Accueil > L’actualité vue par le CRAP > Les revues de presse > Revue de presse du vendredi 3 octobre 2014


JPEG - 26.3 ko

Revue de presse du vendredi 3 octobre 2014

Politique de l’école - Absentéisme des enseignants ? - Numérique - Évaluation


Politique de l’école

Interviewée aujourd’hui par Direct Matin, la ministre Najat Vallaud-Belkacem s’est déclarée "très satisfaite" de la façon dont s’est déroulée la rentrée 2014. Le quotidien retient de cette interview que "La généralisation de la réforme des rythmes scolaires est désormais sur les rails, mais son application mérite encore quelques ajustements pour définitivement s’installer dans les classes". La ministre évoque également de nombreux sujets : le Café des parents, la conférence sur l’évaluation des élèves, la notation positive, la consultation sur le Socle Commun et la réforme Erasmus+.
Le budget 2015 préserve largement l’Éducation. Najat Vallaud-Belkacem s’en réjouit. "Il ne s’agit pas que d’une préservation, mais d’un investissement fort, ambitieux et assumé. C’est la priorité de notre gouvernement que de permettre à la jeunesse française d’être l’une des mieux formées du monde. Enfin l’Éducation redevient le premier budget de la Nation (88,07 milliards d’euros), devant les intérêts de la dette. C’est la meilleure façon de préparer l’avenir. "

Ce budget en hausse correspond à une "volonté affichée (...) limpide. Il s’agit de tenir la promesse de campagne de 2012 de faire de la jeunesse une priorité, malgré un budget 2015 marqué par la rigueur". Le Figaro donne quelques précisions chiffrées.
La création des 60.000 postes d’enseignants est maintenue (9.421 postes en 2015 (2.511 pour le premier degré public et 2.555 dans le second degré public). 352 millions d’euros du budget sont consacrés à la réforme de l’éducation prioritaire. 200 millions d’euros sont prévus pour donner un petit coup de pouce aux communes ayant du mal à appliquer la réforme des rythmes scolaires.


Absentéisme des enseignants ?

"Selon des données du ministère de l’Éducation, plus de 650.000 journées d’absence n’ont pas été remplacées dans les maternelles et primaires au cours de l’année 2012-2013." C’est ainsi que débute l’article que Les Échos consacrent à "L’absentéisme des professeurs".
L’emploi de ce terme péjoratif a de quoi déplaire puisqu’il signifie "Manque habituel ou systématique d’assiduité à son lieu de travail" (source CNRTL). Or ce n’est pas vraiment de cela qu’il s’agit. Tout d’abord il faut replacer le chiffre dans son contexte. 650.000 journées d’absence non remplacées dans l’enseignement primaire, cela correspond à la moyenne de la fonction publique (7.3%) et a pour conséquences seulement deux journées par enseignant et par an. Pas de quoi hurler au scandale. D’autant plus que les enseignants ont, comme tout le monde le droit d’être en arrêt de travail pour maladie et que le ministère comptabilise dans ces 650.000 heures les congés maternité pendant les vacances scolaires !
Le véritable problème se trouve plutôt dans le "non remplacement" des enseignants absents (malades, formateurs ou en formation...) conséquence directe de la suppression de 2.000 postes d’enseignants remplaçants entre 2007 et 2012. Le phénomène devrait donc s’inverser avec les nouvelles créations de postes.
On pourra également lire sur le même sujet un article du Parisien qui insiste sur les inégalités des académies en ce qui concerne les remplacements et un autre dans VousNousIls.

La pénurie de remplaçants est également plus ou moins criante selon les matières et La Voix du Nord nous présente le cas de ce lycée du Calaisis qui, peinant à recruter un remplaçant de mathématiques, a finalement fait appel à une assistante d’éducation qui, en plus de son service, assurera des cours en heures supplémentaires. Une discipline déficitaire en terme de titulaires (tout comme les lettres classiques et l’anglais) un nombre de remplaçants insuffisant... Où est cet "absentéisme" dont on nous rebat les oreilles ?

Educaktus nous livre à ce propos un scoop. L’Académie de Seine-Saint-Denis qui manque également cruellement d’enseignants se voit exceptionnellement autorisée par l’Éducation nationale à recruter des zombies pour occuper les postes vacants.


