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Revue du jeudi 18 décembre 2014

Cartes et moyens — Evaluation — Enseignement supérieur — Lobbying — Formation professionnelle — Ressources


Dans l’actualité, la carte de l’éducation prioritaire et l’évaluation agitent les esprits. Quelques nouvelles du côté de l’enseignement supérieur avec l’idée d’une poursuite du bac pro. Le thème de la formation professionnelle est aussi présent avec notamment le temps de l’apprentissage qui rentrerait dans le calcul de la retraite. Un zeste de lobbying et quelques ressources pour terminer cette avant-dernière revue de l’année 2014.


Cartes et moyens

Une nouvelle répartition des moyens dès la rentrée 2015. “Le 17 décembre, N. Vallaud-Belkacem a présenté ses deux réformes, la nouvelle carte de l’éducation prioritaire et la nouvelle répartition des moyens dans les académies, sous un même objectif : faire reculer les inégalités sociales à l’Ecole.

Et sur le terrain, et les média s’en font l’écho, la contestation de cette nouvelle répartition se poursuit. Inutile de vous répéter encore les mêmes articles.


Evaluation

Le Café pédagogique donne la parole à Pierre Merle : L’échelle de notation des élèves : un faux problème ?. Il répond ainsi aux propos tenus par Étienne Klein, le président du jury lors de la clôture de la conférence sur l’évaluation des élèves. “Pour ces raisons, l’échelle des notes est tout le contraire d’un « faux problème » et le président de la Conférence nationale sur l’évaluation des élèves n’a pas été interrogé continûment sur cette question sans raison. Pour reprendre l’expression de Garfinkel, les acteurs ne sont pas des « idiots culturels ». La crispation autour de l’échelle des notes est révélatrice des enjeux de classement et de distinction produits par l’école, spécifiquement par les pratiques actuelles de notation au centre de la compétition scolaire.
Reste l’essentiel : un problème n’a jamais été résolu en niant son existence. Qu’importe le cheminement de la pensée et les erreurs inévitables à toutes réflexions en construction, l’intérêt du plus grand nombre, celui des élèves et des citoyens, est de refuser l’immobilisme dans lequel s’enfonce année après année l’école française. Les façons d’agir sont multiples. La transformation des pratiques d’évaluation des élèves constitue une piste de réflexion incontournable, nécessaire pour réduire l’échec scolaire et cet immense gâchis économique et humain constitué par ce flux continu et considérable d’élèves sortant de l’école scolaire sans diplôme.
” Surprenant et très rare cette citation d’Harold Garfinkel le chef de fil des ethnométhodologues.
Pour préparer son émission de ce soir, le JDD fait un sondage, un peu simpliste : Etes-vous favorable au changement du mode d’évaluation des élèves ? mais fait également une présentation tout de même de la problématique. Les invités sont : Camille Bedin, conseillère municipale UMP à Nanterre, auteur de Pourquoi les banlieues sont de droite. Yves Durand, député PS du Nord. François Durpaire, maître de conférences en sciences de l’éducation à l’Université de Cergy-Pontoise. Auteur de La fin de l’école, avec Béatrice Mabilon-Bonfils.

Les portraits du jeudi, par Monique Royer : L’évaluation au prisme des dys : Lætitia Branciard.
Dans la prise en compte des troubles dys, la question de l’évaluation s’inscrit souvent comme un point central. Pourtant, dans les débats actuels sur l’évaluation, on entend peu de voix sur le sujet. Rencontre avec une ingénieure de recherche qui partage en formation comme dans ses recherches l’idée que l’école inclusive est une voie de progrès pédagogique, y compris le jour des épreuves.

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dessin de Stéphane de Crest

Et j’ai oublié hier de vous signaler Thème d’actualité : l’évaluation : L’évaluation vue par le CRAP-Cahiers pédagogiques, Publications, ouvrages, articles. “L’évaluation a toujours été un sujet de réflexion pour le CRAP-Cahiers pédagogiques, dans une recherche de modalités d’évaluation éclairant les apprentissages des élèves, favorisant la persévérance devant les difficultés, montrant et encourageant les progrès. Voici regroupés dans cet article différentes publications, traces de cette réflexion sur l’évaluation.


