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revue de presse du lundi 13 octobre 2014

Nobel — L’éducation des filles — Evaluation — Réflexions — Politique — Enseignement supérieur — Numérique


Une revue un peu comment dire, éclectique, mais avec un dessin de Geneviève Brassaud


Nobel

Le prix de l’inventeur de la dynamite cette année a été donné à un deuxième français. Après Modiano, c’est Jean Tirole pour l’économie. Il avait déclaré il y a quelques années : « Le principe pollueur-payeur appliqué au licenciement »
L’économiste français a obtenu lundi le prix de la Banque de Suède en mémoire d’Alfred Nobel, pour ses travaux sur la concurrence et la régulation des marchés. « Libération » l’avait interviewé sur les procédures de licenciement en 2003.” “Il s’agit de responsabiliser les entreprises, afin qu’elles supportent directement le coût social du licenciement. Concrètement, cela signifie qu’il faut appliquer au « risque chômage » les principes qui existent ailleurs. En matière d’environnement, tout le monde trouve normal que le pollueur soit le payeur. De même, les entreprises qui licencient doivent payer pour ça. En contrepartie, il faut leur laisser plus de flexibilité dans la gestion des effectifs, notamment en simplifiant les procédures de licenciement économique, qui sont actuellement très lourdes et coûteuses. De plus, les juges de prud’hommes n’ont ni l’information ni les compétences pour prendre des décisions de gestion à la place des chefs d’entreprise.


L’éducation des filles

Arnaud Gonzague dans L’école où les filles apprenaient "patience et soumission". “On conseillera aux curieux d’ouvrir "La fabrique des filles", l’ouvrage très richement illustré des deux historiennes Rebecca Rogers et Françoise Thébaud, pour réaliser combien l’école s’est, depuis toujours, mêlée d’identité sexuée… et dans des proportions inouïes !

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Anne Verjus propose sur son blog Eduquer féministement… où l’on voit que le conformisme des unes n’est pas le conformisme des autres. Ainsi “éduquer féministement, c’est ouvrir des portes aux deux genres, aux garçons comme aux filles, en partant du principe que les uns et les autres sont soumis à des normes de genre qui restreignent leur liberté. La différence étant que le plus souvent, les filles peuvent voir dans la disparition des normes de genre une extension de leurs libertés, tandis que les garçons vont dans la plupart des cas y voir plutôt une transgression qu’ils n’appellent pas forcément de leurs vœux.” “Mais le problème est que le conformisme des unes n’est pas le conformisme des autres : les femmes ne tirent aucun bénéfice social, professionnel à limiter leur circulation, tandis que les hommes ont de vrais bénéfices sociaux, professionnels à porter les vêtements qui signalent leur virilité. Si éduquer féministement c’est ouvrir des portes, mais qu’il y a un décalage entre les aspirations des unes et les aspirations des autres, comment fait-on pour éduquer filles et garçons ?

Une petite référence : Travail et genre dans le monde. L’état des savoirs, Éditions La Découverte, 2013, Paris, 460 p. Sous la direction de Margaret Maruani


Evaluation

Éducation. Pourquoi faire évoluer l’évaluation des élèves ?. A propos de la conférence nationale sur l’évaluation des élèves. Un bon article présentant les enjeux et avec des commentaires… qui donnent le ton.
Jean-Pierre VERAN donne également son avis Conférence nationale sur l’évaluation des élèves : comment échapper aux oubliettes de la rue de Grenelle ?. “Il vaudrait mieux poser d’emblée les critères sur lesquels sont attribués les examens. Tant qu’ils seront attribués en fonction de la moyenne des notes, obtenues aux diverses épreuves, on n’en sortira pas. On pourra toujours, par exemple, faire l’impasse sur un apprentissage fondamental, parce qu’on va compenser la mauvaise note obtenue ici par une très bonne note obtenue là. L’élève a donc la moyenne, mais cela ne signifie rien de précis sur ce qu’il a effectivement appris.
Mais l’évaluation est aussi verbale… Dans Madame Le Figaro, un article à propos du livre de Nathalie Kuperman dans son roman, la Loi sauvage : Éducation nationale : non, ma fille n’est pas nulle !. “Avec l’insécurité ambiante, la peur de l’avenir, l’école est surinvestie comme jamais par les parents, et le mot du maître est gravé dans du marbre. L’école ? C’est la statue du commandeur ! » affirme la psychanalyste.De l’autre côté, l’institution scolaire, qui se pense « peu écoutée », n’y va pas de main morte.” Avant de parler, sept fois dans ta bouche tu tourneras....


