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revue de presse du jeudi 17 février 2005

URGENCE ! C’est le mot du jour, repris dans tous vos quotidiens....
Avec la procédure d’urgence (dont Le Monde nous rappelle les modalités), le vote à l’Assemblée Nationale devrait s’achever le 2 mars, c’est-à-dire avant la fin des vacances de la zone C (Ile de France + Bordeaux). L’argument utilisé est qu’on ne souhaite pas que le débat sur l’école « pollue » le vote sur le traité constitutionnel en Europe. Un argument très discutable...Pour beaucoup il s’agit avant tout d’une provocation vis-à-vis des élèves et des enseignants. Quelle va être la riposte ?
Bonne Lecture...


Libération du 17/02/05

Education : Raffarin tente de prendre les lycéens de vitesse
Raffarin en pompier pyromane. Alors que le gouvernement semblait avoir remisé les déclarations va-t-en-guerre sur la « negative attitude » des syndicats enseignants ou la « manipulation » des lycéens par les professeurs, Jean-Pierre Raffarin a fait savoir hier que le gouvernement demandait l’urgence sur la réforme Fillon. La fédération indépendante et démocratique lycéenne (FIDL) a immédiatement stigmatisé « l’énorme peur » qui sous-tendait ce choix, tandis que le Syndicat des enseignants (SE-Unsa) soulignait « l’incapacité politique du gouvernement à mener le dialogue ».
De fait, cette procédure raccourcit le temps de discussion d’une loi puisque la navette entre Assemblée nationale et Sénat est supprimée. Il n’y aura donc qu’une lecture du texte par les députés, censée s’achever le 2 mars par le vote solennel de la loi, puis une lecture par le Sénat. Résultat, le texte pourrait être définitivement adopté dès le mois d’avril.
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« Personne ne sait vraiment qui a été élu »
Mardi soir, la coordination lycéenne se réunissait dans un amphi de Jussieu. Ambiance
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Le Figaro du 17/02/05

Fillon déclare l’urgence sur son texte
François Fillon a déclaré hier matin l’urgence sur son projet de loi d’orientation sur l’école, à l’issue de la discussion générale du texte. La procédure d’urgence, prévue à l’article 45 de la Constitution, est habituellement annoncée par le gouvernement avant l’ouverture des débats sur un projet de loi. Elle permet de n’organiser qu’une seule lecture d’un texte dans chacune des assemblées, et donc d’éviter les navettes. Le ministre de l’Education nationale veut en effet que son projet soit définitivement adopté « avant la fin mars » pour que le débat sur l’école « ne pollue pas » la campagne référendaire sur la Constitution européenne.
Cette procédure a déjà provoqué la réaction du syndicat lycéen Fidl, qui a estimé que cette déclaration d’urgence traduisait l’« énorme peur » que les élèves inspirent au gouvernement. De son côté, François Hollande a réaffirmé hier que la « meilleure solution » n’était pas d’« accélérer les débats, mais d’arrêter » l’examen du projet de loi pour « prendre le temps de la discussion » avec les « partenaires ». D’ores et déjà, la gauche a annoncé qu’elle poursuivrait la bataille parlementaire au Sénat, où le texte vient en discussion à partir du 23 mars.
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L’Humanité du 17/02/05

Ils passent en force !
L’urgence est déclarée sur le projet de loi d’orientation pour l’école : le gouvernement l’a fait savoir hier, en fin de matinée. Le texte de François Fillon ne fera donc qu’un seul passage au lieu de deux devant l’Assemblée et le Sénat (le 23 mars), avant d’être discuté en commission mixte paritaire. Il devrait être adopté d’ici la mi-avril. Une envie d’aller vite, très vite, qui s’est aussi manifestée par une recommandation faite aux députés de la majorité de retirer une bonne partie de leurs amendements. La déclaration d’urgence n’est pas une mesure rare, certes, mais mérite d’être relevée tant il a déjà été reproché au gouvernement son empressement à faire passer sa loi. Frustrées par le manque de concertation, les organisations de personnels, de parents ou d’élèves voyaient dans les débats parlementaires une dernière occasion d’être entendues. Le gouvernement leur coupe l’herbe sous le pied et mord, du même coup, dans une discussion qui vise pourtant à définir l’école des dix prochaines années.
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Editorial par Michel Guilloux
La provocation

