Chauve et joufflu, le militaire…

Patrice et moi, nous avons calculé que pour monter sans panique un numéro des Cahiers il fallait compter 30 jours. Sachant qu’un nouveau numéro est lancé tous les 35 jours, sachant aussi qu’en parallèle nous avons toujours des hors-séries numériques en route (et en ce moment particulièrement, à cause de la mise en place technique dif-fi-cul-tu-eu-se de nos nouveaux logiciels hitech programmés sur mesure rien que pour nous mais si madame !, qui fait que les dossiers sont là en file indienne derrière la vitre de la rédaction, « Education à la santé » qui fiche des coups de coude à « Pédagogie dans le supérieur » qui lui rétorque un « Pardonnez, j’étais là avant ! » avant de balancer un coup de pied à « Outils de formation » tout mistifrisé, près au lancement.). Sachant que la partie Rédaction en chef se couple habilement de la partie secrétariat général pour nous empêcher de nous confire dans l’oisiveté. Mais je ne vais pas vous dévoiler tout tout de suite ! Revenons à mon dossier. Mon premier dossier. Qui vous vaut de me trouver là…

A la fin ça donne ça. Mais longtemps, longtemps après...

Comment expliquer la joie qui étreint au moment de prendre un dossier des Cahiers pédagogiques en main ? Vous vous êtes déjà retrouvé devant la porte ouverte d’un avion vrombissant, à quelques milliers de mètres d’altitude, avec dans le dos un sac dont vous êtes soudain incapable d’affirmer qu’il contient un parachute et pas votre goûter de quatre heures ? Moi non plus ça ne m’est jamais arrivé. Mais ça ressemble à ça ! Et le gars, un militaire chauve et joufflu, une fin de carrière difficile, qui hurle derrière moi : « Nom de dieu tu vas sauter ou faut que je te pousse au cul ?! », c’est la pendule qui ronronne au salon qui dit oui qui dit non.

 

 

La pendule… Petit calcul rapide. Ouvrez vos cahiers du jour et notez :  « Sachant que le numéro 493 sur le lycée doit partir à l’imprimerie le 15 novembre, je répète, le 15 novembre, sachant que 30 jours permettent un montage sans panique, à quelle date faut-il commencer à s’y mettre ? »

-M’dame, m’dame, moi je sais ! Il faut commencer le 15 octobre.

  Oh, ça parle de compétences…

 

-Très bien mon petit Romuald. Rappelle-moi quel jour on est ? Le 3 novembre. Ca fait combien de jours de retard ça ?

-18 m’dame !

-Excellent…

 

Oui, non, j’ai bien commencé à rameuter les troupes le 15 octobre. Le 12 même. Mais après, ben voilà, les coordonnateurs ils ont aussi des élèves, ou des établissements même à gérer. Et les rédacs’-secrétaires ils ont aussi des assises à organiser.

C’est quoi coordonner ? En gros c’est passer un an à frapper de porte en porte pour récupérer des textes sur un sujet, repasser à travers et en faire un gros paquet cadeau à offrir à la rédaction en chef des Cahiers pédagogiques. Mais attention, faut pas croire, coordonner un dossier c’est une activité sympathique qui pendant un an viendra régulièrement te poursuivre dans ton sommeil : « T’as pas relancé Machin ! Et qu’est-ce que tu vas faire du texte de Chose qui est proprement illisible en l’état ? Et qu’est-ce qu’il va dire le délégué qui suit notre dossier ? ». Particulièrement au moment des bilans devant le Grand Comité (j’en reparlerai, promis). Mais bref, pour l’instant j’en reste là. Tout ce que je peux vous dire, c’est que la date de rendu des textes à la Rédaction, c’est curieux, c’est un truc qui s’imprime pas dans l’esprit des coordonnateurs.

-C’est le combien déjà qu’on doit tout rendre ? Le 15 ? Ah oui… Le 15 novembre. Ah non, le 15 octobre ?!

Je le sais, le dernier dossier je l’ai co-coordonné et j’ai eu de ces problèmes de mémoire aussi… Et eu droit à une descente d’esprits malins qui ont fait que ça allait tout de travers. Il paraît que ça arrive tout le temps, c’est Patrice qui m’a prévenue en essayant de contrer ces retors. La bande d’esprits malins, c’est ce qui attaque en piqué le rêve de tout rédac’ chef : le montage tranquille d’un Cahier…

         Oh un président !

Ce matin, je l’ai en entier, ma montagne de textes qui grandissait petit-à-petit ces derniers jours. Marie-Christine vient de passer la nuit à préparer les derniers. Oui la nuit. Entière. Elle dort là maintenant, chut…

Et moi, je ne sais fichtrement pas comment je vais m’en sortir de tout ça. Opération : « La panique, je m’asseois dessus le plus longtemps possible. »

Bon, allez, je pose ça devant vous :

Mon premier dossier : J-12

A nous tous on devrait y arriver plus facilement, à tenir la panique en respect, à franchir la montagne, à briser les esprits malins et à monter un Cahier pédagogique sur le lycée. Ce sera le numéro 493. C’est pour ça que je vous ai invités. Je crois en nous !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>