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Revue de presse du vendredi 9 septembre 2016

Illettrisme - Niveau d’attention - Un cas d’école -


Illettrisme

Dans Le Parisien ce matin un article d’Aurélie Foulon et Christel Brigaudeau sur ce terrible fléau humain qu’est l’illettrisme. « Le mot est tout récent, c’est un néologisme créé en 1981 par ATD Quart-Monde afin de désigner “les personnes qui, après avoir été scolarisées en France, n’ont pas acquis une maîtrise suffisante de la lecture, de l’écriture, du calcul, des compétences de base, pour être autonomes dans les situations simples de la vie courante”, décrit l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme. Selon ses statistiques, basées sur une mesure réalisée par l’Insee en 2012, 7 % des 18-65 ans, en France, sont illettrés. Soit 2,5 millions de personnes. »
Parmi ces personnes en souffrance, « près de 10 % (9,9 %) font preuve “d’une compréhension de lecture très faible, voire inexistante”. On peut alors parler de véritable handicap ; handicap qui s’aligne sur les courbes de la pauvreté : “plus l’indice de revenus est bas, plus celui de l’éducation est faible”, et sur le niveau de formation initial. Ils sont ainsi 42,7 % à éprouver de graves difficultés de lecture parmi ceux qui n’ont pas dépassé le collège, 26,4 % parmi ceux qui ont un niveau CAP ou BEP. » Autres constats : d’une part les garçons sont les plus touchés même si « ces différences de résultats entre les deux sexes s’estompent à mesure que les années d’études s’accumulent. » D’autre part, plus de 45% des personnes touchées ont plus de 45 ans, ce qui permet de relativiser quant à la sempiternelle ritournelle du « C’était mieux avant ». Enfin, l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme (ANLCI) démontre qu’« à partir du niveau bac, l’école semble avoir gommé ces écarts. » Permettre au plus grand nombre d’accéder à ce niveau de formation ne semble donc ni inutile, ni un vœu pieux.
Sur le même thème on pourra se rendre sur le site de l’UNESCO pour y découvrir le « lancement de l’Alliance mondiale pour l’alphabétisation associée à l’apprentissage tout au long de la vie. »


Niveau d’attention chez les élèves

Dans Le Monde Campus, une interview par Martine Jacot de Pierre Dillenbourg, ancien instituteur au parcours atypique. Après les bancs de la classe,«  il rejoint l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) en 2002. Il y pilote deux entités : le Centre pour l’éducation à l’ère numérique et le Computer-Human Interaction in Learning and Instruction (Chili) Lab ». Outre son travail sur le développement des MOOC (Massive Online Open Courses), il se consacre aujourd’hui à la réalité augmentée et à la place des robots dans l’apprentissage. « Nous utilisons aussi des robots pour des enfants qui ont des difficultés à écrire et sont en échec scolaire. C’est l’enfant qui apprend à écrire au petit humanoïde, il le corrige encore et encore et progresse, en se sentant valorisé. On réalise des prototypes, on les teste dans les écoles primaires, on les analyse, on les améliore. L’idée plus générale est d’apprendre en enseignant : quand on doit préparer un copain à passer un examen, on apprend davantage que si on le travaillait seul. » Mais ses recherches appliquées à l’éducation ne s’arrêtent pas là.
« Une autre expérimentation consiste à mesurer en temps réel le niveau d’attention des élèves en les filmant dans la classe avec deux caméras. Tous les professeurs perdent à un ­moment donné l’attention de leur auditoire. » L’idée : développer une application numérique permettant d’accompagner les professeurs dans la prise de conscience du décrochage de leurs élèves. « On peut envisager d’envoyer une alerte à ce professeur sur son smartphone pour l’informer qu’il n’a plus que 10 % d’étudiants attentifs à son cours. »
Sur ce sujet de l’attention, à noter également cet article paru au Digital Society Forum et qui reprend les résultats d’un sondage sur l’attention à l’heure du numérique. Dans cet entretien avec Serge Tisseron, psychiatre, membre de l’Académie des technologies et docteur en psychologie, il est question du lien entre perte d’attention et arrivée du numérique. Sans pour autant totémiser l’appareillage numérique, le spécialiste démonte quelques idées reçues sur ce sujet et termine sur ces mots : « Il y a la croyance que l’outil serait la cause de la baisse d’attention. Mais les problèmes de concentration à l’école ont toujours existé. La différence est que, dans le passé, un élève qui s’ennuyait à l’école n’avait guère d’autre solution que de regarder par la fenêtre, de rêvasser ou de gribouiller sur son cahier. Aujourd’hui, il sort son téléphone mobile et cela est vécu comme une provocation. »


