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Revue de presse du vendredi 28 novembre 2014

La cursive — Priorité — Egalité — Enseignement supérieur — Evaluation — Orientation — Evolutions — Annonces


La cursive finlandaise fait le buzz du jour pendant que l’on s’écharpe à propos de l’éducation prioritaire. L’égalité filles-garçons a un nouveau site. On s’interroge sur l’enseignement supérieur. L’évaluation, l’orientation et les évolutions terminent cette revue avec quelques annonces.


La cursive

En écho à l’annonce concernant la fin de l’apprentissage de l’écriture en cursive par la Finlande, un véritable buzz s’est déclenché aujourd’hui.
Le Figaro s’interroge : Faut-il abandonner l’apprentissage de l’écrit à la main au profit du clavier ?, mais ne répond pas…
Mais lui il répond. Jean-Paul Brighelli : « La priorité, c’est d’apprendre à lire, écrire, compter ».
Apprendre l’écriture sur clavier : une bonne ou mauvaise idée ?
« La Finlande vient d’annoncer que ses élèves apprendront désormais l’écriture sur un clavier. En France, une telle mesure est très critiquée par les chercheurs. Et ne semble pas à l’ordre du jour. »
« Une petite révolution, qui laisse les chercheurs français sceptiques. "C’est une décision dangereuse qui ne prend pas en compte l’intérêt réel des élèves, estime Alain Bentolila, linguiste à la Sorbonne. Il y a un lien fort entre l’écriture et la mémorisation. On ne retient pas aussi bien en tapant sur un clavier qu’en écrivant de sa main". Pour le professeur, l’abandon de l’écriture manuscrite serait dangereux également pour l’apprentissage de la lecture  : "Quand vous écrivez, vous prenez conscience des lettres qui composent les mots, détaille-t-il. Par ailleurs, l’écriture est un geste de motricité très fine. Un P n’est pas un B. L’apprentissage au clavier pourrait aggraver les cas de dyslexie".  »
« "On pourrait néanmoins réfléchir à l’apprentissage de l’écriture cursive nuance Yannick Kiervel, du syndicat Unsa. C’est un geste qui pose beaucoup de problèmes aux élèves. Est-ce que ça vaut le coup d’y passer autant de temps  ?" Pour cet enseignant en primaire, il faudrait réfléchir à de nouvelles formes d’enseignement de l’écriture, par exemple en caractères d’imprimerie. "Notre enseignement de l’écriture est très pointilleux. Pourtant il n’est pas repris correctement dans le monde des adultes, détaille-t-il. Il n’y a qu’à voir comment écrit un médecin  !"  »
Même le Quotidien du Peuple en ligne reprend l’info : La Finlande va mettre fin à l’apprentissage de l’écriture manuelle à l’école.
L’écriture cursive ne sera bientôt plus au programme scolaire finlandais
Marie-Claire : Faut-il supprimer l’apprentissage de l’écriture cursive à l’école ?. Ce journal lance un sondage, reprend les arguments pour et contre, et va plus loin : « Il est d’ores et déjà possible de dicter son texte et de le voir s’afficher sur son écran d’ordinateur ou de smartphone. Pourquoi donc se fatiguer à écrire ?  »
Europe 1 : Apprendre à écrire sur un clavier, un danger pour les enfants ?. « Tous les spécialistes ne sont pas aussi catastrophés. Roland Jouvent, psychiatre à la Pitié-Salpêtrière est l’un d’entre eux. Pour lui, le processus est de toute façon inéluctable, et s’incrit dans l’Histoire des évolutions technologiques : “la première génération qui est passée de l’encrier à la machine à écrire a dû aussi être confrontée à des difficultés. C’est vrai que c’est un changement complet de passer au tout clavier mais le cerveau est très plastique, il s’adaptera. D’autres substituts se mettront en place pour organiser les connaissances”. La position française n’est pas une surprise pour lui : “on est un pays de culture littéraire, c’est normal que l’on résiste plus que les pays anglo-saxons, après, il faut un double apprentissage pour que les gens puissent s’adapter”.  »
Le linguiste Alain Bentolila s’élève contre la fin de l’écriture manuelle dans le Figaro.
Fin de l’écriture manuscrite à l’école en Finlande ? Des effets négatifs sur le cerveau dans le Nouvel Observateur par Par Christel Helloin, orthophoniste. Après avoir repris les préoccupations concernant les effets de la suppression de l’écriture manuscrite fine sur l’apprentissage et sur l’organisation cérébrale, Christel Helloin termine par : « Dans la pratique orthophonique, il nous arrive régulièrement de préconiser l’utilisation du clavier, et plus généralement d’outils numériques à nos patients comme outils de compensation.
Nous pouvons être amenés à recommander l’utilisation de l’ordinateur ou de la tablette en milieu scolaire, pour des patients dysgraphiques, pour lesquels l’écriture manuscrite est difficile, et perturbe les apprentissages généraux.
La dictée vocale, les correcteurs d’orthographe avec prédicteurs de mots, les applications de lecture par synthèse vocale peuvent être d’une grande aide pour des patients dyslexiques et dysorthographiques, mais aussi pour des patients adultes cérébro-lésés, à condition d’avoir préalablement bien évalué les besoins individuels et les adaptations possibles. Ces moyens technologiques sont le plus souvent conseillés comme des aides augmentatives, mais sans abandon total de l’écriture manuscrite.
 »
Position nettement plus nuancée sur cette question. Mais ce que j’aime bien dans cette affaire, c’est que les pourfendeurs de la méthodes globale ne sont pas loin de l’utiliser pour défendre l’apprentissage de la cursive. Voir ainsi Brighelli dans l’article du Figaro déjà cité : « L’apprentissage de l’écriture sur clavier est une calamité : on tape des lettres au lieu d’écrire des mots, le sens de la phrase s’émiette, les rapports grammaticaux disparaissent.  »

