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Un séjour qui profite aussi aux enseignants

Yannick Bineau

Les professeurs en 6e savent que le passage de l’école primaire au collège représente une marche élevée pour bien des élèves, et leurs parents nous relaient ces difficultés. Pour favoriser leur adaptation à un nouveau fonctionnement, les enseignants de ce collège ont décidé d’organiser des séjours d’intégration.

Le séjour se déroule en collectivité, dans un lieu autre que le collège. Les professeurs principaux, quelques enseignants de la classe, des surveillants de la vie scolaire et l’infirmière encadrent deux journées et demie autour de différentes activités : randonnée découverte du milieu, visite de monuments et de musées, jonglage, jeux de société, veillée consacrée à la lecture ou au cinéma, activités autour de la santé, activités sportives.

Le partage de l’encadrement pour animer le séjour implique un travail d’équipe intense que l’on ne retrouve pas durant l’année, chacun étant accaparé par des responsabilités souvent cloisonnées. Le contexte particulier de ce séjour crée un cadre privilégié pour établir des liens plus approfondis avec les élèves, mais aussi entre adultes.

L’intensité liée à la vie en collectivité, le rythme des activités contribuent à créer un vécu partagé, bagage précieux pour le reste de l’année : quand les enseignants, les surveillants et l’infirmière ont pu repérer ensemble à l’occasion de ce séjour les difficultés d’un élève, dans ses relations avec les autres ou dans le respect des règles, la coordination nécessaire à son suivi les semaines suivantes se fera beaucoup plus facilement.

Ce séjour représente également une bonne base d’échange avec les parents dès le début de l’année. C’est un excellent déclencheur relationnel entre les enseignants et les parents pour se connaitre et discuter de leur enfant. Beaucoup de parents font preuve d’une réelle curiosité concernant le séjour avant et après son déroulement.

Pour le professeur principal que je suis, un tel séjour permet aussi de connaitre beaucoup plus vite les élèves et de prendre très tôt la mesure du groupe auquel on a affaire : anticiper les difficultés, percevoir aussi ce qui se joue sur le plan relationnel en dehors de la classe (une vue sur les « coulisses ») et qui a bien sûr un impact sur ce qui se passe en cours. Cela élargit mon regard, pour prendre en compte plus de paramètres. Une fois l’année scolaire lancée, je sais que je n’aurai plus guère d’occasions d’avoir un regard sur les relations entre les élèves en dehors des cours.

Signalons enfin, pour ce qui est des apprentissages, que ce séjour fait aussi l’objet d’une exploitation en classe dans plusieurs matières, ce qui inscrit sa valeur dans le déroulement de l’année scolaire bien au-delà de ces seules journées de la troisième semaine de septembre.

Yannick Bineau
Professeur d’anglais en collège à Parthenay (Deux-Sèvres)


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