Une rentrée pas comme les autres

C’est l’histoire de la petite école communale de Deviat située en Charente. Faute d’élèves en nombre suffisant, il y deux ans, elle ferme ses portes. Et pour un petit village, une école qui ferme, c’est terrible, c’est un peu comme si la vie s’en allait. C’était sans doute sans compter la poignée d’irréductibles villageois, bien décidés qu’il en serait autrement... En effet, comme en témoigne ce reportage filmé par France3 Région depuis la rentrée, le lieu « revit sous l’impulsion de parents d’élèves qui ont créé une école d’inspiration Montessori, une méthode d’enseignement alternative, privilégiant le rythme des enfants. Les parents assurent eux-mêmes les cours dans les deux classes de cette école. Certains élèves étaient auparavant scolarisés chez eux, d’autres en école traditionnelle. Les services de l’inspection d’académie de Charente assurent un suivi pédagogique de l’enseignement que reçoivent les enfants accueillis dans cette école pas comme les autres. » Pour en savoir plus sur la pédagogie de Maria Montessori, on pourra se référer à l’émission radiophonique de France Culture diffusée hier sur les ondes. « “L’enfant est un roi en marche vers l’aurore” disait-elle régulièrement, se référant à l’épiphanie de L’Évangile selon Matthieu. C’est sous le signe de cette épiphanie qu’elle ouvrit, le 6 janvier 1907, sa première école pour des enfants dits “normaux” dans le quartier de San Lorenzo à Rome. Au cours de cette expérience, elle découvre toute l’importance du libre-choix, et placera ensuite ce principe au cœur de son enseignement. »


Et pour finir, en vrac

« Éducation et scolarité ne vont pas forcément de pair » sur le blog de l’Express Styles

« Éducation : Faut-il dépenser moins ? » sur le site du Café pédagogique

« Unesco : Il faut accélérer les progrès en éducation » par François Jarraud

« Un lycée danois compose ses classes par ethnies » à lire sur Le Figaro

« Un partenariat signé entre Microsoft et l’Éducation nationale devant la justice » par le journal Le Monde

« Développer le métier de professionnel de l’orientation » sur le site de l’Actualité de la formation

Et enfin, le BOEN paru hier « Programme de travail pour l’année scolaire et universitaire 2016-2017 » à lire sur le site Education.gouv

Voilà qui termine cette semaine de rentrée, il ne me reste qu’à vous souhaiter un excellent week-end à venir.

Ostiane Mathon


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

N° 525 - Pédagogie : des utopies à la réalité

Coordonné par Cécile Blanchard et Yannick Mével
décembre 2015
Qu’est-ce qui fait qu’un enseignant, un éducateur, sort des sentiers battus et s’avance sur les chemins de l’expérimentation et de l’innovation ? Qu’est-ce qui le met, l’a mis en mouvement ? Quels sont les utopies, les projets, les rêves, les modèles peut-être qui font entrer dans un collectif, un mouvement pédagogique ?

N° 524 - Le pari du collectif

Coordonné par Nicole Priou
novembre 2015
C’est une évidence, nous travaillons tous en équipe : dans l’établissement, autour d’une classe, pour un projet, sur un cas particulier d’élève… Hors du collectif, point de salut ! Est-ce si sûr ?