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Revue de presse du vendredi 25 avril 2014

- Assouplissements – Qui fait quoi ? - Yoga-


Le ministre de l’Education nationale Benoît Hamon a détaillé ce vendredi matin les assouplissements à la réforme des rythmes scolaires qu’il compte mettre en œuvre. Cela constituera l’essentiel de la revue de presse. Mais pour poursuivre l’assouplissement, on fera un peu de yoga…


Assouplissements
Invité de RTL, le ministre de l’Education nationale Benoît Hamon a détaillé ce vendredi matin les assouplissements à la réforme des rythmes scolaires qu’il compte mettre en oeuvre :
- possibilité de concentrer les activités périscolaires sur une seule demi-journée, tout en conservant cinq matinées,
- sous réserve d’un accord local entre la commune concernée, les enseignants, et le rectorat, la durée de la semaine pourrait être réduite d’une heure, passant de 24 heures hebdomadaires à 23 heures. Les 36 heures annuelles ainsi "perdues" seraient rattrapées sur les vacances scolaires.
Il est aussi interviewé par le journal Le Monde . Il précise : “Je ne négocie pas l’intérêt général. Aussi, dans tous les cas de figure, les cinq matinées de classes seront obligatoires. Durant ces matinées seront concentrés les apprentissages fondamentaux car ces temps correspondent aux pics de concentration des enfants. Tous les spécialistes le confirment. En revanche, il sera désormais possible de regrouper les activités périscolaires sur un après-midi par semaine, ce qui permettra aux maires, notamment en milieu rural, de faciliter l’organisation des activités périscolaires et de faire des économies d’échelle, par exemple en construisant des partenariats au niveau des communautés de communes. Il sera aussi possible d’alléger les semaines [de 24 heures de classe] en raccourcissant les vacances scolaires. Ces aménagements devront correspondre à un projet éducatif cohérent et être validés par le rectorat. ”. En principe ces projets devront être déposés avant le 6 juin. Quand on lui demande si tous les enfants seront sous le régime des nouveaux rythmes l’an prochain, le nouveau ministre répond : “100 % des enfants de l’enseignement public le seront. Il n’y aura pas de report. Les aménagements que nous proposons répondent aux difficultés d’organisation que nous font remonter certains acteurs locaux. Les textes définitifs seront présentés début mai dans les instances paritaires”.

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Le dessin de Fabien Crégut

Toujours dans Le Monde, Maryline Baumard pointe les difficultés qui demeurent :Si le décret a le double mérite de conserver l’esprit de son initiateur tout en prenant en compte les difficultés du terrain, il recrée aussi potentiellement une France à plusieurs vitesses. Parce qu’il autorise certaines communes à raccourcir les vacances pour alléger la semaine scolaire, il peut contribuer à recréer des calendriers scolaires différents sur le territoire. ”. On peut se demander aussi si ces aménagements suffiront à calmer les maires des communes qui prônent le boycott de cette mesure. Dans Le Figaro sous le titre "Rythmes scolaires : la tentation de la garderie", on se demande si "la qualité des ateliers périscolaires risque de pâtir d’un manque de moyens". Il y a quelques temps, c’était 20% des maires qui n’écartaient pas l’hypothèse de “faire payer les familles” pour financer le surcoût de la mise en œuvre des activités périscolaires à l’automne dernier, selon un sondage de l’Association des maires de France. Le refus d’application de la réforme étant quasi impossible puisque celle-ci est pilotée par le ministère de l’Éducation nationale, beaucoup envisageraient simplement de mettre en place une « garderie améliorée » avec les moyens du bord. Les communes se contentant d’offrir des activités "pas trop coûteuses" de "dessin" ou de "ballon dans la cour".
Dans Libération, trois responsables d’ EELV signent une tribune , Barbara Pompili, coprésidente du groupe écologiste à l’Assemblée nationale, la sénatrice Corinne Bouchoux et Olivier Masson, chargé de la commission éducation du parti, demandent de "sortir du débat par le haut" avec notamment "la création d’un statut de l’animation volontaire" et "une loi d’orientation sur l’éducation partagée". Et ils concluent : “Il faut un acte II de la refondation.
De l’assouplissement mais pas d’assoupissement, Monsieur Hamon !


Qui fait quoi ?
Mais qui s’occupe de la Réussite éducative ? c’est la question que pose la journaliste de Libération Véronique Soulé sur son blog . La création, en mai 2012, d’un ministère délégué à la Réussite éducative avait fait sourire. L’idée était de marquer la volonté de la nouvelle équipe de faire réussir le plus grand nombre, à la différence de l’équipe sortante qui misait sur l’excellence de quelques-uns.
Aujourd’hui, la réponse à la question posée par Véronique Soulé n’est pas simple. Il semblerait que ce soit Najat Vallaud Belkacem qui multiplie les visites dans les structures pour décrocheurs et autres établissements de la “seconde chance”. Mais il faut aussi noter comme le fait d’ailleurs un commentaire très documenté à la suite de l’article de blog, que le mot “réussite éducative“ correspond aussi à un label de la politique de la ville. Et ce commentaire pointe manque de visiblité et de lisibilité de certains dispositifs ayant des appellations très proches : programme de réussite éducative (PRE), programme personnalisé de réussite éducative (PPRE), accompagnement éducatif (AE),contrat d’accompagnement à la scolarité (CLAS), politique éducative locale (PEL),...
Certains déplorent à juste titre le “mille-feuilles” administratif mais il faudrait aussi se préoccuper du “mille-feuilles” des dispositifs. Là aussi un choc de simplification s’impose…


Yoga
Le Nouvel Obs consacre un article au yoga à l’école. Arnaud Gonzague nous apprend que l’association RYE France (pour Recherche sur le yoga dans l’éducation) est agréée depuis un an par le ministère de l’éducation nationale et propose des formations aux enseignants de toutes disciplines.
Comme le précise l’article, aucune statistique scientifique ne vient prouver les bienfaits du nidra ou du tatrak sur la gent écolière. "Mais nous avons réalisé un petit sondage auprès d’enseignants formés par nous, souligne la présidente de RYE France. Ils avancent que 80% des élèves trouvent l’expérience positive, même pour ceux qui, au début, se montraient sceptiques. Le yoga les aide à mieux se concentrer, à lutter contre les émotions parasites comme le trac avant un examen, la panique au moment d’un devoir. Donc, à reprendre confiance en eux.’’.
Peut-être que Benoit Hamon et tout le gouvernement devrait prendre des cours de yoga. Je ne sais pas si ça leur permettrait de reprendre confiance mais au moins de rester zen…

Bonne Lecture...

Philippe Watrelot


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