500 !

 

J’en suis là. A l’exact moment où…

Il faut vous dire que je ne suis pas sur n’importe quel dossier. Mais sur le numéro 500.  A dossier exceptionnel, préparation exceptionnelle. Pendant 18 mois, Nicole Priou et Patrice Bride sont allés à la rencontre des auteurs qui allaient pouvoir répondre à cette question : « Qu’est-ce que c’est qu’apprendre au 21e siècle ? ». Ils sont aussi allés chercher des témoignages, d’enfance, d’ailleurs (du Québec au Japon en passant par le Sénégal, si si !) ou du CAPE (le collectif des associations partenaires de l’école dont nous sommes). Et le moins que l’on puisse dire, c’est que « ça » a répondu. Soixante-quinze auteurs ! Soixante-quinze ! De mémoire de rédacteurs, de directeurs de la publication, du jamais vu.

Il me reste un travail minimal. Les auteurs ont pour la plupart l’habitude d’écrire et les coordonnateurs de coordonner. Je viens de passer deux ou trois dizaines d’heures à peaufiner les articles, intertitres, citations détachées et à les envoyer en relecture à leurs auteurs. Page 70. Je viens de dépasser la moitié des 124 pages. Ah ben oui, quand même, ça prend du temps. Un dossier pareil, ça tient plus du 38 tonnes que de la mobylette…

 

Vous savez ce que cela fait de travailler sur le numéro 500 ? Eh bien moi ça me donne l’impression d’être encore plus petite que d’habitude. C’est peut-être à cause de l’épaisseur du dossier. Ou à cause du nombre de plumes connues qui ont écrit dedans.

Je viens donc de passer un bon moment sur les articles et à les envoyer par mails à leurs auteurs. L’exact moment où, c’est ce mi-lieu dans la montée, avec la pause écriture pour regarder le paysage, ce qui est fait, ce qui reste à faire. Et puis, à cause de ce qui est fait, c’est aussi le moment où arrivent les réponses aux mails, d’auteurs qui me donnent leur accord ou me demandent leurs modifications, qui me fournissent leur adresse postale ou bien l’oublient, qui me confient leur titre de livre ou de film préféré sur le sujet, « Apprendre au 21e siècle ». Voilà, c’est là, à l’exact moment où, que j’ai l’impression de récolter ce que j’ai planté.

(Vous voyez flou ? Mais non, c’est qu’on ne va pas tout vous dire comme ça ! Nous sommes des filles qui nous dévoilons peu à peu, aux Cahiers…)

Et puis tous ces noms, qui apparaissent sur mon écran dans ma messagerie, sont des retours en arrière où je me revois à 30 ans, deux petits enfants (d’aujourd’hui 3 mètres 50 à deux…), reprenant des études en sciences de l’éducation. Ils arrivent, Patrick Rayou, Michel Develay, François Dubet, me font un petit coucou jovial, ont un mot gentil ou encourageant, et s’en retournent dans les livres qu’ils ont écrits. Annie Ernaux elle-même vient de repartir  à l’instant dans les paradis de fille d’épicière que je connais bien aussi.

Passent aussi nos auteurs ou partenaires réguliers avec qui s’est installé, en une année, des petites connivences qui allègent le plomb des mails. J’ai mes chouchous ! Je crois qu’on finit par un petit peu bien s’aimer, en travaillant ensemble, ou pas loin.

De Philippe Meirieu, qui vient de s’en retourner aussi, je n’ose même pas vous en parler. Lui pour le coup n’est pas tant pour moi l’Eminence entre les pages, il est surtout celui que je regardais dans des petites émissions sur les grand pédagogues, en prenant mon petit-déjeuner. Celui aussi qui a aussi écrit « Reviens Emile, ils sont devenus fous ». Mais surtout celui qui, en plein été, a répondu à un courrier que je lui avais adressé. Le grand Philippe Meirieu à la petite prof de musique, en pleine campagne. Il me disait en substance « Allez-y ! Continuez ! » J’ai continué. Et puis j’ai croisé Françoise Carraud et les Cahiers pédagogiques qui m’ont dit aussi « Vas-y, continue ! »

Alors voilà, j’ai continué. Et aujourd’hui je me retrouve à l’exact moment où

La deuxième moitié d’un voyage paraît toujours plus courte que la première. Allez, j’y retourne.

 

6 commentaires sur “500 !

  1. « La deuxième moitié d’un voyage paraît toujours plus courte que la première. » C’est qu’on commence à se dire qu’on est presque arrivée et que le voyage sera bientôt fini, même si le séjour ne fait que commencer. Alors profite bien de la deuxième moitié !
    Sylvie

  2. Oui, le flou artistique est un procédé qui donne de bons effets sur une image.
    Sur un texte, c’est un peu… frustrant. Heureusement qu’en cliquant dessus, ça défloue bien !
    Et puis le sommaire, même en clair, c’est encore un peu mystérieux.
    Dominique

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