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revue de presse du jeudi 12 juin

Mise au point à propos des travaux du CSP - Baccalauréat - Revalorisation du bac pro - Fin de partie sur les rythmes scolaires


Importante actualité éducative encore aujourd’hui, autour notamment des travaux du CSP, de l’arrivée dans les "unes" du baccalauréat, et de la fermeté de Benoit Hamon à propos de la réforme des rythmes scolaires et de son éventuel boycott par certains maires réfractaires.

Programme, Socle, DNB : Eric Favey met les points sur les i

Dans un entretien accordé à Touteduc, Eric Favey, secrétaire général adjoint de la Ligue de l’Enseignement et à ce titre membre du CSP, revient sur la démission d’Alain Boissinot. Il revient surtout, malgré le titre un peu réducteur de l’article, sur les pistes de travail du CSP, notamment celles qui auraient entraîné la démission de son président. Un entretien très fouillé, qui mérite que l’on s’y arrête un peu, car bien des positions y sont affirmées avec clarté, et avec une conviction certaine d’oeuvrer dans le sens de l’intérêt général.

Le CSP est-il paralisé par la démission surprise de son président ? "le CSP ne se résume pas à son président et sa démission ne l’empêche pas de travailler. Une vingtaine d’auditions en plénière sont prévues d’ici le mois de juillet. Il a une présidente par interim, Anny Cazenave et 16 autres membres, ainsi qu’un secrétariat général compétent. Les groupes chargés de l’élaboration des programmes travaillent aussi, et rassemblent déjà plus d’une centaine de personnes. Nous entendons le 19 juin les propositions du groupe en charge de l’école maternelle par exemple".

L’articulation entre le Socle, l’évaluation et le DNB ? "j’ai été choqué [...] par l’analyse du Café pédagogique, qui estime que notre proposition se focalise sur la validation terminale alors que c’est l’inverse, nous demandons "une évaluation progressive", "à la fin de chaque cycle" et nous demandons qu’il soit mis fin à la concurrence entre l’évaluation du socle et le brevet".

Les critiques du SE-Unsa ? "il reproche notamment à notre texte de ne pas reprendre les "Compétences clés pour l’éducation et la formation tout au long de la vie" du cadre européen de référence. Mais elles y sont toutes ! [...] Nous faisons une place toute particulière à la compétence "apprendre à apprendre" qui ne figurait pas dans le "socle Robien" et il faut reconnaître que nous l’insistons pas sur "l’esprit d’initiative et d’entreprise". "

La primauté du Politique dans la prise de décision (réflexion issue des analyses du Sgen-CFDT) ? "Il est vrai que nous avons fait une partie du travail que n’avait pas fait le législateur. La loi de refondation de 2013 mentionne le socle mais ne le définit que partiellement. Nous l’avons fait en quelques lignes."

Et Eric Favey de conclure : "J’invite tout un chacun, enseignants, parents, élus, citoyens, à lire ce document, à s’en emparer, à poser les termes du débat. J’insiste, les enjeux sont forts, lorsque nous écrivons par exemple que l’internationalisation de tous les échanges implique "la pratique d’au moins deux langues vivantes étrangères ou régionales dont l’anglais"."

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Baccalauréat

Cher, lourd et fossilisé, le bac revient !. Voilà un titre de L’Express qui a le mérite de la clarté ! Marie-Caroline Missir y aborde évidemment la question récurrente du coût de l’examen. "Les constantes restent les mêmes : un coût élevé - 80,7 euros en 2013 soit près de 56 millions d’euros, une énorme machinerie - 686 907 candidats répartis entre les trois filières générale (50%), technologique (20%) et professionnel (30%) -, 170000 correcteurs et 4 millions de copies rémunérées à 5 euros pièce. Le rapport annuel de performance 2013, document budgétaire qui évalue l’utilisation des deniers publics, ministère par ministère, précise néanmoins que grâce à "la poursuite des efforts de rationalisation (recours accru à la visioconférence, dématérialisation des copies...) et d’harmonisation des pratiques de gestion, les coûts moyens sont en diminution."
Mais l’article va plus loin que cette simple question de coût. Il aborde également, et c’est sans doute nettement plus intéressant, la question de l’évaluation (et oui !). "Interrogée sur d’éventuelles économies réalisée cette année, [Florence Robine, Dgesco] assure que cela ne peut "constituer l’unique angle d’attaque des évolutions du bac", mais que la multiplication des épreuves "commence à poser problème en terme d’organisation". En somme conclut-elle, le bac "ne peut être que le reflet d’une politique globale d’évaluation" dans l’Education nationale. En effet."

