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Revue de presse du vendredi 28 février 2014

Mauvaise image ? - Formation - Orientation - Malêtre


Mauvaise image ?

"Professeur, carrossier, psychomotricien... ces métiers dont personne ne veut". Le Figaro pointe le manque d’attractivité du métier d’enseignant.
"Le poste d’enseignant se place à la tête des métiers les moins attractifs et compte seulement 14 candidatures (ndlr : pour 1 poste). « On manque de plus en plus d’enseignants". "Ce métier renvoie une mauvaise image bien que ce soit un emploi dit secure. J’entends peu d’enseignants raconter des histoires positives sur leur vie professionnelle. »"
C’est pourtant le cas de Dominique Deconinck, auteure du livre Le bonheur à l’école, qui se confie à Emmanuel Davidenkoff sur France Info. Instit et heureuse, elle n’est « pas pour garder une école nostalgique et traditionaliste » mais elle constate certains «  invariants » immuables. Pour elle, « instit », comme elle aime se définir est « un métier de relation » pour lequel « on n’a jamais fini d’apprendre  ». Son credo vis à vis de l’élève : « je crois en toi  ». Et si c’était une des clés du bonheur à l’école ?
Pour attirer les jeunes vers ce formidable métier, on peut jouer la carte de l’humour. C’est le cas de ce billet humoristique de Claude Garcia, décernant les Vincent de la pédagogie. Morceau choisi : "Vincent du manque d’imagination, aux syndicats pour qui toute réforme implique forcément une augmentation des moyens attribués à l’éducation nationale".


Formation

La formation des enseignants reste une question clé. C’était un des chevaux de bataille d’André Ouzoulias. L’Express consacre un article sur le leg intellectuel qu’il nous laisse.
« La formation continue constitue un territoire moins médiatique mais éminemment stratégique. » « Combien de temps tolérera-t-on de confier nos enfants à des enseignants qui n’ont aucune obligation et si peu de possibilités de se tenir à jour en matière de sciences cognitives, de psychologie de l’enfant et de l’adolescent, de didactique, voire, pour les professeurs du secondaire, dans leur discipline d’enseignement ? Certains le font, mais la part que prend l’institution dans cet effort est dérisoire. »
Et si l’institution ne suit pas, il existe bien de nouvelles formes de « formation ». Sur Educavox, Julien Tresse parle de « société de l’apprentissage informel ».
« C’est vrai pour les enseignants qui en apprennent bien plus sur les blogs de leurs collègues que dans les animations pédagogiques. »« Dans ce monde du savoir informel, que devient donc l’enseignant ? Il n’est plus le seul détenteur de la connaissance, son piédestal s’est brisé. Pour autant son utilité est plus que jamais affirmée. Son rôle change. Il n’est plus de transmettre le savoir mais d’apprendre à le trouver, à le comprendre, à le critiquer, à le dépasser. Il devient une ressource, un accompagnateur qui fait le lien entre l’apprenant et les outils de transmission du savoir. »
Dan Wagner, titu­laire de la chaire UNESCO d’apprentissage et d’alphabétisation, semble en accord. Il « affirme que les MOOCs consti­tue­raient un meilleur moyen de for­mer les ensei­gnants que le sys­tème actuel. »
Dans VousNousIls, il vante les avantages de ces modes de formation : « Ils éliminent les inter­mé­diaires entre l’émetteur et le récep­teur, ce qui pré­serve la qua­lité du contenu. Un seul cours peut s’adresser à un grand nombre de per­sonnes, ce qui en rend le coût de revient déri­soire. Ils repré­sentent un gain de temps pour les ensei­gnants, car il est plus effi­cient de suivre un MOOC par ses­sions de 10 minutes, à son rythme, que de se rendre à une suc­ces­sion de sémi­naires de formation. » Quentin Duverger nuance l’enthousiasme : « Les études montrent certes que peu d’étudiants arrivent au bout des MOOCs, mais Dan Wagner s’attend à ce que les pro­fes­seurs "soient plus assi­dus".  »


