Piqué pique décolle et flamme

Depuis le temps que je vous le promets, ce billet qui parle de la dernière étape, des derniers jours, des dernières heures… La dernière étape, c’est à trois qu’elle se joue, avec Marc notre graphiste, et Patrice et moi, les rédacs chef. Souvent à ce moment-là Marc est à Marseille et nous on est à Paris.

 Jour 1

On reçoit de Marc une première version de la maquette. 72 pages si tout va bien. Marc a déjà généralement noté tout ce qu’il faut modifier, sur des petits carrés jaunes qui sautent de l’écran. Sur 72 pages, autant vous dire que ça en fait des carrés. Premier carré « Enlever 240 signes ». Comptage à rebours :

La consigne était de faire apparaitre sur les fiches de voeux le souhait d’intervenir en AP, le volume horaire qu’on souhaitait y consacrer, et d’indiquer les projets justifiant une mise en oeuvre spécifique. 208 signes en moins. et de faciliter la conduite des projets. 247 signes. Et d’un.

Un titre à raccourcir. De deux.

Un encadré malvenu. Je transforme. De trois.

La photo choisie qui est trop sombre, trop floue, trop trop. Quelle idée j’ai eu de proposer de rajouter des photos ?… Et de douze, quinze petits carrés jaunes.

Et hop un pdf version 2. Puis 3. Allers-retours. Avec Patrice et Marc, on danse. On annote chacun de son côté. Marc corrige au fur et à mesure. Version 4 du pdf. Les vingt-cinq auteurs danseront aussi au grand bal de la maquette, puisqu’ils relisent de leur côté la version proposée de leur article.

Ah, la couverture. Bien regarder où je ne regarde jamais, dans les petits coins et sous les yeux, pourtant en gros gras gris : c’est là que les fautes se nichent.

Jour 2

Depuis hier les réponses des auteurs arrivent. Parfois juste pour dire « Ca gaze ! ». Chouette. Souvent pour demander une modification. C’est reparti. « Marc, page 25, 5e ligne, on mettra vraiment au lieu évidemment et puis page 45… et 78… et 89…

Patrice a relu l’ensemble du dossier, moi les rubriques. Et sur toutes les pages il a laissé des petites notes. On s’est installé à une table pendant une heure. Et on a causé. De ce dossier-là. Mais aussi du travail de relecture. Tout le paquet à reprendre, enregistrer les modifications dans le CMS. Il est 17h. Il faut donc que ce soit fait pour demain 9h. A chaque relecture, c’est 49 pages qu’il faut passer en revue. Ou 24 articles.

-Bonne soirée !

Merci Catherine. Toi aussi.

 

 

 

Pendant les travaux les magasins sont ouverts. Et ma boîte de réception qui déborde. 457 mails à ranger. Si vous voulez devenir rédac’ chef, un conseil : pas d’amoureux. Ou alors un amoureux très très patient. Ou très très amoureux. C’est pareil…

 

 

Jour 3 et 4

Dernière relecture et annotation sur le pdf, Patrice pour les rubriques, moi pour le dossier. Je reste sur ma faim concernant les photos, toujours trop trop. Une lectrice photographe crapiste, Caroline Elissagaray, qui a proposé des photos portraits et fait le tour de tous les minois pour demander les autorisations, m’a dit hier : « Dans une revue, les photos, les images, ce sont des pauses poétiques et de respiration. Ça permet aussi d’ancrer dans la mémoire ce qu’on lit. »

 Jour 5

Dernières retouches. A 9h34 Marc nous envoie le pdf version 3.  Au début, on fait encore des phrases civiles avec sujet verbe complément. Et puis plus ça va, plus ça vire au pointillisme surréaliste:

Marc, dans l’avant-propos p.10 du livre 3, pas de majuscule.

Edito : tu t’occupes de la citation Patrice ?

Oui.

Petit truc page 8 : pas mieux d’avoir les deux titres de la même force (T2 ?) ?

La pub page 18 est redondante avec la 3e de couv…

Si pas mieux, pub JMZ 491 page 7.

Pbm au début de l’encart page 32.