Décidément, ce gouvernement ne connaît qu’un seul langage : celui de la force. Rendant compte du Conseil des ministres, mercredi matin, Jean-François Copé n’a pas assez de formules dans son sac pour évoquer la volonté de « dialogue » et d’« écoute » du gouvernement. Deux heures plus tard, le président de séance à l’Assemblée nationale lit aux députés examinant le projet de loi Fillon une lettre du premier ministre. Jean-Pierre Raffarin annonce la décision de Matignon de remplacer le débat en cours par la procédure d’urgence.
Ces actes à eux seuls suffisent à disqualifier toutes ces belles phrases, qui n’apparaissent dès lors que pour ce qu’elles sont : enrobage, démagogie et volonté de détourner l’attention. Alors que la plupart des académies sont en vacances, plus de 80 000 jeunes et enseignants ont manifesté mardi. Ceux de la Réunion ne sont pas en reste, en grève à 63 %. Signe du niveau de mobilisation, des lycéens en congés se sont tout de même retrouvés à défiler par grosses grappes à Lyon, Grenoble ou Toulouse.
Le gouvernement pensait fort courageusement faire adopter la loi sur l’école par le Parlement en jouant du calendrier scolaire.
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« Bolkestein s’occupe de l’entreprise, Fillon de l’école »
Pour le député (PCF) François Liberti, la loi n’est qu’allégeance aux objectifs économiques européens.
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Le Parisien du 17/02/05

Profs et lycéens cherchent à maintenir la pression Côté enseignants Côté lycéen
POUR LES ENSEIGNANTS et les lycéens, le plus dur commence aujourd’hui. Après avoir donné le tournis au monde de l’éducation, les contestataires de la loi Fillon cherchent comment maintenir la pression, alors que les Franciliens seront à leur tour en vacances demain soir pour quinze jours. Hier, la décision du gouvernement de déclarer l’urgence sur le projet de loi Fillon discuté à l’Assemblée (cela accélérera le processus en privant l’examen du texte d’une seconde lecture à l’Assemblée et au Sénat) a braqué un peu plus les opposants à la réforme.
Du PS aux syndicats lycéens ou enseignants, tous ont dénoncé ce « passage en force » qui laissera moins de temps à l’opposition de s’exprimer. L’entourage du ministre de l’Education nationale assure que « cela ne changera rien au bon déroulement des débats ».
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La Croix du 17/02/05

Accélération de la réforme de l’école
Afin d’éviter un enlisement dans une nouvelle crise scolaire, le gouvernement veut que la loi soit adoptée avant fin mars
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20 minutes du 17/02/05

Rien vu...


Ouest-France du 17/02/05

École : le gouvernement accélère le débat
Le gouvernement a décidé de réduire le débat sur la réforme de l’école en déclarant l’urgence sur le projet de loi en cours d’examen à l’Assemblée nationale. La gauche voit là « un passage en force », qu’elle a dénoncé avec vigueur.
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Le Monde daté du 18/02/05

