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Revue de presse du vendredi 24 novembre 2017

CSP - Devoirs faits - Mixité - Non mixité - Enseignement supérieur

Une actualité essentiellement dans la continuité de celle d’hier (voir la revue de presse du 23 novembre de Bernard Desclaux). La polémique née de l’organisation d’un stage "en non mixité" par un syndicat de région parisienne continue notamment à polluer l’actualité, au travers de laquelle il est également question du premier bilan du dispositif "Devoirs faits", des Conseils mis en place par le ministère ou de l’accès à l’université.


Conseils

C’est une inspectrice générale de philosophie que Jean-Michel Blanquer a choisi pour présider le Conseil supérieur des programmes après la démission de Michel Lussault" nous apprend le Café pédagogique dans un article intitulé Souâd Ayada à la tête du CSP. "Spécialiste de la mystique musulmane, Souad Ayada va de facto décider de l’avenir d’un conseil qui semble peu acquis aux thèses ministérielles. S Ayada est aussi membre de la mission Mathiot.” Personnalité inconnue du grand public et peu connue du public plus spécialisé, la nomination de Mme Ayada laisse la communauté scolaire devant une forme d’expectative à laquelle elle n’est pas réellement habituée. L’avenir dira sans doute le sens de cette nomination.

Toujours à propos des programmes, mais de façon plus "disciplinaire", Faut-il revoir l’enseignement des mathématiques ?, se demande France Inter à l’occasion de son édition d’hier du Téléphone Sonne.
Le niveau moyen des français, en maths, dégringole. Selon la dernière enquête Timss, les élèves de CM1 se classent derniers de l’Europe ; en Terminale S, 34,4 % des élèves s’ennuient. Le Ministère de l’Education s’intéresse de près aux prouesses de "la méthode Singapour", premier pays au classement mondial.

Le ministre est lui aussi présent sur le front des conseils : Blanquer annonce la création d’un conseil scientifique
"Le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, est arrivé en fin de matinée à Futurapolis, à Toulouse, un forum organisé par Le Point. L’ancien directeur de l’Essec a profité de l’occasion pour annoncer la création d’un conseil scientifique de l’Éducation nationale. Ce conseil, qui aura un pouvoir consultatif, sera composé de personnes reconnues travaillant dans différentes disciplines scientifiques". A quoi servira ce conseil ?"« Il sera saisi sur tous les sujets, comme l’intelligence artificielle, afin d’apporter des éclairages pertinents. Je souhaite que ce conseil travaille dans un esprit d’avant-garde qui échappe aux opinions simplistes en matière d’éducation », explique Jean-Michel Blanquer. Le principe du fonctionnement de ce conseil sera explicité dans les prochains jours, tout comme la liste des personnes le composant".


Devoirs faits

Nouvel exemple de déploiement du dispositif "Devoirs Faits", cette fois-ci en Corse au travers d’un reportage de France 3 Corse.
"Faire ses devoirs au collège, c’est possible depuis quelques semaines. La mesure mise en place par le ministre de l’Éducation nationale est destinée à aider les élèves dans leur apprentissage. Elle n’est pas obligatoire et fondée sur le volontariat".

Pour quel résultat au total ? Les premiers retours de terrain ne sont pas très encourageants. Ainsi des conclusions d’une enquête du SE-UNSA que relaie le Café Pédagogique. Devoirs faits : Une mise en route peu brillante titre le quotidien en ligne.
Selon un sondage organisé par le Se Unsa, un collège sur trois n’aurait pas lis en place le dispositif Devoirs faits, censés être appliqué à la rentrée de la Toussaint. Le Se Unsa parle de "mise en oeuvre précipitée qui e réussirait pas à impliquer les différents acteurs de la communauté éducative. L’enquête montre que seulement un collège sur cinq a reçu les moyens nécessaires à Devoirs faits.


