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Revue de presse du vendredi 23 septembre

Des buts — Gauloiserie et marinade — Enseignement supérieur — Orientation


On commencera cette revue de fin de semaine en s’interrogeant sur les buts de l’enseignement. Ensuite on se demandera s’il faut rire ou pleurer des gauloiseries et autres marinades ? Et on terminera par l’enseignement supérieur et l’orientation.


Des buts

Quand France Stratégie pose la question des finalités de l’Ecole. “"La conduite du changement ne nécessite pas que du pragmatisme. Il faut aussi être capable de donner une vision". C’est tout l’objectif du rapport dirigé par Son Thierry Ly et présenté par France Stratégie le 22 septembre. Ce service officiel du premier ministre s’est laissé aller à un exercice pas commun : imaginer une école qui choisirait une finalité claire et s’organiserait en fonction d’elle. L’exercice st audacieux et pas inutile. Car le rapport fait remonter des points de convergence comme l’autonomie des établissements.”
Première hypothèse : l’Ecole pourrait être au service de l’économie. On arrive à un système où les formations vont dépendre du tissu économique local.
Seconde hypothèse : une école fondée sur l’accomplissement de la personnalité de chaque élève. C’est la fin des programmes puisque chaque élève choisit ce qu’il veut apprendre. Il faut à la fois respecter ces choix et émanciper l’élève de l’influence de sa famille. Il faut aussi concilier bien être et niveau d’exigence...
Troisième hypothèse : transmettre une culture commune à tous. La question est de susciter l’adhésion de familles ayant des aspirations différentes dans une culture commune.
La conclusion de ce travail c’est que les trois modèles nécessitent uen autonomie forte des établissements et des équipes pédagogiques. L’établissement doit etre capable de recruter les enseignants pour pouvoir attendre ses objectifs. Il doit pouvoir structurer les cours mais la nation doit évaluer les résultats de l’établissement
.”

Parcours d’excellence : un engagement commun pour la réussite de tous les élèves. “A l’occasion de la 9ème édition de la « Journée du Refus de l’Échec Scolaire », le ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, la CPU (conférence des présidents d’université) et l’AFEV (association de la fondation étudiante pour la ville) ont signé un engagement pour favoriser la réussite de tous les élèves et lever les obstacles liés à l’origine sociale ou territoriale.”
Le numérique peut-il lutter contre l’échec scolaire ? Propose recueilli par Paula Pinto Gomes, “Entretien avec Sandra Enlart, chercheuse associée en sciences de l’éducation à l’Université Paris-Ouest Nanterre (1), à l’occasion de la journée du refus de l’échec scolaire, mardi 20 septembre, consacrée cette année au numérique.”

Pourquoi Najat Vallaud-Belkacem veut une école obligatoire jusqu’à 18 ans, par Caroline Beyer. “Dans la course à la présidentielle, la ministre de l’Éducation donne des gages à son camp et son électorat.” Mais il y a peut-être d’autres raisons plus fondamentales, non ?


Gauloiserie et marinade

Face à l’offensive réactionnaire : « L’histoire, ce n’est en aucun cas la contemplation béate d’un passé révolu ». “Lors de chaque campagne électorale, le sujet revient dans le débat : l’histoire serait mal enseignée à l’école. Il faudrait revenir à un grand « récit national », avec ses rois, ses « grands hommes » et ses grands mythes, sous prétexte d’imposer aux élèves une certaine identité de la France. François Fillon déplorait fin août que l’enseignement actuel faisait « douter de notre histoire ». Nicolas Sarkozy vient d’asséner, lors d’un meeting, que « dès que l’on devient français, nos ancêtres sont gaulois ». Face à cette instrumentalisation, que peuvent les professeurs d’histoire pour éviter, devant leurs élèves, de devenir de vulgaires propagandistes ? Entretien avec Véronique Servat, professeur d’histoire-géo en collège.”

Sarkozy et les Gaulois : lettre d’un avocat à Najat Vallaud-Belkacem, par Jean-Pierre Versini-Campinchi “Vous êtes la ministre de l’Éducation nationale et vous ne savez pas ce qu’est la France !
C’est une idée, Madame, élaborée par un Etat, laborieusement, pendant plus de 1000 ans pour construire une nation, la nation française qui ne préexistait pas à l’État et c’est ce qui fait de notre pays une exception dans le monde. La France est d’abord un idéal.
À part quelques Arvernes dans notre Massif central, les Gaulois se sont dilués depuis des siècles et Nicolas Sarkozy n’est pas plus gaulois que moi - à moitié antillais (version Salvador et Légitimus) et corse de la même vallée depuis Neandertal, probablement.
Mais nous nous disons l’un et l’autre Gaulois et c’est notre manière, la manière de tous les Français, de crier bien fort que nous sommes français.
Je regrette très vivement que vous ne le soyez pas, gaulois
.” Le ciel a dû lui tomber sur la tête à celui-là !

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Hérésie par JiMo

La foire à l’ignorance est ouverte, on pourrait en rire, mais il convient plutôt de s’en inquiéter. Communiqué du SNES. “La multiplication de ces discours réactionnaires confisque la parole aux acteurs de terrain et empêche toute réflexion et tout débat constructifs autour de l’enseignement de l’histoire.”

