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Revue de presse du vendredi 26 septembre 2014

CSP - Redoublement - Crise - Hors-la-loi - Numérique - Gauche/Droite - Décrets


Fin de semaine

Dans la presse on trouve encore des échos de la nomination de Michel Lussaut à la tête du CSP. On pourra lire la riche biographie de ce brillant agrégé de géographie sur le site Éducpro : une carrière universitaire qui le conduit à la présidence de l’université François-Rabelais de Tours, à la vice-présidence de la Conférence des présidents d’université (CPU) et enfin à la direction de l’Institut fran­çais de l’éducation (IFÉ) et des activités de conseil en aménagement et urbanisme auprès de collectivités locales. On pourra également découvrir un peu mieux l’homme qui devra porter la refonte du Socle Commun et celle des programmes scolaires en lisant son blog hébergé sur le site.

Redoublement … de confusion

Pendant que blogueurs et enseignants disent tout le mal qu’ils pensent de l’abandon du redoublement, Arnaud Gonzague dans Le Nouvel Observateur nous rappelle que la fin du redoublement n’est qu’une bonne idée qui n’est pourtant pas au programme. « Inefficace », « socialement injuste », « cette pratique "n’a pas apporté la preuve évidente de ses bénéfices, que ce soit pour les élèves redoublants ou le système d’éducation dans son ensemble", regrettait ainsi ces derniers jours le rapport "Pisa à la loupe" n°43 issu de l’enquête PISA »
Il est facile pour les prosélytes du redoublement de mettre sur le compte d’économies possibles (mais impossibles à chiffrer réellement) toute volonté qui pourrait aller dans le sens de son abolition... et d’oublier l’angle pédagogique du problème.

Crise ou pas crise...

... du recrutement en lettres classiques ? Seuls 31% des postes ont été pourvus au CAPES en 2014. Interrogée par VousNousIls, Sophie Vanlaer-Bécué, responsable du master MEEF option lettres classiques à l’université de Nantes, reste pourtant optimiste : « on ne peut pas parler de crise du recrutement en lettres classiques. » Certes «  il existe une difficulté de recrutement dans l’enseignement mais cela concerne toutes les disciplines » et « le fait qu’il y ait eu plusieurs réformes en peu d’années a suscité l’inquiétude » mais l’enseignement des lettres anciennes est on ne peu plus dynamique... et utile !

Hors-la-loi ?

« Chaque année – ou presque –, c’est le même scénario : le ministère de l’Éducation nationale publie une circulaire à l’automne pour organiser les mutations des professeurs de collège et de lycée. Chaque fois, cette circulaire est censurée pour motif d’illégalité. Et malgré cela, la grande moulinette des mutations continue de tourner comme si de rien n’était. » Le Monde nous explique pourquoil’Éducation Nationale est chaque année « hors-la-loi ». Et pourquoi il est rare que les enseignants aient la possibilité de faire appel au Conseil d’État....

Éducation et numérique

La chronique d’Emmanuel Davidenkoff à lire sur EducPro démonte « Le fantasme d’une éducation low-cost », selon lui « un des plus répandus et un des plus paradoxaux » mis en avant par les opposants au numérique.
Fantasme paradoxal parce que «  l’éducation, contrairement par exemple au transport aérien, repose sur une économie massivement subventionnée », parce que «  le numérique, s’il invite à une réinvention du rôle des enseignants, ne pourra pas s’y substituer » et surtout parce qu’il suppose « que notre éducation ne serait pas "low cost" aujourd’hui », or elle l’est, en particulier dans le primaire.
Et de conclure qu’il est bien plus probable que le numérique permettra « d’améliorer des offres existantes non seulement sans générer d’économies mais en augmentant les coûts. Le véritable enjeu est donc de savoir qui supportera cette augmentation, des individus ou de la collectivité. »

Profs de gauche et profs de droite ?

À la lumière d’une enquête commandé à l’IFOP par l’association "SOS éducation" ToutEduc (sur abonnement) nous révèle que la vision qu’ont les enseignants de leurs élèves serait fortement corrélée à leurs opinions politiques. Cela dit, suivant les thèmes abordés (évolution du niveau de "maîtrise de la langue écrite", création d’un examen d’entrée en 6ème, autorité, sécurité dans les établissements), la différence semble bel et bien exister.
Ce qui est plus inquiétant, c’est que, toutes sensibilités confondues « Une petite majorité [des enseignants] ne considère pas que le "grand plan numérique" constitue une priorité !

Décrets en préparation

Enfin, et toujours sur abonnement, on pourra lire dans ToutEduc la présentation des décrets en préparation.
Trois sont relatifs à la scolarisation des élèves en situation de handicap. L’un remplace les "assistants d’éducation" par les "accompagnants des élèves en situation de handicap" ; le deuxième "vise à garantir la présence obligatoire d’un enseignant lorsque les questions scolaires sont abordées" par l’équipe pluridisciplinaire de la MDPH ; et le troisième "précise les limites des compétences de la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées" et "désigne explicitement l’autorité compétente pour permettre à un élève de bénéficier d’une dispense d’enseignement."
Deux autres décrets concernentles jeunes sans diplôme qui demandent une formation complémentaire.
Le premier précise "que le bénéficiaire de la durée complémentaire de formation qualifiante prévue par l’article L. 122-2 du code de l’éducation est un jeune âgé de seize à vingt-cinq ans, ne possédant aucun diplôme ou possédant, au maximum, le diplôme national du brevet ou le certificat de formation générale. Il donne pour objectif à la durée complémentaire de formation qualifiante l’acquisition soit d’un diplôme, soit d’un titre ou certificat inscrit au répertoire national des certifications professionnelles".
Le second quant à lui "définit les conditions dans lesquelles les jeunes sortant du système éducatif sans qualification professionnelle reconnue", donc sans posséder "un des diplômes, titres ou certificats inscrits au répertoire national des certificat ions professionnelles", "peuvent bénéficier, à leur demande, d’une formation professionnelle dans le cadre scolaire". Pour eux, contrairement à ce que prévoit le premier décret pour les jeunes sortis sans diplôme, l’accueil n’est pas de droit, il "s’effectue dans la limite des places disponibles". Ces jeunes sont suivis par "un représentant du service public de l’orientation" et la durée de leur professionnelle est mentionnée dans leur compte personnel de formation.

Mila Saint Anne,
qui vous souhaite un très bon week-end en compagnie de Philippe Watrelot et de son bloc-notes.

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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Quelles alternatives au redoublement ?
Hors-série n°19 - octobre 2009

Ce dossier combine les réflexions de fond, les échos de recherches et les témoignages, de l’école primaire au lycée. Les redoublements ne constituent pas une solution à l’échec scolaire, mais il faut tenir compte de la complexité des situations, des effets pervers possibles, tant il ne s’agit pas de laisser les élèves à l’abandon.

Enseignant : quel métier !
Hors-série n°33 - decembre 2013 - Publication disponible uniquement au format numérique (PDF - epub), en téléchargement depuis notre site.

Une compilation d’articles parus dans notre revue, pour alimenter les débats en cours, en prenant du recul sur ce qu’une revue pédagogique a pu dire des métiers enseignants au cours des dernières années.