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Actualité éducative du N°410 - janvier 2003

Travailler en synergie

Par J.-M. Steinbach, conseiller pédagogique, Strasbourg

Un conseiller pédagogique risque quelques propositions.

Il y a quelques années, pas si éloignées que cela, les écoles normales faisaient l’objet d’attaques. Former aux métiers de l’enseignement et de l’éducation est une tâche ardue et complexe (voire impossible ?). Elle le sera toujours.

Demander à des enseignants débutants d’être satisfaits d’un Institut qui les fait travailler, une année au moins, pour une hypothétique réussite à un concours auquel la majorité échoue au moins une fois, ne fait pas avancer le problème.

Pour juger d’une formation, le recul est forcément nécessaire. La première année n’est ni plus ni moins qu’une année de préparation à un concours : les stages dans les classes ne sont en effet pas validés.

Or, une première mesure consisterait à évaluer certaines compétences des étudiants devant les classes pendant les stages de première année et d’accorder des points supplémentaires au concours en cas de maîtrise déjà avérée devant des élèves (cela arrive assez souvent).

Articuler la théorie et la pratique

La seconde année est trop courte pour permettre aux professeurs des IUFM de faire le tour des éléments de didactiques à maîtriser et des attitudes pédagogiques à construire. Les référentiels des compétences attendues en fin d’année sont totalement irréalistes.

Il y a quelques années, pas si éloignées que cela, les écoles normales faisaient l’objet d’attaques. Former aux métiers de l’enseignement et de l’éducation est une tâche ardue et complexe (voire impossible ?). Elle le sera toujours.

Demander à des enseignants débutants d’être satisfaits d’un Institut qui les fait travailler, une année au moins, pour une hypothétique réussite à un concours auquel la majorité échoue au moins une fois, ne fait pas avancer le problème.

Pour juger d’une formation, le recul est forcément nécessaire. La première année n’est ni plus ni moins qu’une année de préparation à un concours : les stages dans les classes ne sont en effet pas validés.

Or, une première mesure consisterait à évaluer certaines compétences des étudiants devant les classes pendant les stages de première année et d’accorder des points supplémentaires au concours en cas de maîtrise déjà avérée devant des élèves (cela arrive assez souvent).

Articuler la théorie et la pratique

La seconde année est trop courte pour permettre aux professeurs des IUFM de faire le tour des éléments de didactiques à maîtriser et des attitudes pédagogiques à construire. Les référentiels des compétences attendues en fin d’année sont totalement irréalistes.

Si les universitaires ont leur place dans la formation des enseignants, encore faut-il que leur rôle soit placé dans le cadre d’une articulation forte avec des acteurs de terrain. Je ne crois pas à « la dictature » du terrain, je ne crois pas plus à la dictature de la « pensée universitaire ».

Une formation de bon niveau doit permettre « à ceux qui ont les mains dans le cambouis pédagogique » de prendre du recul et à l’universitaire de valider ses hypothèses, ses recherches sur le terrain.

En outre, il faut que les conseillers pédagogiques, maîtres formateurs, enseignants volontaires soient associés à la formation initiale qui fonctionne quand il y a travail commun.

Le public de l’IUFM est satisfait lorsqu’un intervenant de l’IUFM travaille avec un acteur du terrain : maître formateur, conseiller pédagogique, sur un projet de formation ou sur un sujet que le discours des uns et des autres permet de cerner.

Je connais des formateurs dans les IUFM qui mettent régulièrement leurs discours à l’épreuve du terrain en allant dans des classes, en suivant des projets formulés en cours.

Je connais aussi de nombreux formateurs de terrain qui intègrent les apports de la recherche pédagogique et universitaire dans leurs conseils ou dans leurs pratiques.

Il faut que tous les corps concernés par la formation des jeunes enseignants travaillent la main dans la main sans revendiquer une meilleure connaissance du sujet mais en mutualisant les regards et les visions du métier.

Pour conclure, je préconise, sur deux années, un apprentissage par alternance : des périodes d’un mois de travail dans une classe avec un tuteur ou en binôme, et de quinze jours d’analyse et d’apports théoriques ciblés à l’IUFM avec des intervenants venant de tous les horizons des métiers de l’enseignement.

J.-M. Steinbach, conseiller pédagogique, Strasbourg.