Accueil > Publications > Articles en ligne > Documents liés au dossier "Enseigner la géographie aujourd’hui" (N°460 de (...) > « pseudo-cartes »


« pseudo-cartes »

Document d’accompagnement de l’article de Yannick Mével "Du tourisme scolaire à la géographie du tourisme" (N°460 - Enseigner le géographie aujourd’hui)



Ces trois dessins sont une première figuration intuitive des aspects spatiaux du sujet. Chacun d’eux est divisé selon une partition nette (une frontière apparaît dans les dessins 4 et 5) en plusieurs images de territoires figurés comme co-présents alors qu’ils sont, en réalité séparés par des distances plus ou moins grandes. Cette partition est parfois soulignée par la nomenclature (Hammamet-Yasmine dessins 4 et 5). Ils exposent une partition binaire du monde : d’un côté l’abondance et l’économie monétisée, de l’autre la pénurie et l’économie de subsistance perturbée. Le contraste culturel est également souligné et caricaturé dans le dessin 4 (femme vêtue et voilée/femme dénudée) et l’absence d’échanges entre autochtones et touristes est dénoncée. Cette frontière symbolise une distance culturelle, sociale, économique ... entre deux mondes antinomiques.

Mais ces trois dessins montrent des déplacements et des distances (dessin 6). Ils élargissent le champ de vision en changeant d’ordre de grandeur. Si les dessins de la première série montraient ce qu’un regard peut embrasser, ceux-là montrent un espace plus vaste : c’est l’ensemble de la commune d’Hammamet qui est illustré par des procédés de raccourci et par un passage du regard : du frontal (au ras du sol) au zénithal (vu d’en haut). Définition de territoire, expression des déplacements et des distances, point de vue zénithal (partiel) : voila réunis trois attributs de la carte que nous retiendrons pour définir ces dessins comme des « pseudo-cartes ». Cette figuration ne respecte pas les règles de la cartographie scientifique (coprésence de métriques hétérogènes) mais elle permet, cependant, de passer d’un tourisme figuré comme une scène de théâtre où les acteurs « se touchent », à une représentation un peu plus opératoire pour penser les distances, les positions, les interdépendances spatiales.