Reste que pour l’Apprentissage de l’anglais : la France, cancre de l’Europe. « Elle n’occupe que la 21ème place sur 24 pays classés - et se classe même au dernier rang des pays de l’Union européenne. Tel est le verdict sans complaisance que vient de rendre "Education First" (EF), une société suédoise leader pour l’enseignement des langues, qui publie la plus importante étude mondiale sur la question. Son "Indice de compétence en anglais" (EPI), qui en est à sa quatrième édition, a été réalisé auprès d’un échantillon de quelque 750.000 adultes, dans une soixantaine de pays. Cet indice porte sur trois critères : l’aptitude à l’écrit (vocabulaire et grammaire), la compréhension d’un texte écrit et l’expression orale.  »


Priorité

La carte de l’éducation prioritaires déclenche beaucoup d’oppositions comme nous l’avions déjà signalé.
Éducation Vallaud-Belkacem interpellée sur les ZEP au Salon de l’éducation

A Paris Un millier de profs dans la rue pour défendre leur ZEP. « Les enseignants des collèges évincés de la carte de l’éducation prioritaire (ex-ZEP), présentée par le rectorat lundi, ont manifesté à Paris. Une délégation a été reçue au ministère de l’Education nationale.  »

Carte des ZEP : les syndicats interpellent Vallaud-Belkacem et en réponse : « Vendredi, lors d’un point d’étape sur la refondation de l’école, « j’aurai l’occasion de faire ce discours que vous attendez », a annoncé la ministre.
Elle a rappelé à la presse que la carte de l’éducation prioritaire n’avait pas été revue depuis plusieurs années, que certains établissements défavorisés n’y étaient pas, que d’autres allaient mieux, et que 350 millions d’euros supplémentaires seront investis.
Pour ceux qui « s’inquiètent de sortir », « il faut qu’ils comprennent que parallèlement », pour la rentrée 2015, « nous allons conduire une réforme (...) de l’allocation des moyens par académie, par établissement », a-t-elle souligné. Plutôt que d’attribuer les moyens « simplement en fonction des effectifs », ce sera « en fonction du profil sociologique, social », a-t-elle dit, promettant des annonces mi-décembre.
 »

L’UNSA dépose une alerte sociale pour l’éducation prioritaire. « Des écoles classées en éducation prioritaire depuis de nombreuses années à Nantes, Saint-Herblain et Saint-Nazaire pourraient ne plus l’être à la rentrée prochaine à l’occasion d’un simple changement de dénomination administrative. »


Egalité

Sur Rue89, Plan pour l’égalité à l’école : ce que Vallaud-Belkacem a sacrifié aux réacs
« « Le contenu de ce nouveau site internet est plus raisonnable, c’est très positif. » Ces propos enthousiastes ne sont pas ceux du service com’ de Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Education nationale, qui a lancé mardi son nouveau plan « pour l’égalité filles-garçons ».
Non, c’est la présidente de la Manif pour tous, Ludovine de La Rochère, en croisade contre feu les ABCD et qui se réjouit auprès de Rue89 du fait que le nouveau site du ministère de l’Education nationale ait « pris en compte les remarques de son collectif ».
 »
Et Claude Lelièvre se demande Pourquoi les « maternelles » ?
Pourquoi cette hégémonie historique féminine, mais surtout pas »féministe » ?
.

Et faisons un saut vers l’autre bout du système de formation…


Enseignement supérieur

Gare au fossé secondaire-supérieur par Emmanuel Davidenkoff. « Arrivés dans le supérieurs, les bacheliers sont déstabilisés, voire réticents à entrer dans les savoirs autrement qu’en s’installant sur un banc d’amphi. On continue à faire comme si une pédagogie issue de l’imprimé pouvait répondre aux défis du numérique.  » « Tous ceux qui mettent en œuvre ces approches constatent que les bacheliers qui arrivent dans leurs écoles et universités sont, au moins dans un premier temps, profondément déstabilisés, voire réticents à entrer dans les savoirs autrement qu’en s’installant (plus ou moins) sagement sur un banc d’amphi pour écouter (plus ou moins) attentivement un enseignant délivrant des connaissances ex cathedra.  »

Les sénateurs veulent rétablir le budget des universités par Camille Stromboni.


