent le bac connectés à Internet. “Les examens "sont faits pour tester les compétences. Les étudiants doivent utiliser la théorie et les méthodes (...) plutôt que les répéter", explique Steen Lassen, conseiller auprès du ministère de l’Education, chargé de la mise en oeuvre et du suivi de l’usage d’internet lors des examens. Dans ce contexte, "autoriser l’accès à Internet n’est pas une révolution mais plutôt une évolution", estime-t-il. "Les réponses n’existent pas sur Internet dans leur forme finale, prêtes à être copiées-collées".

Faut-il supprimer le bac ? se demande Libie Cousteau, dans l’Express d’aujourd’hui. “Critiqué de toutes part, le Bac reste malgré tout un monument national auquel les ministres de l’Education nationale craignent de s’attaquer.”. Ivan Valerio dans le Scan du Figaro du 16 juin avait proposé de voir Comment les politiques aimeraient réformer le bac. Mais surtout si vous l’aviez raté lisez l’article d’Eric Charbonnier : Faut-il en finir avec le Baccalauréat ? Sûrement le plus complet sur la question.


Emploi

Il faut bien s’y intéresser de temps en temps. L’école, c’est tout de même fait pour en sortir…
Catherine de Coppet sur Educpros a recueillis les propos d’Antoine Pennaforte (CNAM) : "L’alternance pour se constituer un vivier de compétences à long terme". “Vous dites que les entre­prises ont tendance à remercier les alternants une fois leur contrat terminé au lieu de les embaucher. Ce comportement est-il toujours d’actualité ?
Oui, et je dirais que c’est de pire en pire pour toutes les fonctions support : marketing, RH, communication..., à l’exception des achats et de la finance. Les ingénieurs ont moins de difficultés à se faire embaucher, sauf dans certains secteurs comme les services en environnement.
Les entre­prises n’ont, de fait, pas intégré l’alternance comme moyen de se constituer un vivier de compétences à long terme. Il est très rare en effet que l’alternance soit mentionnée dans les accords de GPEC (gestion prévisionnelle des emplois et des compétences).

Le Figaro s’inquiète dans PME : l’intérêt pour l’apprentissage s’effrite, et commente un sondage Ifop pour Agefa-PME publié mercredi.

Les formes de l’emploi sont de plus en plus rapidement changeantes. “Le Conseil d’Orientation pour l’Emploi a étudié l’évolution des formes de l’emploi depuis les années 2000. “Constat global : la part de l’emploi non salarié qui avait beaucoup régressé dans les années 80 et 90 s’est stabilisée à partir du début des années 2000 avant de repartir à la hausse depuis 2008. Ensuite, au sein même du salariat, le CDD et l’intérim, après une forte progression au cours des années 1980 et 1990, se stabilise autour de 13,5 % de l’emploi salarié depuis le début des années 2000. En France comme dans de nombreux pays industrialisés, le CDI demeure la forme très largement dominante d’emploi et fluctue depuis le début des années 2000 autour de 87 %.

Pour info le portail de la validation des acquis de l’expérience vient “d’ouvrir ses portes” sur le net. Si vous voulez une approche plus théorique, le numéro 10 • mars 2014 de Recherches & Educations est consacrée à Expression et certification des acquis de l’expérience :
Bilan et perspectives
, Sous la direction de Isabelle Houot

Deux chocs pour terminer cette rubrique. Tout d’abord, Fonctionnaires : les remèdes chocs de la Cour des comptes. L’éducation nationale est concernée. Et puis, sur le site gouvernemental “compétitivité”, vous êtes invités à un After : AFTER E Education, une révolution en cours=tx_cal_phpicalendar&cHash=c75b9987658d8680ee470dfe6ae4aee1]. L’éducation est aussi un marché, à ne pas rater, le gouvernement s’en occupe.

Des évolutions en perspective pour les métiers de la psychologie. Vousnousils annonce : Psychologues de l’Education nationale : vers la constitution d’un corps unique ?. “Le minis­tère de l’Education natio­nale réflé­chit à la créa­tion d’un corps unique de psy­cho­logues pour 2016. Un nou­veau mas­ter "psy­cho­lo­gie de l’éducation et de la for­ma­tion" serait mis en place.
Les psy­cho­logues du pre­mier degré et les COP du second degré auraient donc en fin de M1 un recru­te­ment et des épreuves com­munes, sui­vis d’une spé­cia­li­sa­tion pour l’obtention de leur M2. L’objectif en créant un corps unique est de faci­li­ter la mise en place du lien école-collège entre autres. Les diplômes actuels Deps et Decop dis­pa­raî­traient pour deve­nir tous deux des mas­ter psy­cho­lo­gie de l’éducation et de la for­ma­tion, avec donc une des deux spé­cia­li­tés mentionnées.
”. Et du côté de Pôle emploi : plus de 60% des psychologues en grève pour défendre leur métier, "en danger".


Pour sourire

Et pour terminer cette revue : Les apprentis et les alternants, eux aussi, se déchainent sur Happy !

Et surtout :
""Couvrez ce sein, que je ne saurais voir.
Par de pareils objets les âmes sont blessées,
Et cela fait venir de coupables pensées."
Tartuffe, III, 2 (v. 860-862)
Le refus de porter les yeux sur les appas de la femme fait partie des traits de comportement généralement attribués au dévot hypocrite.” Voir le site Paris-Sorbonne. Donc déjà au temps de Molière…. la question se posait. Mais on vient d’apprendre queFacebook renonce à interdire les photos d’allaitement après la campagne #FreeTheNipple.

Et demain ce sera Géraldine Duboz qui vous accompagnera.

Bernard Desclaux

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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Réussir l’école du socle - En faisant dialoguer et coopérer les disciplines
Ouvrage - 2013
Francis Blanquart, Céline Walkowiak - ESF, 2013
Organisé de manière très concrète autour des pratiques scolaires de classe au collège et en 2de de lycée, cet ouvrage s’attache à tous les aspects de la pédagogie ouverte et innovante nécessaire à la réussite de « l’école du socle commun ».

Travail par compétences et socle commun
Par Jean-Michel Zakhartchouk et Rolande Hatem - 17 euros hors frais de port
19 février 2009

Comment faire acquérir à tous les collégiens un socle commun de connaissances et de compétences ? Comment valider l’acquisition des compétences ? Les enseignants s’interrogent sur la réalisation de cet ambitieux objectif institutionnel. Pour les aider à trouver leurs réponses, l’auteur a réuni les contributions d’enseignants et d’équipes qui, en France et à l’étranger, explorent cette approche. Un ouvrage essentiel pour mettre en œuvre le socle et entrer dans le monde passionnant du travail par compétences.