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L’actualité éducative du N°447 de novembre 2006

Universités populaires

Par Michel Tozzi

Le premier Printemps des universités populaires s’est tenu symboliquement fin juin 2006 au Théâtre national populaire de Villeurbanne, un lieu chargé d’histoire.

Cette manifestation a rassemblé les universités populaires d’Arras, Avignon, Caen, Lyon et Narbonne. D’autres sont en voie de création, à Noisy-Le-Grand, Perpignan, Saint-Brieuc... On en lira le compte rendu complet sur le site www.philotozzi.com.
Les participants ont travaillé en particulier sur la question du savoir émancipateur : comment peut-il l’être si les experts sont au service des dominants ? A cela peut répondre l’appropriation de savoirs critiques contre l’économie dominante. L’université populaire pourrait être ce lieu où se diffuse une pensée critique, parce qu’elle est hors institution. Sa gratuité pour le public et le bénévolat de ses intervenants la placent hors du domaine de l’économie dominante : l’échange peut y redevenir humain.
Surgit alors l’autre interrogation fondamentale pour les nouvelles universités populaires : comment mettre le savoir à la portée de tous ? Se pose ici la question des méthodes et des contenus. On propose par exemple d’explorer la pratique de l’atelier où se met en place, dans la tradition de l’éducation nouvelle, une pédagogie coopérative, avec des fonctions diverses, volontaires et tournantes (introducteur d’une problématique, répartiteur de la parole, secrétaire des idées...), pour responsabiliser et autonomiser les participants de façon démocratique. Ainsi s’explorent de nouveaux modes d’apprentissage d’un penser par soi-même (discuter, écrire de façon alternative à la dissertation, mutualiser les interprétations d’un texte...).
L’interrogation sur les contenus a donné lieu à des échanges sur la culture et les cultures, sans oublier de dénoncer les dérives possibles (misérabilisme ou populisme). Pour Michel Onfray, qui conclut cet échange, la culture populaire a été écrasée par l’idéologie dominante. Ce qu’il faut, c’est enseigner la culture, que l’on doit et peut rendre populaire sans concession sur le contenu, en inventant des formes ouvertes.

Michel Tozzi, Montpellier III.