« Je suis très découragée »: message sans apprêt, brut de décoffrage, en direct…

Ceci n’est pas un « billet » que Véronique Decker m’aurait préalablement adressé afin que, comme d’habitude, nos échanges confiants fassent en sorte qu’un texte brut se transforme, sans altération de ses intentions initiales, en une publication lissée, policée, acceptable et présentable. Non, ceci, ce que vous allez lire ci-dessous, est seulement un courriel que, comme d’autres destinataires d’une liste privée, j’ai reçu et intercepté.

Je ne vais pas le modifier. Pourtant, chacun pourra constater qu’il contient un (gros) « point Godwin » (le moment où, lors d’une confrontation sur le net, un des protagonistes fait une référence plus ou moins explicite au mauvais camp de la Seconde guerre mondiale et à ses crimes). Pourtant, d’habitude, je suis très vigilant à ce sujet, je ne laisse jamais passer. Cette fois, je laisse passer – tout en rappelant que je ne saurais souscrire à la comparaison utilisée ci-dessous, à un moment de son propos, par Véronique Decker sous l’emprise de la fatigue et de la colère. Je laisse passer parce que je crois qu’il est nécessaire de laisser passer, et de montrer, justement, la fatigue et la colère. Parce que, exceptionnellement, le message le plus informatif est dans cette fatigue et cette colère.

Ce message sans apprêt, brut de décoffrage, en direct… le montre. Et alors même que j’ai pu trouver par moments, ces derniers mois, que ce blog risquait d’être déséquilibré, voire phagocyté, par le poids croissant de la thématique Rom au détriment de sujets plus banalement scolaires et peut-être (pas toujours, en fait…) moins désespérants. Ou plus consensuels? Ce n’est pas un sujet sur lequel, comme beaucoup d’autres personnes, j’aurais moi-même des idées claires. A partir de sa préoccupation pour certains de ses élèves, Véronique Decker est très engagée cette année sur ce terrain-là. Je ne sais pas si elle a raison dans le registre de la rationalité « réaliste ».  En revanche je suis certain de ne pas aimer du tout ce dont elle témoigne.

Pour être complet sur le « making of » de ce billet d’un genre particulier: je vais lui envoyer l’ensemble de qui est lisible ici sur cet écran (son courriel ci-dessous et mon commentaire de présentation ci-dessous), et lui demander si elle approuve sa mise en ligne.  Mise en ligne que, chacun assumant ses responsabilités, je propose. Alors sii vous pouvez lire ce texte, c’est que j’ai reçu l’approbation sollicitée. Et je n’en rappelle pas moins que la référence »point Godwin » sur les « pyjamas rayés » n’est à mon sens ni pertinente ni défendable, les enjeux n’étant évidemment pas du même niveau de gravité. Cependant, à défaut d’être pertinente, elle est compréhensible.L.C.

Bonsoir,

Nous n’avons rien obtenu, même pas le relogement au 115 des familles  avec enfant. Une famille a obtenu une prise en charge, grâce à  l’intervention de la principale du collège Jean Pierre Timbaud de  Bobigny, où elle s’était présentée pour rencontrer une assistante  sociale.Les caravanes confisquées ce matin pourraient être rendues, moyennant 119 euros pour l’enlèvement et 6 euros par jour supplémentaire, mais  ce n’est pas certain pour celles qui sont démunies de cartes grises.

La circulaire ne sert à rien sur le terrain, ici. La Convention Internationale des Droits des enfants n’est pas en vigueur non plus. Les policiers étaient injurieux pour certains. J’ai du rappeler à  l’ordre une jeune policière qui outrepassait toutes les limites,et qui  parlait sur un ton d’obergruppenfuhrer, comme si elle était face à des pyjamas rayés. L’émissaire de la préfecture, qui m’avait demandé une  liste le matin, n’était plus là pour la reprendre l’après midi. La mairie a envoyé la liste en préfecture et le préfet a répondu que les roms n’avaient qu’à reprendre leurs caravanes.

Mais si on les enlève, juste pour qu’ils se ruinent à les reprendre,  quel sens cela peut il avoir ?

J’ai demandé à la mairie que la liste des familles qui scolarisent des  enfants puisse être prise en considération pour imaginer une démarche  d’insertion. Pas de réponse là dessus non plus.

Je suis très très découragée.

Cordialement

Véronique Decker

Un commentaire sur “« Je suis très découragée »: message sans apprêt, brut de décoffrage, en direct…

  1. Assister soi-même à la destruction d’un camp où vivaient des enfants de l’école où l’on enseigne rend la taille de ce point Godwin ridicule.
    D’ailleurs le point en question est beaucoup plus à la préfecture, au gouvernement plutôt que dans le camp de ceux qui se bougent pour les enfants nomadisés par notre cher ministre de l’intérieur…

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