Accueil > L’actualité vue par le CRAP > Les revues de presse > Revue de presse du vendredi 7 mars 2014


JPEG - 26.3 ko

Revue de presse du vendredi 7 mars 2014

Terra Nova, Terra incognita — Le numérique — L’orientation


La presse se fait l’écho du rapport de Terra Nova. Ce sera l’essentiel de cette revue de presse. Mais vous trouverez également quelques infos sur le numérique et ... l’orientation ;).


Terra Nova, terra incognita

Suite à la publication du rapport du Think-tank Terra Nova hier Pour une école commune, du cours préparatoire à la troisième (Par Jean-Pierre Obin, Claire Krepper, Caroline Veltcheff, Gilles Langlois, Roger-François Gauthier, Julien Maraval, Jean-Michel Zakhartchouk ) et signalé par Ostiane Mathon dans la revue d’hier, le Café pédagogique titre ce matin : Terra Nova choisit l’école du socle, et explique que “Les réformistes ont leur plateforme. Et il n’est pas indifférent qu’elle soit publiée par Terra Nova, un think tank proche du parti socialiste, au moment où le remaniement ministériel approche. Ce texte recommande la fusion des corps de professeurs des écoles et de certifiés et la création d’une "école commune" regroupant école primaire et collège. Une formule qui rappelle "l’école du socle" que les auteurs soutiennent avec une argumentation vigoureuse au nom de la démocratisation du système éducatif.” Il poursuit avec un papier signé par François Jarraud :Terra Nova : Une provocation pour le Snes. “Pour le Snes, la position des auteurs du rapport est faussement démocratique. "ce qui nous oppose c’est bien la position du collège. Pour nous on est dans l’idée d’un enseignement obligatoire jusqu’à 18 ans. Eux ils voient le collège comme la fin de la scolarité obligatoire. Or pour lutter contre l’échec scolaire il faut déjà se fixer un horizon, celui qui va de l’école au lycée". Pour le Snes c’est bien la terminale qui est le but de l’éducation. C’est justement cette position que conteste les auteurs de l’étude de Terra Nova.

Le Figaro reprend bien sûr : Terra Nova critique la trop puissante influence du principal syndicat de professeurs, mais reprend également une autre remarque avancée par le rapport : “Terra Nova estime par ailleurs le coût de l’échec scolaire à environ 24 milliards d’euros par an. L’évaluation prend en compte l’impact fiscal et budgétaire de l’échec scolaire. A ce titre le Think tank estime « critiquable » le choix fait par le gouvernement « de consacrer près de la moitié des 50.000 postes créés sur cinq ans au statut de fonctionnaire stagiaire pour les étudiants de seconde année de master » car « sans efficacité sur l’amélioration de notre système éducatif » ce choix « réduit considérablement » des marges de manœuvre budgétaires que Terra Nova aimerait voir utilisées pour la formation continue qui « concerne potentiellement plus de 700.000 enseignants ».
Challenges choisit de titrer sur ce thème : L’échec scolaire coûte au moins 24 milliards d’euros par an tout en faisant un résumé du rapport et en reprenant les critiques développés contre le SNES.

Louise Tourret sur Slate.fr rappelle que L’école du socle, un idée ancienne relancée par Terra Nova. Elle conclu son papier ainsi : “Nous avons 381.902 profs du secondaire qui sont d’abord enseignants d’une discipline. Elle est constitutive de leur identité professionnelle. Il faut lire pour les croire les invectives que peuvent se lancer enseignants du primaire et du secondaire quant à leurs compétences pédagogiques pour comprendre à quel point les conceptions du métier peuvent différer entre ces deux niveaux d’enseignement. La préconisation du rapport de « fusionner le corps de professeur des écoles (instituteurs) et celui de professeur certifié (titulaire du Capes) » a du chemin à faire dans les esprits !
Marie-Christine Corbier dans les Echos titre : Terra nova doute de l’intérêt des 60 000 postes. “Ce sont deux petites phrases, glissées dans une étude de 26 pages, et potentiellement explosives car elles s’attaquent à la promesse-phare du candidat Hollande durant la campagne présidentielle. A l’heure où le gouvernement cherche 50 milliards d’euros d’économies et où la question d’aller au bout de la création des 60.000 postes dans l’éducation reste posée au plus haut niveau de l’Etat, le think tank Terra Nova, réputé proche du PS, affirme, en substance, qu’il y a mieux à faire que de créer des postes pour réduire l’échec scolaire en France. « Le choix de consacrer près de la moitié des 50.000 postes [54.000 relèvent du seul ministère de l’Education nationale, NDLR] créés sur cinq ans au statut de fonctionnaire stagiaire pour les étudiants de seconde année de master est critiquable », écrit Terra Nova dans une note publiée ce jeudi et intitulée « Pour une école commune, du cours préparatoire à la troisième : un pas supplémentaire vers la démocratisation (1) ». «  Sans efficacité sur l’amélioration de notre système éducatif, [ce choix] réduit considérablement les marges de manoeuvre budgétaires, alors que la formation continue, aujourd’hui réduite à peau de chagrin, concerne potentiellement plus de 700.000 enseignants », écrivent les auteurs de l’étude. Il faut «  utiliser ces moyens pour financer le plan de formation continue et des dispositifs pédagogiques dans les écoles et les établissements », confie aux « Echos » Claire Krepper, membre du syndicat SE-UNSA, qui a contribué à l’étude..