Mixité

Education à la sexualité : "Ça y est, j’ai dit un gros mot, les règles" par Anna Benjamin. Un témoignage. “Des ricanements retentissent. Les garçons regardent leurs chaussures. Les filles dissimulent leur visage dans leur pull. "Ça y est, j’ai dit un gros mot, les règles", lâche Pascale Garcia, infirmière scolaire. Jeudi, 14 élèves de 5ème du collège Jules Verne, dans le 12e arrondissement de Paris, ont assisté à une séance d’éducation à la sexualité. Un nom très officiel pour aborder la puberté. Tour à tour gênés et attentifs, pendant une heure, ils ont échangé sur leurs corps qui changent, les poils qui poussent, sur l’amour, l’amitié, la manière de regarder une fille.”
https://www.lexpress.fr/education/l-education-a-la-sexualite-ca-y-est-j-ai-dit-un-gros-mot-les-regles_1963204.html

Le temps n’est décidément pas au satisfecit sur ces question. On le voit aussi dans l’enseignement supérieur.
Dans The Conversation, Séverine Le Loarne-Lemaire (Professeur de Management de l’Innovation & Management Stratégique à l’École de Management de grenoble) s’intéresse aux étudiants constitués en groupes pour prévenir les violences sexistes et pose la question de l’efficacité de ces pratiques.
Le monde de l’enseignement supérieur est une partie intégrante de la société, tout comme ses composantes – enseignants-chercheurs, personnel administratif et étudiants. Si des faits de sexisme apparaissent dans la société, nul doute qu’il en existe aussi dans l’enseignement supérieur. Le phénomène est loin d’être nouveau et peut se décliner en deux catégories, selon le statut de celui qui commet l’acte sexiste, la victime étant toujours la même : l’étudiant, ou l’étudiante.”


Non mixité

Nouveau rebond dans la polémique sur le stage en "non mixité" organisé par Sud Education en Seine-Saint-Denis. La plainte contre Sud Education interroge la liberté syndicale expliquent ainsi Faiza Zerouala et Mathilde Goanec dans les colonnes de Médiapart. "Sud Éducation organise deux jours de réunion sur le racisme et l’islamophobie dans l’Éducation nationale, avec notamment des ateliers non mixtes. Jean-Michel Blanquer porte plainte contre les organisateurs". Un article extrêmement complet, qui synthétise bien les termes du débat et qui pose la question de la possibilité pour un ministre, en termes juridiques, de porter plainte contre une organisation syndicale reconnue comme représentative. Une question qui au delà du contenu de ce stage, interroge l’ensemble des organisations syndicales (on retrouvera notamment avec profit des réflexions de la FSU et de l’UNSA).


Enseignement supérieur

Quoi de neuf du côté de l’enseignement supérieur ?

Eléments de réponse à nouveau dans le Café pédagogique. Plan Etudiants : Un projet précipité selon le Conseil d’Etat
Dans un avis rendu public le 23 novembre, le Conseil d’Etat analyse le projet de loi sur l’orientation dans le supérieur. Il souligne la précipitation avec laquelle la réforme est lancée." appelle particulièrement l’attention du Gouvernement sur le calendrier extrêmement tendu et contraint dans lequel doit être mise en œuvre une réforme qui concernera plus de 600 000 nouveaux arrivants dès la rentrée universitaire 2018 et dont l’essentiel (processus amont d’information et d’orientation, nouvelle plateforme numérique de préinscription, conformité aux exigences de la législation sur l’informatique et les libertés, conditions du dialogue entre lycées, étudiants, universités et rectorats, notamment) reste à construire".

Autre élément de réponse ce matin sur France Inter. Antoine Compagnon, sur la réforme de l’enseignement supérieur : "On traîne un bug depuis la Révolution"
Antoine Compagnon, professeur au Collège de France, était ce vendredi matin l’invité de Nicolas Demorand. "C’est une réforme indispensable - a-t-il notamment expliqué -, qui n’a pas été faite depuis le début du XIXe siècle, rappelle Antoine Compagnon, qui explique que "l’imbrication du secondaire et du supérieur date de la Révolution Française et de 1808, et ensuite à n’a jamais réussi à les décrocher".

Lionel Jeanjeau


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

N° 532 - Justice et injustices à l’école
Dossier coordonné par Marie-Christine Chycki et Émilie Pradel
novembre 2016

L’école est traversée par tous les débats qui agitent la société. La question de la justice y est particulièrement vive et le sentiment d’injustice très prégnant chez tous les acteurs aux prises avec l’institution. Entre la subjectivité du sentiment et les conditions objectives des injustices vécues à l’école, quelles réponses pouvons-nous apporter ?

N° 530 - Former les futurs citoyens

Dossier coordonné par Laurent Fillion et Pascal Thomas
juin 2016

Mise en place du nouveau socle commun, de l’enseignement moral et civique : l’éducation à la citoyenneté, thème souvent abordé par les Cahiers pédagogiques, revient au cœur des préoccupations. De quelle éducation à la citoyenneté parle-t-on ? Comment ne plus la confondre avec une éducation au civisme et à la civilité ?