Numérique

Le Conseil National du Numérique a publié aujourd’hui ses recommandations pour l’École, "40 mesures « pour bâtir une école créative et juste dans un monde numérique », articulées autour de huit propositions phares."
Celle qui retient particulièrement l’attention de la presse est bien sûr la proposition d’un nouveau cursus en lycée intitulé "Humanités Numériques". On peut lire dans Le Monde les motivation du Conseil sur ce point : « Ce nouveau bac s’inscrirait dans son époque (…) au croisement des sciences, lettres et sciences humaines et sociales, en décloisonnant ces champs du savoir », avance-t-il. « Il refléterait l’aventure de la jeunesse et revitaliserait les études secondaires avec la création numérique, le design mais aussi la découverte des big data, de la datavisualisation, des métiers informatiques et créatifs ».
La Croix, sur le même thème, s’intéresse également à l’enseignement de l’informatique, en lien avec le Plan sur l’École présenté par François Hollande.


Évaluation

La conférence sur l’évaluation des élèves qui se déroule entre octobre et décembre commence à donner lieu à quelques échos dans la presse.
VousNousIls donne la parole à André Antibi, le promoteur de l’évaluation "par contrat de confiance". Favorable aux notes au secondaire, il souligne, comme beaucoup de ceux qui s’expriment sur ce sujet que la note n’est pas l’essentiel. Son évaluation par contrat de confiance (EPCC) "va dans le sens d’une évalua­tion posi­tive" souhaitée par le ministère.

Le blog L’École de demain donne la parole à Olivier Rey, ingénieur de recherche en éducation, responsable du service Veille & Analyses de l’Institut français de l’éducation à l’ENS de Lyon, spécialisé sur les questions d’évaluation qui vient de publier avec Annie Feyfant, un dossier de veille de l’IFÉ intitulé "Évaluer pour [mieux] faire apprendre"
Il souligne la faible culture de l’évaluation en France : "on évoque parfois une faible culture de l’évaluation en France : on ne vise pas là le manque d’évaluations – il y en a même sans doute trop ! – mais plutôt l’influence des grandes évaluations certificatives, qui font qu’on a parfois l’impression de ne connaître qu’un seul type d’évaluation : la répétition du BAC lors de chaque devoir surveillé.".
Il insite aussi sur le fait que, "malgré toutes les études scientifiques, en France et ailleurs, qui montrent le rôle peu productif de l’échec et de la stigmatisation, les croyances restent fortes quand à l’usage de la notation-sanction pour motiver les élèves." La lecture de ce long entretient et du dossier de l’IFÉ donne une assez bonne vision des enjeux de la conférence sur l’évaluation.

À propos d’évaluation et d’examen, on pourra lire dans Educavox l’intéressant article de Michel Guillou au titre à dessein provocateur "Changeons les examens ou… imitons la Chine et l’Ouzbékistan" sur les évolutions à prévoir dans un monde de plus en plus connecté. Faut-il renforcer la répression ou l’intégration des outils numériques lors des examens ?

Bonnes lectures et bon week-end avec le bloc-notes de Philippe Watrelot.

Mila Saint Anne


JPEG - 59.9 ko

 

Dans la Librairie des Cahiers pédagogiques

Vers l’école du socle commun
Revue n°515 - septembre 2014

La loi de la refondation a réaffirmé le socle commun. Ce dossier veut mutualiser les expériences et réflexions menées sur le terrain. Nous touchons là à un rôle fondamental de l’école : Que s’agit-il d’enseigner ? Dans quel objectif ? Qui pour le faire, dans quel cadre ? Dès maintenant, des réponses…

Apprendre avec le numérique
Revue n°498 - juin 2012

Le dossier présente une grande variété de pratiques pédagogiques, de méthodes recourant à des outils numériques pour mieux faire apprendre, dans un cadre collectif comme dans l’accompagnement individuel. Ni révolution, ni scandale. L’enseignement est en mouvement, grâce au numérique aussi.

Évaluer à l’heure des compétences
Revue n°491 - octobre 2011

Quoi de neuf du côté de l’évaluation ? Au-delà de la question inévitable des notes, une idée forte : évaluer les apprentissages des élèves dans le cadre d’une approche par compétences amène à reconsidérer bien des dimensions du métier, dans la mise en activité des élèves, les dispositifs d’aide, le travail en équipes.