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Université d’été : désir d’apprendre, désir de se former, désir de former ?

Session de formation de formateurs de 6 jours (vendredi 8 juillet au mercredi 13) ou colloque (samedi 9 au lundi 11), Université de Provence.


Une session de formation de formateurs de six jours, du Vendredi 8 Juillet 2005 au Mercredi 13 Juillet 2005 inclus (cette session inclut le colloque), ou un colloque de trois jours , Samedi 9, Dimanche 10 et Lundi 11 Juillet 2005 à l’Université de Provence, Centre Saint Charles, Marseille.

Problématique :
Le désir, force vive et mystérieuse d’un sujet libre ?
Le désir, construction culturelle, réminiscence d’un paradis perdu ou artifice de la nature ?
Le verbe désirer signifiait à son origine « cesser de contempler l’astre ou l’étoile » d’où en quelques sortes « constater l’absence de .. » avec une forte connotation de regret. Cette idée première de regretter l’absence a ensuite été supplantée par l’idée positive et prospective de « souhaiter..., chercher à obtenir... ». Cette étymologie contient dans un même concept la double postulation du deuil et de l’espoir, du renoncement et de la quête de l’impossible étoile...
Cette dialectique se complexifie si on admet que tout désir a besoin d’être provoqué par le désir de l’autre pour produire de la jubilation partagée, valorisée, de celle que l’on nomme parfois le bonheur...
Comment faire la distinction entre la notion de besoin et celle de désir ? Le besoin s’exprimerait-il en termes d’analyse fonctionnelle, comme rationnellement déterminable ?... Le désir, par contre, serait-il plutôt “désir d’être”, c’est-à-dire désir de reconnaissance positive de soi par la médiation du “désir d’être” des autres ?
Peut-on concevoir l’expression du désir sous quatre formes enchevêtrées : l’avoir, l’agir, le paraître et l’amour ?
-  l’avoir comme désir de posséder toujours plus que les autres pour se confirmer durablement dans la satisfaction de soi-même, sous le feu de la rivalité mimétique...
-  l’agir comme désir de puissance illimitée sur l’environnement naturel et humain comme preuve toujours à refaire de sa supériorité individuelle ou collective...
-  le paraître comme désir de reproduire une image gratifiante de soi en sa conscience ainsi que dans la conscience et le désir des autres selon des valeurs partageables...
-  l’amour comme désir non pas de “posséder” l’autre comme objet mais comme sujet de désir et d’en être aimé pour s’aimer soi-même...Cette réciprocité exigeant des signes d’existence, des régulations et des échanges de plaisirs “gratuits”.
Si le désir sous sa forme la plus noble n’est réalisable que par une régulation dialoguée avec l’expression du désir de l’autre, il devient nécessaire de se parler, de trouver un langage commun raisonnable, sensible et conceptualisable. Le désir n’exige en effet, ni la possession de l’autre, ni la dépossession de soi, mais un don réciproque qui permet d’improviser un “pas de deux” stimulant et jubilatoire valable pour toute situation humaine...

En l’occurrence, l’éducation et la formation sont affaire de passions et de désir, on tend trop souvent à le méconnaître. Notre société considère depuis toujours comme “allant de soi” que certains éduquent, que d’autres les éduquent, que certains se forment et que d’autres les forment. A l’école beaucoup d’élèves s’ennuient et vivent en attente du désir de grandir, de se développer, de s’éduquer. En formation, l’instrumentation du désir empêche parfois l’élaboration du sens et la construction de l’identité professionnelle.

Ces “allant de soi” peuvent être soumis à une autre série de questions :
- Si le désir d’apprendre ou de former est fondamentalement mimétique, comment se croisent, s’articulent, voire se contredisent et s’opposent les désirs de l’éduqué et de l’éducateur, du formé et du formateur ?
- Comment prendre en compte le désir, le sien et celui de l’autre, pour créer ce “pas de deux” jubilatoire au service d’un projet d’apprentissage ou de formation, voire d’émancipation d’un sujet ?
- Comment écouter le désir de l’autre pour accompagner ses motivations et consolider une autorité fondée sur la réciprocité de la relation ?
- Entre puissance d’agir et de penser le monde et résignation à l’ennui et à la fatalité, comment positionner le désir pour construire des rencontres fécondes au service de l’apprentissage et de la formation ?
C’est à éclairer cette dialectique, obscure et inconsciente, de la dynamique des désirs au sein même des espaces éducatifs et formatifs que s’attachera cette nouvelle université d’été en Juillet 2005. Elle vise à permettre à chacun, pour sa pratique, à élaborer des points d’appui et des repères.

Après avoir abordé au début des années quatre vingt dix des thèmes “didactiques”, tels que les représentations mentales, les compétences transversales, les situations-problèmes et les objectifs obstacles, notre l’équipe s’est orientées vers une recherche de compréhension plus en rapport avec la dimension relationnelle de l’apprentissage :
- Comprendre et construire la médiation ;
- Construire et entretenir la motivation ;
- Accompagner et former ;
- Prendre en compte la dimension affective dans les apprentissages ;
- Innover dans l’éducation et dans la formation ;
- L’autorité en pannes... Entre besoin de soumettre et désir d’éduquer.
Cette nouvelle université d’été, se donnera également pour tâche de revisiter les apports des précédentes. C’est la raison pour laquelle nous avons fait le choix de faire cette année un colloque de trois jours, auquel nous convions les précédents intervenants afin qu’ils débattent avec nos nouveaux invités. Le dispositif que nous vous proposons donnera une part encore plus large au débat, sans pour cela réduire les prises de parole des intervenants.

Renseignements et inscription auprès de Georges Chappaz (voir adresse ci-dessous) :
Georges Chappaz - Université de Provence - 3, Place Victor Hugo 13331 Marseille cedex 3
Tél, Rép, Fax : 33 (0) 4.91.50.91.10 Port : 33 (0) 6.16.39.19.03
gchappaz@up.univ-mrs.fr