Enseignement supérieur

Marie-Christine Corbier sur les Echos annonce : Enseignement supérieur : Fioraso veut créer une nouvelle filière pour les bacs pros. " Selon la lettre de mission adressée à Christian Lerminiaux, cette nouvelle filière professionnelle post-bac doit offrir « un parcours spécifique et adapté aux bacs pros, leur permettant d’accéder à un diplôme de niveau III puis, le cas échéant, à une licence professionnelle suivie, dans certains cas, d’une formation plus longue, grâce à des passerelles vers des masters ou des écoles d’ingénieurs ». « Tous les types d’établissements » sont concernés, et donc pas seulement les universités. La nouvelle voie a déjà un nom : elle pourrait s’appeler « Section professionnelle supérieure » et déboucher sur un « Brevet professionnel supérieur », par analogie avec les STS et le BTS.

Le tout doit se faire « à partir des besoins exprimés par les milieux professionnels », insiste Geneviève Fioraso. Pour répondre à des besoins en qualifications professionnelles nouvelles « non satisfaits ». A terme, selon la secrétaire d’Etat, il faut toutefois « juguler la hausse des bacs pros ». « Si on a dégagé 60.000 postes, c’est bien pour faire en sorte que davantage de jeunes aillent vers un bac général. Même si le bac pro est un bac à part entière. » Une tonalité différente de celle qu’on entendait, en juin, au ministère lorsque, après les résultats du bac , on notait « le dynamisme exceptionnel et essentiel du bac pro »."

Sur Educpros, Marie-Caroline Missir nous annonce que Schneider Electric se rapproche de l’enseignement supérieur. “Avec la transition énergétique, Schneider Electric est confronté à une évolution de ses métiers. Pour y faire face, l’entreprise a signé cet automne un accord-cadre de coopération avec le secrétariat d’Etat à l’Enseignement supérieur et la Recherche. Insertion des docteurs, développement de l’apprentissage… Retour sur ce rapprochement avec Gilles Vermot Desroches, directeur développement durable de l’entreprise.
Et Olivier Rollot sur son blog du Monde interview Bernard Belletante, directeur général de l’EMLYON qui déclare : « L’éducation doit passer de l’ORTF à Netflix » : “Le digital est un outil formidable de transfert de notre savoir-faire. Nous allons restructurer digitalement nos cours et dégager ainsi du temps et de l’espace. Nous allons densifier les formations en gagnant du temps sur la diffusion du savoir de base qui sera accessible via des supports digitaux. Mais nous allons être aussi bien plus que des fabricants de MOOCs. Fabriquer des MOOCs ce n’est pas plus notre métier que ce n’était hier celui de fabriquer des livres. Il n’y a pas de mal à aller chercher des compétences ailleurs si ce sont les meilleures : c’est même notre métier de savoir assembler.
Aujourd’hui nos apprenants s’approprient de plus en plus leur rythme de travail et la linéarité des diplômes disparaît peu à peu au profit d’une éducation par les flux où chacun peut construire sa compétence et sa différence. L’éducation doit passer de l’ORTF à Netflix. Nous ne devons plus seulement diffuser du savoir mais construire de manière non linéaire et multidimensionnelle des compétences. C’est une complète révolution !


Lobbying

Un enseignement « moral et laïc » en France à la rentrée 2015. “Les jeunes Français verront bientôt apparaître une nouvelle matière dans leur emploi du temps. La ministre de l’Education nationale Najat Vallaud-Belkacem a annoncé qu’« un enseignement moral et laïc » ferait son apparition « à la rentrée 2015 ». C’est la concrétisation d’une annonce faite par Vincent Peillon en septembre 2012. Cet enseignement concernera tous les élèves, du cours primaire à la terminale, et aura vocation à forger en eux un jugement citoyen libre et éclairé.
Rita Hermon-Belot est directrice du Centre d’Etudes interdisciplinaires des Faits religieux à Paris, et spécialiste de la question de la laïcité en France. Selon elle, il y a urgence à former les enseignants eux-mêmes sur cette notion complexe avant de leur demander de la transmettre à des élèves. Elle est interrogée par Fanny Cheyrou :
” On pourra lire l’entretien.

