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Recension parue dans le N° 402 de mars 2002

Silence, on enseigne ! Visite guidée du collège à l’usage des parents

Christine Marcandier-Colard et Kamel Aït Bouali. Éditions La Découverte, cahiers libres, 2001

8 mars 2002


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Un ouvrage d’une grande honnêteté écrit par une enseignante et un conseiller d’éducation d’un collège ZEP, destiné à un grand public moins averti qu’on ne croit, qui parvient à rompre avec les habituelles descriptions apocalyptiques des établissements difficiles, au profit de constats parfois amers et désabusés, mais toujours réalistes et équilibrés. Quand on vit de l’intérieur les situations décrites dans ce livre, comme c’est mon cas, on retrouve bien le quotidien du collège et les nombreux dilemmes qu’il faut affronter : comment maintenir des exigences sans pour autant faire semblant de faire le programme, comment rester ferme et intolérant à l’intolérable et en même temps éviter les dramatisations excessives et les attitudes crispées complètement inopérantes, comment rester solidaires des collègues mais ne pas s’enfermer dans un corporatisme qui rend injuste vis-à-vis des élèves et complaisant vis-à-vis des enseignants qui ne font pas leur travail (« les mauvais profs »).

À travers une quinzaine de chapitres en forme de questions (« comment se constituent les classes ? », « à quoi servent les sanctions ? », « à quoi sert le brevet des collèges ? »), une bonne approche du monde plus complexe qu’il n’en a l’air des collèges dits de banlieue, avec une conclusion attendue sur l’exigence du travail d’équipe, puisque « dans les collèges ZEP, ce sont les actions collectives qui font leurs preuves... »

On pourra peut-être regretter que ne soient pas suffisamment mis en avant, à côté des difficultés de tous les jours, les petits bonheurs qui font aussi que certains enseignants mutés ailleurs regrettent ensuite ce collège où, certes, « ils en bavaient », mais qui leur procurait aussi de nombreuses satisfactions professionnelles plus ou moins conscientes. C’est bien à partir de ces petits bonheurs (projets avec des classes, convivialité entre collègues qui parfois « se serrent les coudes », liberté d’agir et d’imaginer non négligeable) qu’on peut bâtir des « effets-établissements »positifs et retrouver du sens au métier.

Jean-Michel Zakhartchouk


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