Quoi qu’il en soit, le Bac est encore là cette année, alors autant s’y résoudre. Rien de ce qui le concerne ne vous échappera grâce au Figaro, qui répertorie tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le Bac 2014. Pas la peine de s’étendre sur ces conseils que les élèves ont maintes fois entendus tout au long de l’année. Une petite note amusante toutefois : on apprend dans cet article que la correction des copies serait équitable. Cette revue de presse sera donc l’occasion de l’avoir écrit au moins une fois sur le site des Cahiers pédagogiques ...

Une conséquence importante du poids des examens, outre leur aspect financier et le biais d’évaluation qu’ils mettent au jour, est l’impact qu’ils ont sur la fin d’année scolaire. Voici trois ans maintenant que nous sommes sensés reconquérir le mois de juin. Résultat ? La moitié des collégiens et des lycéens ont déjà terminé l’année, nous apprend Le Monde.

Enfin, si la chose vous intéresse, apprenez que les candidats au bac ne veulent plus disserter. C’est Le Figaro qui nous le dit. La raison ? "dans leur logique de “bonne réponse”, les lycéens ont peur de cette épreuve de liberté »" explique au quotidien Simon Perrier, président de l’Association des professeurs de philosophie de l’enseignement public. Un argument intéressant, il faut le reconnaître, et qui devrait logiquement conduire à une introspection de nos pratiques pédagogiques et des finalités à la fois de notre enseignement et de notre examen terminal. Ce n’est, bien entendu, pas la voix que prend la société des agrégés, également interrogée dans le quotidien conservateur. "Pour Blanche Lochmann, présidente de la société des agrégés, « il faudrait consacrer davantage de temps à la dissertation et considérer sa dimension d’exercice formateur autant que sa dimension d’épreuve au baccalauréat. Il permet d’apprendre à penser contre soi-même ». Un apprentissage précieux en ce XXIe siècle où l’information afflue de toute part". Si Blanche Lochmann pensait contre-elle même, peut-être verrait-elle ce qu’il y a de paradoxal à militer pour un exercice intellectuel conçu voici presque 150 ans pour une toute petite poignée de candidats, et notoirement inadapté à la massification du lycée que nous avons connue ces dernières années. Finalement, 10 à 15 % de dissertations sur le nombre actuel de candidats qui passent le Bac chaque année, cela fait un nombre de dissertations bien supérieur à celui de la fin du XIXe siècle. De quoi se plaint-on ?


Débat autour de l’efficacité du Bac pro

Tout cela n’est rien, pour peu qu’à terme, l’efficacité du système s’en trouve renforcée. Sous réserve d’un inventaire sur un plus grand nombre de cessions, il semblerait, notamment, que le Bac pro parvienne, peu à peu, à changer de statut.