Et pendant ce temps, L’enseignement catholique veut repenser le collège. “Le secrétariat général de l’enseignement catholique a présenté jeudi 6 mars un livre collectif intitulé « Un nouveau souffle pour le collège ».” Parmi les réformes encouragées : “améliorer la formation initiale et continue de sorte « que les enseignants soient mieux outillés au plan pédagogique » et puissent « varier les modes d’apprentissage (différenciation pédagogique, intelligences multiples) ». Il faut également poursuivre ce travail de formation dans le champ éducatif au sens large pour que les professeurs soient mieux à même d’accompagner le passage de l’enfance à l’adolescence.
L’enseignement catholique suggère aussi à ses ensembles scolaires de « vivre autrement » le dernier cycle de l’école primaire, qui désormais intègre la 6e, et de faire de la classe de 3e une « propédeutique au lycée ».


Le numérique

Dans Les ressources pour apprendre, de l’enseignant à l’élève, “Bruno Devauchelle, enseignant chercheur à Poitiers (UFR Lettres langues, département Ingénierie des Médias pour l’Education) au labo de recherche de Techné se livre à une réflexion en quatre épisodes sur « Numérique & éducation, entre consommation et création », thème retenu pour l’édition 2014 de LUDOVIA, Université d’été du numérique éducatif qui aura lieu à Ax-les-Thermes du 25 au 28 août. Dans ce premier volet, il tente de faire le portrait des ressources actuelles pour enseignants et élèves, dont la variété et la diversité posent, d’après lui, une problématique de « cadrage », et de « non-contrôle » et, de ce fait, une possible remise en cause du fonctionnement scolaire.” La conclusion de cette première réflexion à suivre : “La mutation des ressources utilisées dans l’enseignement est le premier signe d’une évolution importante du système scolaire. L’apparition de classes inversées ou de cours en ligne gratuits et massifs (CLOM ou MOOC) viennent s’ajouter à ce phénomène.
Ainsi, lorsque l’on recherche dans une discipline les ressources numériques accessibles, on est étonné d’en voir la variété mais surtout le nombre ; à tel point qu’il est très difficile de se tenir à jour et surtout de distinguer, dans ces sources, ce qui est vraiment pertinent.
Ce qui guette les enseignants c’est la surdose de ressources.
D’ailleurs le maintien du recours au manuel scolaire peut être lu comme le signe du besoin de ressources limitées et cohérentes, tout comme l’attente des enseignants vis à vis des inspections dont ils demandent un cadrage plus important et surtout un guidage ; ce à quoi certains répondent par des sites disciplinaires académiques très riches et variés.
En conclusion, Bruno Devauchelle attire notre attention sur le fait que l’enseignement va être totalement dépendant de « la façon dont l’enseignant utilise les ressources, la façon dont il les amène et la façon dont il les fait chercher par les élèves ou pas » et qui constituent ses choix pédagogiques.”

Pendant ce temps au Québec, Les copies numériques pour l’éducation des jeunes québecois. La nouvelle entente entre COPIBEC et MELS “comprend la reproduction, et plus précisément la reproduction numérique des livres dans le cadre de l’enseignement."


L’orientation

Marie-Anne Nourry sur Educpros “A l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, ce samedi 8 mars 2014, EducPros vous propose un tour d’horizon de la question de l’égalité femmes-hommes en matière d’orientation, de formation et d’insertion professionnelle.” Orientation, formation, emploi : où en est l’égalité femmes-hommes ?

Geneviève Fioraso (Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche) publie une tribune dans Le Monde intitulée : Notre pays ne doit plus se priver de la moitié de ses talents !elle y rappelle que “Les chiffres en matière d’orientation et de parcours professionnels sont accablants” pour les filles”. “A cette discrimination dans l’orientation initiale s’ajoute celle du plafond de verre dans la vie professionnelle.” Et elle poursuit : “La réforme de l’orientation en cours encourage l’intervention de professionnels dans les lycées, la présentation des métiers dès les années lycées, pour permettre aux jeunes filles de se projeter dans les métiers scientifiques et les filières professionnelles et technologiques, dont elles sont trop absentes. L’industrie a changé. Alors que le numérique, par exemple, s’appuie sur de nouveaux usages, comment imaginer que les solutions et services proposés ne soient conçus, imaginés, mis en place que par la moitié masculine de l’humanité ?

l’Agence régionale de la formation tout au long de la vie Poitou-Charente ARFTLV publie un dossier général sur la présentation de la Loi Sapin : une loi sur le financement de la qualification et des savoirs de base.
et l’on trouvera des précisions sur la Gouvernance des politiques de formation et d’orientation.

Aller, encore une semaine de vacances pour vos rédacteurs de la revue. Donc la semaine prochaine ce sera encore "aléatoire".

Bernard Desclaux

JPEG - 20.3 ko

Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Réussir l’école du socle - En faisant dialoguer et coopérer les disciplines
Ouvrage - 2013
Francis Blanquart, Céline Walkowiak - ESF, 2013
Organisé de manière très concrète autour des pratiques scolaires de classe au collège et en 2de de lycée, cet ouvrage s’attache à tous les aspects de la pédagogie ouverte et innovante nécessaire à la réussite de « l’école du socle commun ».

N° 500 Apprendre au XXIe sièclen
Coordonné par Patrice Bride et Nicole Priou
octobre 2012
Apprendre est difficile, un peu mystérieux, parfois douloureux ; c’est aussi un plaisir, un enrichissement, une voie pour l’émancipation. Comment a-t-on appris ce que l’on sait, à quel endroit l’a-t-on appris ? Pour ce numéro exceptionnel, une question qui, au-delà de l’école, concerne tous les adultes qui contribuent à l’éducation des enfants.