« L’informatique est au coeur des activités numériques essentielles pour le pays »
Jean-Pierre Archambault, président de l’association Enseignement Public et Informatique, réagit à l’interview de Colin de La Higuera, président de la Société Informatique de France .


Formation professionnelle

Une petite révolution dans le domaine de l’apprentissage est signalée par quelques média. Bien que l’apprentissage soit un contrat de travail, il y avait quelques problèmes concernant le calcul de la retraite.[
L’Humanité l’annonce : Retraite L’apprentissage pris en compte dans le calcul des pensions. “Le décret relatif à la prise en compte des périodes d’apprentissage pour la validation des droits à la retraite est sorti hier au Journal officiel.
Cette mesure est rétroactive, l’Express l’explique dans son article : Les apprentis ne seront plus désavantagés pour leur retraite.
Apprentissage : tous les trimestres pris en compte pour la retraite.

Quelques explications sont donné sur La mise en place du service public régional de l’orientation des Pays de la Loire.

Première réunion d’experts en vue du troisième Rapport mondial sur l’apprentissage et l’éducation des adultes. “Le prochain Rapport mondial sur l’apprentissage et l’éducation des adultes (GRALE III), dont la publication est programmée pour début 2016, est d’ores et déjà en préparation. Il présentera un recensement des avancées dans l’application du Cadre d’action de Belém et sera axé sur les bienfaits de l’apprentissage des adultes pour la santé et le bien-être, la société et la communauté, l’emploi et le marché du travail.


Ressources

Le document de l’IFE, rédigé par Marie Gaussel, et signalé hier dans notre revue de presse est présenté dans cet article : Les sciences de l’éducation : un savoir scientifique ? Merci à Victor de Sepausy d’en avoir fait cette présentation.

L’orientation au regard des origines sociales

Nina Guyon et Elise Huillery publient un rapport réalisé par Sciences Po sur les biais sociaux dans l’orientation. Elles concluent au fait que " pour les élèves faibles, l’origine sociale modifie l’arbitrage entre voie professionnelle et CAP d’une part, et redoublement et sortie du public ou privé sous contrat d’autre part. Les élèves d’origine favorisée évitent la voie professionnelle et le CAP plus que ne le font les élèves d’origine modeste." Le rapport souligne aussi que Les préférences pour les études supérieures sont également différenciées selon l’origine sociale à niveau égal. Par rapport aux élèves d’origine favorisée de même niveau scolaire, les élèves d’origine modeste ont une probabilité 17% plus importante de ne pas donner de préférence et 20% plus importante de préférer ne pas faire d’études supérieures. Inversement, ils ont une probabilité 37% plus faible de préférer des études supérieures de 3 ans et plus.

Le rapport lui-même. Choix d’orientation et origine sociale : mesurer et comprendre l’autocensure scolaire.

Et demain, Mila Saint Anne vous proposera la dernière revue 2014.
Je vous souhaite de belles fêtes et un bon début d’année 2015.

Bernard Desclaux


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

N° 513 Quelle éducation laïque à la morale ?
Coordonné par Élisabeth Bussienne et Michel Tozzi
mai 2014
Que s’agit-il d’enseigner, pour ce qui ne peut se réduire à une discipline scolaire ? Dans quel objectif, entre pacification des relations et formation du jugement moral ? Qui pour le faire, dans quel cadre ? Bien des questions, et ce dossier ose dès maintenant des réponses, dans la conviction que nous touchons là à un rôle fondamental de l’école.

N° 499 Quelle éducation prioritaire ?
Coordonné par François-Régis Guillaume, Françoise Lorcerie et Philippe Pradel, septembre-octobre 2012
septembre 2012
Où va l’éducation prioritaire, après les dispositifs « Ambition réussite », puis « Éclair » ? Quelles évolutions des pratiques professionnelles, dans la classe, dans l’établissement, dans le réseau ? De ces établissements trop souvent lieux de relégation sociale et scolaire, peut-on faire des laboratoires pédagogiques pour une véritable école commune ?

Illustration de couverture : Armel Toucour
Illustrations intérieures : Laurent Bru