Réflexions

Sur le blog de Jean-Claude Lewandowski : Sept pistes pour mieux former les enseignants. "Et cela, à un moment où tous les observateurs s’accordent sur un double constat : d’abord le système éducatif français dans son ensemble est de plus en plus inégalitaire. Ensuite, ses résultats, rapportés aux moyens (humains et financiers) que la collectivité nationale y met, comparés aussi aux résultats qu’obtiennent d’autres pays, sont assez maigres.". Et un déluge de commentaires...

Viviane Micaud, militante de la société civile propose un long article sur son blog : Education : Un avis sur les propositions du SNALC pour le lycée.

A propos de la consultation sur le socle commun par jean-Michel Zakhartchouk. “Oui, les objectifs de la consultation ne sont pas clairs, d’autant que celle-ci est à articuler avec d’un côté le travail sur les programmes qui se poursuit et qui ne peut attendre les conclusions de cette consultation, ce qui est un peu incohérent, et de l’autre côté la préparation de la conférence nationale sur l’évaluation qui aura lieu en décembre. Il y a eu beaucoup de retards, et on aurait pu imaginer cette consultation organisée début juillet pendant ces moments de fin d’année où ce genre d’échanges aurait toute sa place. Mais il y a eu la démission du président du CSP, Alain Boissinot, sans parler ensuite du changement de ministre fin août et sans doute d’un faible intérêt du précédent pour les affaires éducatives sur le fond. En fait, cette consultation aurait dû davantage être considérée comme un temps d’échanges autour du texte, avec une consigne simple du genre : donner trois propositions d’amendements du texte, trois points d’amélioration ce qui aurait permis un dépouillement assez rapide, alors que là on ne demandait pas de retours collectifs et seulement un remplissage individuel dont on se demande comment il sera exploité. On voudrait fabriquer de la défiance qu’on ne s’y prendrait pas autrement ! Il y a toujours bien des déficiences dans la stratégie ministérielle. A l’image peut-être du fonctionnement de notre système et de ce qui se passe dans les établissements, où les traditions d’une organisation efficace sont bien peu présentes !
Et cependant, oui, il faut faire avec, oui, il faut tirer le meilleur parti de cette occasion d’échanger qui est offerte.

Claude Thélot : « L’école n’est pas le Titanic , mais le navire tangue », l’auteur d’un rapport il y a dix ans est interviewé. «  L’école doit faire réussir tous les élèves, c’est le titre de mon rapport ! Elle doit venir en aide à tous les élèves en difficulté. Mais la question de l’échec scolaire dépasse largement ce cadre. Elle concerne tout le monde car elle touche à la cohésion sociale, c’est la qualité de notre vie démocratique qui est menacée. L’éducation est un sujet politique moins partisan qu’on ne le dit. La question centrale de l’école ne porte pas sur ses missions, qui font l’objet d’un consensus, mais sur le comment. Le point central, ce n’est plus changer des structures, mais les pratiques, les comportements. Il faut remettre le métier de professeur sur ses deux jambes : l’une pour la transmission des connaissances, l’autre, nettement plus faible actuellement, pour assurer le suivi, l’accompagnement des élèves, notamment les plus en difficulté. La liberté pédagogique ne doit pas être un prétexte à laisser les professeurs tout seuls. Le réseau d’inspecteurs devrait davantage les aider, en faisant partager les expérimentations, les innovations, en faisant circuler les réussites et les échecs, pour justement en tirer les leçons.  »


Politique

Najat Vallaud-Belkacem, une reine de la com à l’Education. “Vous avez raté une interview de Najat Vallaud-Belkacem, des déclarations, un petit communiqué, un déplacement éclair ? Pas de souci. La ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche diffuse une Lettre sur le web qui vous raconte tout par le menu, et vivant en plus, avec photos, vidéos, etc.” “Gaie, colorée, pimpante, pleine de sourires et de rires de la photogénique Najat Vallaud-Belkacem, à vous faire oublier la sinistrose ambiante. On appréciera les petites chroniques vidéos de 3-4 minutes maximum qui résument la semaine ministérielle. Les paresseux, qui n’ont pas envie de lire ou d’écouter tous les discours et autres reportages, ont comme ça, direct, les temps forts résumés en images.

Claude Lelièvre : Quid de la croissance des ’’listes indépendantes’’ ?. “La part des suffrages accordés aux « associations locales non affiliées » (à une fédération nationale de parents d’élèves) ou à des « listes de parents non constitués en association » aux élections des représentants des parents d’élèves aux « conseils des écoles » est en effet passée de 25% en 1978 à 42% en 1988, à 58% en 1998, à 65% en 2005 et à 74% en 2013.

Et pendant ce temps, A Toulouse, Sarkozy continue sa tournée des intox et Cédric MATHIOT “Le détecteur de bobards de Désintox l’a suivi. Il a tinté quelques fois, à nouveau.