Evaluation

« Les rapports de l’inspection générale sont une mine d’information et de réflexion pour ceux qui s’intéressent à l’école. » nous dit Jean-Pierre VERAN sur son blog Evaluation et notation des élèves : pourquoi ce sur-place ?. « Les recommandations du rapport sont dans le droit fil de leur étude : « repenser un véritable cadrage national de l’évaluation ; bien distinguer une évaluation pour apprendre et une évaluation de ce qui est acquis ; différencier les attendus exigibles ; mettre en place un pilotage local efficient ; faire évaluer les missions des professeurs. »  » A lire si vous n’avez pas le temps de lire le rapport des Inspecteurs.

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Orientation

Le décret supprimant le redoublement comme décision d’orientation est paru au BO sous le titre : Suivi et accompagnement pédagogique des élèves. Évaluation des acquis, accompagnement pédagogique des élèves, dispositifs d’aide et redoublement : modification. NOR : MENE1418381D décret n° 2014-1377 du 18-11-2014 - J.O. du 20-11-2014
MENESR - DGESCO A1-2.
Pour comparer avec l’ancien texte modifié par celui-ci, voir la Section 4. La procédure d’orientation, Sous-section 1. La procédure d’orientation des élèves dans les établissements d’enseignement publics sous tutelle du ministre chargé de l’éducation=article&res_niv=1&no=PCLI-3-3-1&ref=/inmedius/content/main/Textes_en_vigueur/I/3/3/1/I-3-3-1-069.xml&javascript=true]

Le service public régional d’orientation
« Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, et Patrick Kanner, ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, signent avec François Bonneau, représentant l’Association des Régions de France (ARF), un accord-cadre pour la généralisation du service public de l’orientation au 1er janvier 2015. »


Evolutions

Dans le Cercle des Echos, Dalia Marin / Directrice du département d’économie internationale à l’Université de Munich, chargé de recherche principal au Breugel, think tank économique basé à Bruxelles, publie : L’éducation à l’ère de l’intelligence artificielle. « Jusqu’aux années 1980, environ 70% du revenu était distribué aux revenus du travail et 30% aux revenus du capital. Mais depuis lors, la part des revenus distribués au travail a diminué dans tous les pays riches. Elle représente maintenant environ 58% du PIB. Selon une étude des économistes Loukas Karabarbounis et Brent Neiman, la moitié de cette baisse est le résultat de technologies de l’information moins coûteuses, qui ont permis aux entreprises de remplacer les employés par des ordinateurs.
Les conséquences sont graves. S’il s’agit bien des premiers signes du deuxième âge du machinisme, il est possible que nous nous soyons trompés de combat. Comme la rareté du capital humain diminue en importance, l’expansion rapide de l’enseignement ne peut pas être la réponse aux défis de la mondialisation, contrairement à ce nous espérions.
 »


Annonces

Le Cese lance une plateforme de concertation publique sur l’École. « L’objectif est de "mettre en lumière les initiatives et les bonnes pratiques que déploient des écoles, des établissements scolaires, des associations et d’autres acteurs de l’éducation dans les territoires". La plateforme recueille les témoignages et bonnes pratiques jusqu’au lundi 23 février 2015. La section de l’éducation examinera ensuite les initiatives postées pour nourrir son projet d’avis, qui sera présenté en assemblée plénière le 12 mai 2015. »

INJEP : Troisièmes rencontres de l’Observatoire "Parcours de jeunes et territoires"(Paris - 27 janvier 2015). « A la veille de la réforme territoriale, et tandis que l’Etat déploie auprès des territoires son plan interministériel « Priorité Jeunesse », l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (INJEP) invite à questionner les liens entre les jeunes et les territoires, les disparités, et les évolutions de l’action publique.
Comment le territoire contribue à façonner les pratiques des jeunes et leurs parcours ? Comment y construisent-ils leurs identités et leur projet de vie ? Comment le territoire impacte-il l’action publique en faveur des jeunes
Telles sont les problématiques qui seront discutées lors des tables rondes mêlant des chercheurs, des élus politiques, des jeunes et des acteurs de jeunesse.
 »

Et bon week-end.
Bernard Desclaux


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

N° 516 Devenir lecteur
Coordonné par Jacques Crinon
octobre 2014

Les Hors-série numérique 27

Coordonné par Muriel Frisch.
Téléchargeable au format PDF - 6 € pour les particuliers
Tarifs avec droits de diffusion : 12 € pour les établissements scolaires et 18 € pour les médiathèques.
Un dossier composé pour une part de textes inédits, pour une autre part d’articles issus de nos archives : comme une occasion de revisiter les problématiques récurrentes dans le rôle des documentalistes en les confrontant à des nouveautés comme la généralisation des outils numériques et le socle commun de connaissances et de compétences. La documentation est-elle une discipline d’enseignement au même titre que les autres ? Quelles missions pour le professeur documentaliste parmi ses collègues enseignants, dans l’établissement ? Quelles notions, compétences spécifiques aux pratiques documentaires ?


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