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Évaluation du système

Une pétition pour défendre le Cnesco

Pétition

19 novembre 2018

Le projet de loi présenté en Conseil supérieur de l’éducation le 15 octobre dernier par Jean-Michel Blanquer prévoit la suppression du Cnesco (Conseil national d’évaluation du système scolaire) dans sa forme actuelle. Après la lettre commune au ministre de l’Éducation nationale des quatorze organisations membre du conseil consultatif du Cnesco, un collectif d’acteurs de terrain, professionnels de l’éducation, parents, représentants de collectivités locales et d’associations, lance une pétition pour demander le maintien du Cnesco, et « pour défendre l’évaluation indépendante de l’école ». La pétition a déjà recueilli plus de 500 signatures. En voici le texte.


Pour une évaluation démocratique et utile à tous les acteurs de l’école

Le projet de loi pour l’école de la confiance prévoit la suppression du Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco), pourtant chargé d’une évaluation indépendante de l’école. Nous, acteurs de l’école, voulons témoigner du besoin de cet espace d’échanges autour d’évaluations indépendantes du temps politique, soucieux de nos questionnements et enrichi par la recherche. Nous appelons à ce que le travail engagé par le Cnesco soit poursuivi et amplifié, comme l’a recommandé à la rentrée 2018, dans son évaluation très positive le Comité d’évaluation et de contrôle des politiques publiques de l’Assemblée nationale.

Monsieur le Ministre,

Nous sommes des acteurs de l’école (enseignants, chefs d’établissement, personnels de vie scolaire, formateurs, inspecteurs, parents d’élèves…). Nous avons besoin d’avoir accès aux résultats de la recherche et des évaluations menées par des scientifiques indépendamment du temps politique. C’est ce que nous apporte le Cnesco depuis 2014 :

  • des ressources appuyées sur des évaluations fiables et lisibles par tous, produites par des chercheurs issus de tous les champs scientifiques (psychologie, sociologie, didactique, sciences de l’éducation…) ;
  • un forum d’échanges et de débat autour de nos pratiques éducatives et des politiques scolaires en lien avec la communauté scientifique française et internationale, où nous pouvons construire des recommandations opérationnelles pour les classes et les établissements.

Le Cnesco existe, ses conférences de consensus attirent tous les acteurs de l’école. Nous nous servons de ses travaux qui sont devenus des références. Il nous est utile dans nos pratiques quotidiennes. Il nous permet de débattre, de confronter et d’accorder nos différents points de vue. Il nous fait progresser, pour mieux faire progresser les élèves. Le rapport de l’Assemblée nationale de septembre 2018, qui considère le Cnesco comme une « instance productive, transparente et indépendante », juge qu’il « contribue à la diffusion de la culture de l’évaluation au sein du système scolaire ». C’est ce que nous vivons aussi sur le terrain.

C’est pourquoi, monsieur le Ministre, nous vous demandons instamment de nous faire confiance et d’entendre notre besoin pragmatique d’un espace d’échanges indépendant, scientifique et participatif de haut niveau qui puisse s’inscrire dans la durée. Il faut garder dans l’Éducation nationale des organisations qui marchent et ont la confiance des acteurs de l’école.

Plus largement, en tant que parents d’élèves, nous profitons de l’éclairage du Cnesco sur les politiques scolaires, dans des documents courts et compréhensibles, afin d’accompagner au mieux nos enfants dans leur scolarité. En tant que citoyens aussi, l’évaluation indépendante de l’école nous concerne tous, car nous avons besoin d’une information transparente et objective sur les résultats réels des politiques scolaires afin d’exercer pleinement notre citoyenneté.

Professionnels de l’éducation, parents, représentants de collectivités locales et d’associations, élus et citoyens, nous vous sollicitons pour signer cette pétition et ainsi défendre, avec nous, l’évaluation indépendante de l’école et la poursuite des travaux du Cnesco dans les meilleures conditions.

Pour signer la pétition


Premiers signataires :
Ben Aïda (professeur des écoles), Agnès Berthe (professeure de français), Claire Bisquerra (parent d’élèves), Elisabeth Bussienne (formatrice en Éspé), Guillaume Caron (professeur de mathématiques), Pierre Cieutat (professeur des écoles, formateur), Évelyne Clavier (enseignante coordinatrice Ulis), Bernard Corvaisier (professeur d’histoire-géographie), Erwan Desnos (professeur d’histoire-géographie-EMC), Annie di Martino (professeure d’histoire-géographie), Aline Dupont (conseillère pédagogique), Caroline Elissagaray (enseignante d’arts appliqués), Jean-Michel Faivre (inspecteur de l’Éducation nationale), Laurent Fillion (professeur d’histoire-géographie), Barbara Foucault (psychologue de l’Éducation nationale), Emmanuel Fritsch (parent d’élèves), Mathilde Gambrelle (professeure d’histoire-géographie), Aurélie Gascon (professeure d’allemand), Patricia Gerot (professeure des écoles), Vanessa Gisbert (professeure d’espagnol), Flavie Gloor (parent d’élèves), Sylvie Grau (professeure de mathématiques), Soizic Guérin-Cauet (professeure d’anglais), Séverine Guerre (directrice d’école), Aurélie Guillaume (professeure de français), Rachel Harent (professeure des écoles, coordinatrice REP), Barbara Hertzog-Malenfant (proviseure-adjointe), Willy Jeanguyot (conseiller d’orientation psychologue), Sylvie Jouan (formatrice en Éspé), Marie-Anne Leduby (directrice diocésaine adjointe), Gwenaël Le Guével (professeur en SEGPA), Sandrine Lemoine (principale adjointe), Jean-Charles Léon (professeur d’éducation musicale), Monica Levy-Kéloufi (professeure de mathématiques), Christian Lorinquer (formateur en Éspé), Aurélie Lucius (professeure des écoles), Fadi Makki (professeur d’EPS), Pierre-Louis Marret (professeur d’histoire-géographie), Anne-Sophie Martinez (professeur d’histoire-géographie), Emmanuel Maugard (professeur d’histoire-géographie), Sylvie Menet (professeure de mathématiques), Yannick Mével (formateur en Éspé), Jeanne-Claude Mori (professeure des écoles), Nathalie Noël (professeure d’espagnol), Thomas Pagotto (professeur des écoles), Émilie Pradel (professeure des écoles), Géraldine Pourrat (professeure des écoles), Patricia Quéré (professeure d’histoire-géographie), Alexandre Rayzal (professeur d’histoire-géographie), Fabienne Réquier (principale), Cathy Rigal (professeure de sciences de l’information), Mohamed Robert (professeur de sciences physique), Hélène Rochard (inspectrice du second degré), Catherine Rossignol (professeure d’histoire-géographie), Maeliss Rousseau (professeure des écoles maitres-formatrice), Matthieu Sabastia (professeur des écoles), Yasmina Saffar (parent d’élève), Sandrine Sirvent (professeure en SEGPA), Philippe Urbain (responsable associatif local), Guillaume Vaillant (professeur des écoles), Anne Valentin (enseignante spécialisée), Valérie Vilmain (enseignante spécialisée), Michèle Vinel (inspectrice second degré), Nadia Voillequin (professeure de français et formatrice).


A lire sur notre site, des comptes rendus de travaux du CNESCO :
« Nous restons dans un débat idéologique autour de l’école, et donc le plus souvent hystérique », entretien avec Nathalie Mons autour du rapport du CNESCO sur les inégalités à l’école

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