Le gouvernement déclare l’urgence sur le projet Fillon
En réaction, les deux syndicats lycéens, la FIDL et l’UNL, ont appelé mercredi à une mobilisation nationale le mardi 8 mars.
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François Fillon cherche à prendre de vitesse le mouvement lycéen
Fragilisé par l’ampleur des mouvements de protestation contre sa réforme de l’école, le ministre de l’éducation a dû se résigner à demander la procédure d’urgence sur son texte. Avec une consigne impérative de l’Elysée : boucler la réforme au plus vite avant le référendum sur l’Europe
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Des mésententes Ferry-Darcos à la déclaration d’urgence, deux années de rendez-vous ratés et de déconvenues
Ce devait être un "rendez-vous" de la nation avec son école (François Fillon), un "vrai exercice de démocratie directe" (Jean-Pierre Raffarin), l’occasion de "tracer un nouveau chemin" pour l’éducation (Jacques Chirac) - et un moyen de réconcilier la droite avec le monde éducatif. Le "grand débat" sur l’école était chargé de toutes les promesses par le gouvernement Raffarin, il se termine dans la confusion et un débat parlementaire rabougri : face au risque d’un conflit social durable avec les lycéens et les enseignants, le gouvernement a déclaré l’urgence afin d’écourter l’examen du projet de loi d’orientation "pour l’avenir de l’école". Récit de deux années de débats et de déconvenues.[...]
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Un réformateur habile, mais un politique dilettante
M. Fillon a porté la réforme des retraites, en 2003. Sans chercher à en obtenir un gain politique[...] Il risque de payer un prix politique élevé pour cette réforme de l’éducation nationale dont il ne voulait pas. Sa réputation de ministre habile résistera-t-elle à la série de décisions à laquelle il a dû se résoudre : abandon de la réforme du baccalauréat et, maintenant, choix de l’urgence pour prendre de vitesse les mouvements lycéens. "Je m’attendais à des crispations, dit-il aujourd’hui. Mais il y a deux sortes de ministères : ceux où l’on réforme et ceux où l’on gère. Je préfère les premiers."
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La "déclaration d’urgence" régie par l’article 45 de la Constitution
La Constitution française établit que tout projet de loi doit être examiné - et, si besoin, amendé - successivement par l’Assemblée nationale et le Sénat, avant d’être voté en termes identiques par les deux Assemblées. Cette "navette" entre les deux chambres peut théoriquement se poursuivre indéfiniment. Pour éviter, en cas de désaccord, que le processus ne dure trop longtemps, une procédure particulière est prévue. Après deux lectures par chaque Assemblée, le premier ministre peut provoquer la réunion d’une commission mixte paritaire, comprenant sept députés et sept sénateurs, chargée d’élaborer un texte de compromis, soumis ensuite aux deux Assemblées. Si le gouvernement déclare l’urgence, cette commission se met en place après une seule lecture, et plus aucun amendement n’est recevable, sauf si le gouvernement l’autorise. Ce pouvoir est conféré au gouvernement par l’article 45 de la Constitution.
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Le faux calcul de François Fillon, par Bertrand Girod de l’Ain
professeur émérite de l’Université Paris-Dauphine.

François Fillon, ministre de l’éducation nationale, vient de déposer son projet de loi d’orientation pour l’avenir de l’école sur le bureau de l’Assemblée nationale. Il débute par une affirmation solennelle :"La nation fixe au système éducatif l’objectif d’assurer que 80 % d’une classe d’âge accèdent au niveau du baccalauréat et de conduire 50 % de l’ensemble d’une classe d’âge à un diplôme de l’enseignement supérieur.[...] D’où deux urgences :
1. - Rendre raisonnables, donc plus accessibles, les programmes des lycées, dont la prétention stupéfie les observateurs étrangers. Elle est notamment due à une concurrence entre les sections. La plus récente, la filière des sciences économiques et sociales, pour ne pas paraître roturière, a fait très fort. Ses programmes, très remarquables, seraient tout à fait à leur place à l’université, mais pas au lycée. Un extrait en classe de première : "Marché et société : définir la notion d’institutionnalisation. Les concepts d’institution et d’institutionnalisation ne doivent pas être confondus."
Les conséquences de tels programmes sont masquées par la générosité des oraux de rattrapage. Ils permettent d’accorder le bac, mais non d’avoir acquis cette capacité aux études supérieures.
2. - Repenser l’organisation et la pédagogie des premiers cycles universitaires, qui produisent beaucoup moins de survivants qu’ailleurs.
Dans le collège américain (correspondant à nos premiers cycles universitaires plus l’année de licence), les cursus sont composés par moitié d’une option disciplinaire et d’un tronc commun de culture générale incluant de nombreux choix. L’étudiant hésitant sur ses objectifs scientifiques peut d’abord se consacrer à remplir ses obligations de culture générale.
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