Orientation

Monique Royer consacre cette semaine son portrait pour Les Cahiers pédagogiques à un de nos rédacteur de la revue de presse : Bernard Desclaux. “Pour lui, éducation et orientation ne sont pas deux fonctions distinctes où la seconde s’inscrirait ponctuellement comme un supplétif ou un temps obligatoire soustrait aux heures d’apprentissage. Se placer dans une perspective d’éducation tout au long de la vie, penser l’avenir en construction comme une trajectoire qui se dessine, implique de laisser les disciplines se décloisonner et révéler leurs applications hors les murs de l’école.” “L’orientation éducative permet de sortir d’une certaine prédétermination. Si on ferme le champ des possibles, elle ne peut être mise en œuvre" explique le jeune retraité qui prône un système ouvert où le désir d’apprendre serait suscité par les apprentissages et l’expérience.
L’idée est reprise par Le Journal Des Femmes : “Diverses études montrent que selon leur catégorie socio-professionnelle, les familles ne font pas les mêmes choix d’orientation pour leurs enfants. Les catégories les moins favorisées s’autocensurent et choisissent des filières”. Cette chronique de Bernadette Nozarian décrie les passages possibles des filières courtes vers des études plus longues : du bac pro à la fac.
Au Luxembourg, ce sont nos classes prépa qui font école. Paperjam nous apprend que "pour le ministre de l’Enseignement supérieur et de l’Éducation nationale, Claude Meisch les classes préparatoires aux grandes écoles françaises peuvent s’avérer un atout majeur pour l’économie luxembourgeoise.". « En offrant des classes préparatoires au Luxembourg, nous aurons la possibilité de prendre en compte les atouts langagiers de notre système scolaire tout en proposant un approfondissement des compétences qu’exigent les grandes écoles françaises »

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Le dessin de Fabien Crégut

Malêtre

Tendance Ouest nous apprend que le député Stéphane Travert a interpellé l’éducation nationale au sujet de la phobie scolaire. Il rappelle que "le diagnostic de cette maladie est souvent délicat à poser tant il est difficilement identifiable et souvent assimilé à du décrochage ou à un refus d’aller à l’école par pur laxisme. (...) Ce manque de reconnaissance entraîne de nombreuses difficultés pour la famille d’une part au plan administratif, l’absence de l’enfant étant assimilé à de l’absentéisme et d’autre part au plan de la prise en charge éducative de ces enfants"
L’observatoire des zones prioritaires reprend une information du site ToutEduc exprimant le point de vue d’une praticienne hospitalière dans "La revue de santé scolaire et universitaire". Cette professionnelle estime que "le climat scolaire [...] est corrélé à l’assiduité scolaire et inversement corrélé à l’absentéisme. En outre, "la taille de l’école et les effectifs de la classe sont inversement corrélés au climat scolaire et corrélés positivement à l’absentéisme".
Et si le bienêtre des élèves passait par la multiplication des établissements "alternatifs" ? Le projet nantais de collège-lycée Freinet attend toujours un site. ""L’association pour un collège-lycée innovant" a demandé aux collectivités de réétudier le dossier et attend des propositions de leur part. Du coup, l’association "Pour un collège-lycée public innovant à Nantes", porteuse du projet, table sur une ouverture en septembre 2015."

Guillaume Caron


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Le sens de l’orientation
Revue n°504 - mars 2013
Comment adapter l’éducation à l’orientation aux besoins de chaque élève, en prenant en considération les plus fragiles ? Comment concilier les compétences et le rôle de chaque acteur ? Comment éduquer à l’autonomie, développer l’estime de soi dans un système qui aiguille le plus souvent uniquement en fonction des résultats scolaires ?

Enseignant : quel métier !
Hors-série numérique n°33
Liberté pédagogique, liberté chérie
Du métier rêvé au rêve de métier
Vers une communauté professionnelle d’apprentissage