La 1re puce  fait bizarre…

Plutôt Prise de position dans la barrette titre

Auteurs en orange dans le chapô page 35

P.49 Intégrer Lucky Luke. légende : Coralie

15h33 : Marc vient de nous envoyer la version 4. Ca rigole plus. On s’approche de la fin, du moment où il faudra lancer le mot magique comme dit Marc : Bàt. Bon à tirer. Quand on prononce ce mot-là, alors tout le reste démarre : Marc fait l’envoi à l’imprimerie et le sort du Cahier en est jeté. A part une tempête pédagogique de dernière minute, on ne peut plus intervenir. Et ça, ça fout encore plus les chocottes.

16h01 : Je viens d’envoyer mes remarques sur la version 4, Patrice va faire la même chose. On relit une dernière fois, manière de, et puis… Et puis tout à l’heure j’ai envoyé ça à Patrice : « Dis dis dis… Tu me laisseras dire Bàt quand on sera prêts dis ?… ». Kiki

J’ai signé Kiki, oui. Mais attention ne vous amusez pas à m’appeler Kiki si vous me croisez dans la rue ou au local du CRAP-Cahiers rue Chevreul, je déteste ce surnom ridicule ! Je ne l’accepte en souriant que dans un cas : Kiki, c’est l’appellation réservée à Patrice, pour les moments de tension ou de décontraction de la rédaction des Cahiers. Vous savez, quand ça pourrait barder simplement parce que c’est tard, qu’on en a ras-le-bol, que c’est jamais fini. Ou au contraire après ce moment-là, quand on s’aperçoit qu’on s’en sort.

Eh bien donc là, Kiki elle attend l’arrivée du pdf version 5 qui devrait être la dernière version. Et puis Kiki elle relira encore une fois. Elle demandera son avis à Patrice. Et puis… Il est 16h22.

16h39 : Oh pétard, encore le texte du sommaire à rédiger… Et la présentation d’un futur dossier en 150 signes.

17h31. Fait. Je voudrais aller courir, parce que Marc qui s’y connaît, il m’a conseillé d’aller courir. Mais il faut que j’attende l’arrivée du Bàt. Marc est dessus depuis ce matin 8 heures.

17h42 : Et là il se passe un truc. Vous vous y connaissez bien en Tour de France ? Je veux dire… bien bien bien ? Moi non plus.

Mais ça fait des jours que vous visez le haut d’une montagne. Vous avez fait ça en plusieurs étapes. Parfois les étapes sont pénibles et vous laissent des courbatures ou des cernes sous les yeux. Et puis vous voilà près du sommet. Vous avez l’impression d’avoir fourni tout l’effort nécessaire, d’en avoir bien bavé. Vos derniers coups de pédale coûtent aussi cher que d’un litre d’essence sur l’autoroute. Mais vous vous sentez satisfait de l’ensemble.

Et puis voilà que soudain arrive un coureur. Et ce coureur, il vous double en faisant même un peu de vent et en sifflant une petite ritournelle de printemps en plein automne. C’est Patrice qui vient de rendre en pièces jointes le dossier encore plein de rouge…

Bon, l’imprimerie n’est pas pour ce soir. Je peux aller courir.

Jour 6

10h32 : Marc : « J’attends votre Bàt. »

10h44 : Christine : « Patrice, are you ready? »

10h53 : Patrice : « Marc, p.57, il manque un espace entre avant le point d’interrogation. Christine, à toi le dernier mot. »

10h56 : Christine : « Marc, Bàt ! »

Sonnez trompettes et flonflons, jouez au bois, résonnez musette : un nouveau Cahier nous est né !

Postambule : Maintenant on demande à Virginie Ducay, notre correctrice, de relire encore une fois l’ensemble du Cahier tout à la fin, juste avant l’imprimerie. Eh bien, vous n’allez pas le croire…

 

 

2 commentaires sur “Piqué pique décolle et flamme

  1. Et bien Kiki et tes potes , vous êtes géniaux de faire tout cela: un vrai marathon! Je suis très admirative et vous dis : BRAVO!!!

  2. Merci, Christine, pour ce blog qui donne si bien à voir votre travail. J’espère que tu as pris un peu de temps moins plein (je ne sais comment formuler ça autrement !) avant de replonger dans les Rencontres.
    A la rentrée,
    Sylvie

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