Christophe Naudin Enseignant en collège, coauteur du livre "Les Historiens de garde"
Faut-il un roman national pour enseigner l’histoire ?Pourquoi l’enseignement de l’histoire, plutôt qu’une vaine tentative de fédérer dans un récit commun et de former des citoyens, ne pourrait pas être plutôt, comme le suggère Patricia Legris, une simple "boîte à outils permettant d’ouvrir les élèves à d’autres histoires, à d’autres espaces, d’alimenter leur curiosité, de leur donner des éléments pour comprendre l’actualité" ?

Rétronews : Les Gaulois ont bon dos !Il n’y a pas que les politiques qui convoquent régulièrement l’image de "nos ancêtres les Gaulois"...

Education : Marine Le Pen part en guerre contre « les dogmes ». "Fin du collège unique, sélection à l’Université, apprentissage à 14 ans..."

Le Front national construit l’école de la revanche. “Pour Marine Le Pen le projet du Front national pour l’Ecole c’est "l’école du mérite". Présentant le 22 septembre les "100 propositions" des Collectifs Racine, le mouvement lancé par le Front pour pénétrer le monde enseignant, la présidente du Front national n’a eu de cesse de fustiger "les dogmes pédagogistes qui ont miné toute autorité et tout mérite personnel". Une condamnation qui soude des troupes assez disparates où se cotoient des partisans du retour "au bon vieux temps", des corporatistes pointilleux et des obsédés de "l’assimilation". Cela donne des propositions écrites au négatif et à l’encre rouge. Alors que l’Ecole française joue au détriment des enfants de son électorat populaire, le Front échoue à proposer un projet éducatif qui porte ses ambitions.”


Enseignement supérieur

Du mieux dans l’orientation post-bac par Denis Peiron,”Le 20 septembre, le gouvernement a vanté les progrès réalisés en matière d’affectation des bacheliers dans l’enseignement supérieur. Une analyse plutôt partagée dans la communauté universitaire.”
Les mots ont leur importance. Ainsi Sélection à l’université : « gros mot » ou non ? Par Marie Piquemal. Et Université : "sélection", "recrutement", mais de quoi parle-t-on ?C’est une réforme lourde à laquelle s’attelle le gouvernement. Dans la plus grande discrétion, le ministère de l’Education réunit depuis des mois les présidents d’université et les représentants des associations étudiantes. Le but ? Que les universités puissent choisir leurs candidats au master à l’entrée du M1 et non plus entre le M1 et le M2, comme c’est le cas actuellement. Une proposition de réforme du master doit ainsi être annoncée en octobre. C’est dans ce contexte particulier qu’un petit couac sémantique a eu lieu mardi entre la ministre de l’Education, Najat Vallaud-Belkacem et son secrétaire d’Etat à l’Enseignement supérieur, Thierry Mandon. Ce dernier a en effet parlé de "sélection" à l’entrée du master alors que la ministre lui préfère le terme de "recrutement". Les mots ont un sens, surtout lorsqu’il s’agit de communication gouvernementale.”

Julia Fauconnier nous aide : Enseignement supérieur : que comprendre des propositions d’Alain Juppé.

Vallaud-Belkacem se fait l’avocate du « ça va mieux » à l’université par Marie-Christine Corbier. “« Nous avons profondément amélioré le système » ; « Nous avons fait en sorte que ce soit une bonne rentrée » ; « On ne souligne pas assez les bons résultats de la France par rapport au reste de l’OCDE ». A quelques mois de la présidentielle, Najat Vallaud-Belkacem a défendu son bilan, ce mardi, lors de sa conférence de rentrée universitaire - la dernière du quinquennat.”


Orientation

Et si les entrepreneurs aidaient les professeurs à repenser l’orientation scolaire ?Dans ce nouvel épisode de Contre-Champs, Maddyness reçoit la professeur des écoles Stéphanie De Vanssay et l’entrepreneur Hector Balas. Au programme : un débat sur l’avenir de l’orientation scolaire.” A écouter !

En Seine-Saint-Denis Sept centres d’orientation vont fermer. “Pour faire des économies, le conseil départemental se désengage des CIO. A la rentrée 2017, il n’en restera plus que dix pour accueillir les collégiens, lycéens et étudiants.” C’est un peu plus compliqué, mais le résultat est là.

Je vous souhaite un beau week-end.
Bernard Desclaux


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

N° 525 - Pédagogie : des utopies à la réalité

Coordonné par Cécile Blanchard et Yannick Mével
décembre 2015
Qu’est-ce qui fait qu’un enseignant, un éducateur, sort des sentiers battus et s’avance sur les chemins de l’expérimentation et de l’innovation ? Qu’est-ce qui le met, l’a mis en mouvement ? Quels sont les utopies, les projets, les rêves, les modèles peut-être qui font entrer dans un collectif, un mouvement pédagogique ?

N° 524 - Le pari du collectif

Coordonné par Nicole Priou
novembre 2015
C’est une évidence, nous travaillons tous en équipe : dans l’établissement, autour d’une classe, pour un projet, sur un cas particulier d’élève… Hors du collectif, point de salut ! Est-ce si sûr ?