Enseignement supérieur

Pour Geneviève Fioraso, "50 % d’une classe d’âge doit obtenir un diplôme dans le supérieur". Sauf que ce n’est pas la Ministre qui décide toute seule de cet objectif, mais la loi d’orientation et de programme pour l’avenir de l’école, voté le 24 mars 2005.
Najat Vallaud-Belkacem et Geneviève Fioraso disent "non" au bizutage. Elles ont “ adressé un courrier à tous les dirigeants d’établissements d’enseignement supérieur rappelant la ferme opposition du ministère en matière de bizutage.” Et “Dans ce courrier, les deux femmes sont également revenues sur les termes de la loi. En effet, l’article 225-16 du code pénal (loi du 17 juin 1998, portée par Ségolène Royal), dispose que « le fait pour une personne d’amener autrui, contre son gré ou non, à subir ou à commettre des actes humiliants ou dégradants lors de manifestations ou de réunions liées aux milieux scolaires et socio-éducatif » est puni de six mois d’emprisonnement et de 7 500 euros d’amende.
Dans leur lettre, Geneviève Fioraso et Najat Vallaud-Belkacem, ont fait savoir qu’il est nécessaire de mettre « en œuvre un ensemble de mesures [permettant] de proscrire tout acte de bizutage et de sécuriser l’organisation des événements festifs étudiants ». Par ailleurs, elles précisent aux chefs d’établissements que leur « responsabilité peut également être engagée ».

Olivier Rollot interroge : Comment attirer plus d’étudiants étrangers ? : gros plan sur Campus France. “Parce que promouvoir son enseignement supérieur à l’étranger est aujourd’hui une mission essentielle pour chaque grande puissance, l’organisme français qui en a la charge, Campus France, dépend conjointement du ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et de celui des Affaires étrangères. Sa présidente, Sophie Béjean, et son directeur général Antoine Grassin reviennent sur son fonctionnement.” Et l’entretien se termine par un petit rappel si nécessaire de la part de Sophie Béjean : “Quant à la circulaire Guéant, elle a fait beaucoup de mal en termes d’image. Nous travaillons aujourd’hui avec le ministère des Affaires étrangères pour permettre aux jeunes diplômés étrangers d’acquérir une première expérience professionnelle en France s’ils le désirent.


Numérique

“Jules ferry 3.0″ : récit d’une convergence.
Après les TBI, la fin des tablettes, le retour de la craie et des claviers ?. “Quel est l’avenir des tablettes dans les établissements scolaires ? Il est probable qu’elles subiront le même sort que le TBI du côté des pratiques enseignantes. Par contre, davantage que les tablettes, la possession, et l’usage, par les élèves des TPMC (Terminaux Personnels Mobiles Connectés) de toutes sortes (smartphone tablettes, note book etc…) est le véritable changement, non voulu par l’institution mais que sont en train de commencer à affronter les établissements. Les médias et autres ont rapidement enfermé cela dans la notion de BYOD (ce qui est d’abord une stratégie de gestion du côté des établissements). Là encore danger : on veut réduire à la dimension scolaire une pratique sociale. Car l’enjeu est là : tant que c’est l’institution qui a la main sur l’introduction des technologies, la scolarisation de celles-ci se fait presque de manière automatique. Mais dès lors que ce sont les élèves qui prennent la main, en venant en classe et utilisant leurs propres moyens techniques, alors la déstabilisation guette.” Signé Bruno Devauchelle

Et n’oubliez pas
VIDEO. Education : le petit-déjeuner, une étape importante pour les enfants

Bernard Desclaux

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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Les portraits de Monique Royer


Hors-série numérique 35
Ils enseignent en classe d’accueil, au Liban, à des élèves handicapés. Ils utilisent un blog, de la couleur ou les volcans. Ils sont enseignants, chef d’établissement, journalistes. Ce sont dix-neuf portraits d’enseignants et d’acteurs de l’école que l’on découvre dans ce dossier

Enseignant : un métier qui bouge
N° 514 Coordonné par Michèle Amiel et Yannick Mevel juin 2014

Tous les enseignants expérimentés le disent : ce n’est plus comme avant, le métier change. Allons voir de plus près ce qui évolue, comment le métier change, comment ces évolutions pourraient être accompagnées par l’institution, à toutes les échelles, en quoi elles vont dans le sens de l’essentiel : mieux faire apprendre les élèves.

École et territoires

Hors-série n°Cahiers d’Éducation & Devenir n° 21 - fevrier 2014

Publication disponible uniquement au format numérique (PDF), en téléchargement depuis notre site.
L’école doit devenir partie prenante des territoires afin que se bâtissent alliances et fédérations. Tous les temps et les lieux éducatifs dans le territoire peuvent contribuer à l’acquisition par tous d’un socle commun, à la réduction des inégalités.