On relira à ce sujet, rapidement, l’article de L’Express déjà cité : "Reste une bonne nouvelle : la réforme du bac professionnel, ramené à un cycle de trois ans par le ministre Xavier Darcos, commencerait à porter ses fruits, en "modifiant le profil des élèves", plus volontaires, et moins en échec, selon la Dgesco". Conséquence :
Le bac pro s’impose comme une voie d’accès vers le supérieur, écrit Aurélie Collas dans Le Monde. "Vingt ans [après sa création], le bac pro apparaît plus que jamais comme un « vrai bac », premier diplôme de l’enseignement supérieur. La rupture remonte à la réforme de Xavier Darcos de 2009. En réduisant le cursus de quatre à trois ans, au nom de « l’égale dignité des trois voies » (générale, technologique et professionnelle), le ministre de l’éducation de l’époque a élevé le niveau de qualification. Sa réforme a amené plus de jeunes au bac, en même temps qu’elle a démocratisé l’accès à l’enseignement supérieur."

Un enthousiasme que tempère Marie Piquemal dans Libération, en posant la question : Le bac pro est-il vraiment une voie d’avenir ? L’article tente de reprendre les arguments favorables et hostiles à la réforme de 2009 (passage au Bac pro en trois ans). Incontestablement, lorsqu’on lit les deux articles à la suite, la question cruciale semble bien être celle de la liaison Lycée-Enseignement supérieur : le Bac pro 3 ans a généré un accroissement notable du nombre d’élèves qui continuent vers l’enseignement supérieur. Y sont-ils prêts ? Derrière cette question, comme toujours, deux postures : celle du volontarisme, et celle du fatalisme.


Rythmes scolaires : le temps de la fermeté est venu

Le ministre était ce matin à l’Espé de Paris pour une conférence de presse consacrée à la réforme des rythmes scolaires, dont la mise en place touche à sa fin. Pour Benoît Hamon : "La réforme des rythmes scolaires n’est pas une lubie". C’est sous ce titre que VousNousIls relate cette conférence de presse. ""Je suis l’avocat des enfants", a affirmé ce matin Benoît Hamon à l’ESPE de Paris. Le ministre de l’Education natio­nale, de l’Enseignement supé­rieur et de la Recherche a défendu les béné­fices péda­go­giques de la réforme des rythmes sco­laires devant un public d’élus, de futurs ensei­gnants et de journalistes.
Benoît Hamon a rap­pelé que la réforme ini­tiée par son pré­dé­ces­seur Vincent Peillon, décriée par cer­tains parents d’élèves et que des maires refusent de mettre en place à la ren­trée 2014, n’est "pas une réforme faite pour les adultes". "Le temps du débat entre adultes s’achève, pour lais­ser place au temps des enfants", se réjouit le ministre, pour qui le fait de tra­vailler cinq matins au lieu de quatre est "un plus" pour les élèves
."

Rythmes scolaires : les maires réfractaires seront "condamnés", titre Le Nouvel Observateur. Sur la question de cette poignée de maires récalcitrants, qui se parent parfois de prétextes aussi malvenus que la "désobéissance civile" ou la "résistance", Benoit Hamon a donc décidé d’adopter une règle de fermeté, dont l’application devrait clore définitivement le dossier. "Le ministre de l’Education, Benoît Hamon, a mis en garde jeudi 12 juin les maires qui n’appliqueraient pas la réforme des rythmes scolaires contre un choix "parfaitement illégal" qui leur vaudrait d’être "condamnés".
"
Un maire qui n’ouvrirait pas le mercredi alors qu’il doit y avoir classe, c’est aussi absurde qu’un maire qui n’ouvrirait pas une école le dimanche alors que c’est un jour de vote", a-t-il dit sur France Info."Je vois mal des maires s’entêter dans une posture comme celle-ci. C’est parfaitement illégal, ils seraient condamnés comme tel", a-t-il ajouté, regrettant que des élus fassent de la réforme un "objet de polémique politique".

Lionel Jeanjeau


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Enseignant : un métier qui bouge
Revue n°514 - juin 2014
Tous les enseignants expérimentés le disent : ce n’est plus comme avant, le métier change. Allons voir de plus près ce qui évolue, comment le métier change, comment ces évolutions pourraient être accompagnées par l’institution, à toutes les échelles, en quoi elles vont dans le sens de l’essentiel : mieux faire apprendre les élèves.