Accueil > L’actualité vue par le CRAP > Les revues de presse > Revue de presse mercredi 09 octobre


JPEG - 26.3 ko

Revue de presse mercredi 09 octobre

Sciences à l’honneur - Malala la Pakistanaise - Point sur les réformes

Les sciences et les stéréotypes, l’éducation des filles au Pakistan, et puis aussi les réformes en France... Bonne lecture !

Fête de la science !

JPEG - 100.2 ko
Le dessin de Fabien Crégut

On en parle un peu partout sur le web, c’est aujourd’hui le 22e lancement de la fête de la science dont on découvre le programme sur le site de l’Académie de Paris Les principaux thèmes retenus cette année : "L’eau dans tous ses états" mais également "De l’infiniment grand à l’infiniment petit". Tout un programme décliné en région parisienne dans un premier temps puis au niveau national dans un second temps, comme en témoigne cet exemple de la ville de Foix qui durant quatre jours va se laisser vivre au rythme des sciences, une initiative à découvrir sur la Dépêche du jour. Durée des festivités officielles : du 9 au 18 octobre, ce qui n’empêche en rien de prolonger le plaisir sur l’année et au-delà ! C’est donc Geneviève Fioraso, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche qui lance aujourd’hui cette 22e édition. A cette occasion on apprend par un communiqué du Ministère que « plus de 3 000 événements gratuits dans toute la France, portes ouvertes de laboratoires, expériences, conférences, spectacles, permettent de diffuser et faire partager au plus grand nombre, et notamment aux jeunes, la culture scientifique. » Madame Fioraso profite de l’événement pour lancer un appel à la vigilance. En effet, la présence des filles dans les filières scientifiques et technologiques est encore trop peu visible. La fête de la science serait donc, selon la Ministre « une formidable occasion de redonner ce goût des sciences et de susciter des vocations. » Mesdames et mesdemoiselles, cet appel vous est destiné ! Sur le site du Café pédagogique, la Présidente de l’association Femmes et sciences Nathalie Van De Wiele, explique cette faible représentation féminine par « le poids des stéréotypes qui fait que bien souvent les jeunes filles n’embrassent pas des études scientifiques car on leur dit que ce n’est pas pour elles. » C’est également l’avis de Claudine Schmuck, spé­cia­li­sée dans ces domaines, comme l’indique l’e-mag VousNouIls « Aux hommes les filières dites +pro­mé­théennes+ (indus­trie et pro­duc­tion), aux filles celle du +look+, et du +care+, » explique-t-elle.


Malala, la Magnifique

Malala, c’est cette fillette pakistanaise, qui, à l’age de 10 ans a vu son monde et son école sombrer aux mains des Talibans et qui depuis, est devenue cette incroyable jeune fille de 16 ans au sourire et à la voix enfantine mais aux propos d’une maturité et d’une lucidité hors du commun. Haut et fort, bravant les interdits, les menaces des terroristes et le poids des traditions elle n’a de cesse depuis six ans, de porter la voix des millions de fillettes privées d’éducation et d’avenir. Après la tentative d’assassinat dont elle a été l’objet, ce matin, c’est sur France Inter qu’on a pu l’entendre dans l’émission Service Public de Guillaume Erner que je vous recommande très vivement d’écouter et de diffuser. « Oui, un jour, si Dieu le veut, je retournerai au Pakistan, mais pas tout de suite, quand je serai suffisamment instruite et donc plus forte, alors oui, je reviendrai chez moi. » Malala, surtout ne lâche rien !


Du côté des réformes en France

Ça flanche par ici, ça se met en place par là. Difficile d’y voir très clair sur cette question de la mise en oeuvre de la semaine de 4 jours et demi à l’école. Est-ce là l’incontournable fruit de l’expérimentation, ou bien le produit d’un manque de planification en amont ? C’est un peu la question que chacun se pose. Un mois et demi après la mise en place de la réforme des rythmes scolaires, il ne serait sans doute pas très sérieux ni politiquement correct de faire marche arrière ; néanmoins, si Vincent Peillon veut aller au bout de cette réforme et en sortir victorieux, il lui faudra certainement tenir compte des remontées, des appels à l’aide et des besoins spécifiques des différents territoires. Fermeté et engagement politiques ne font pas souvent bon ménage avec sourde oreille... Du côté des encouragements le Ministre peut compter sur cette lettre ouverte parue ce matin sur le site du HuffPost « Tenez bon monsieur Peillon ! Cette réforme est à la fois nécessaire, fondée et bénéfique pour nos enfants. » Du côté des appels à la vigilance on pourra lire l’article de Pierre Frackowiak, ami critique qui signe un billet titré Comment sauver la refondation ? L’Inspecteur honoraire de l’Education nationale s’insurge : « Ceux qui contestent, discutent, proposent sont désormais accusés de faire le jeu de l’opposition, et leur avis est ignoré, considéré comme inamical. Comment a-t-on pu en arriver là ? Est-il encore possible de sauver la refondation ? » Chacun l’espère, d’une manière ou d’une autre ! Telle est la très complexe situation, chacun l’espère, mais à sa façon...
Demain, jeudi 10/10 (un signe ?) Vincent Peillon annonce officiellement la création du Conseil Supérieur des Programmes, « fait historiquement inédit » comme le souligne l’historien Claude Lelièvre sur son blog. Ce CSP aura la triple charge de redéfinir les contenus d’enseignement, penser la question des évaluations et envisager la formation initiale et continue des personnels de l’éducation. Selon l’historien,« on est bien à un tournant possible, aux enjeux majeurs, puisqu’il y va de l’axe central de la refondation. On en verra la possibilité à l’usage. L’histoire, comme on dit, tranchera. Mais elle est peut-être en train de se faire. » Sur le même sujet, on pourra lire l’article de Véronique Poutoux, qui rappelle que sur cette question des contenus, il serait bon de garder en mémoire quelques axes de réflexion tels que les ont définis Edgar Morin mais aussi Albert Jacquard, récemment disparu. « Oui, dit-elle, il est urgent de se demander quelle école nous voulons ? Quels savoirs faut-il enseigner ? Quels enseignants nous voulons former ?  » et d’ajouter « Nous est-il possible de stopper nos hésitations, nos corporatismes, nos idéologies qui maintiennent l’école du 19e siècle et d’œuvrer à une école digne de l’univers du 21e siècle porteur de tant de défis passionnants pour l’intelligence collective et la poursuite du développement de l’humain ? »

C’est sur ces mots portés vers l’avenir que cette revue du jour arrive à son terme, en attendant de retrouver demain, votre fidèle serviteur du jeudi, Bernard Desclaux !

Ostiane Mathon