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Revue de presse du vendredi 23 février

Lycée professionnel- Apprentissage- Bac 2021- Ecoles rurales

La presse éducation de cette fin de semaine est largement dominée par le lycée professionnel et ses perspectives de réforme, dans la foulée de la remise du rapport Marcon au ministre de l’Education nationale. La lecture de la presse permet aussi, une nouvelle fois, un retour sur les conséquences possibles de la réforme de la filière générale. Elle aborde également la question, polémique, des choix budgétaires inhérents aux cartes scolaires du premier degré à la rentrée prochaine.


Quelle évolution pour le lycée professionnel ?

A propos du rapport Marcon, Libération parle d’entreprise de rénovation générale. “Après la réforme du bac général, celle des filières pros. Sur la table du ministre de l’Education, depuis jeudi, un rapport donne des pistes pour revaloriser, simplifier et coller au plus près au monde du travail. Environ 700 000 jeunes sont concernés.

"le plus important, c’est l’orientation" titre de son côté le site d’Europe 1, reprenant les propos tenus par lRégis Marcon au micro de la radio. "Le gouvernement s’attaque à son tour au manque d’attractivité de la filière professionnelle. Le chef triplement étoilé Régis Marcon a co-rédigé un rapport avec la députée LREM Céline Calvez, remis jeudi au ministre de l’Éducation, afin de tenter de revaloriser les CAP et autres bac pro. "Le point le plus important, c’est l’orientation", a assuré Régis Marcon, interrogé jeudi soir sur Europe 1.
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Quand on a de bonnes notes, on est orienté vers le baccalauréat. Il y a un discours : ‘tu es bon à l’école, tu continues tes études’, comme si on ne pouvait pas continuer des études de charcutier ou de charpentier. Il y a un travail très important à faire sur l’orientation, pour que le jeune ne la subisse pas", a poursuivi Régis Marcon, avant de présenter plusieurs pistes de réformes.


Apprentissage

Dans Le Monde, Olivier Rollot interviewe Roger Serre, le fondateur et délégué général du groupe IGS, pionnier de l’apprentissage dans les métiers tertiaires dès les années 80. Pour ce dernier, « L’apprentissage, c’est avant tout une pédagogie de transfert du beau geste ». "Globalement la réforme est fondée sur de bonnes intentions, dès lors qu’elle vise d’abord à servir les jeunes, les salariés et les demandeurs d’emploi en améliorant leur orientation, en les responsabilisant dans leur choix et en sécurisant leur parcours professionnel et leur engagement personnel. [...] Mais ce que je voudrais surtout entendre, quand on parle apprentissage, c’est autre chose que des réflexions d’argent ou de pouvoir. L’apprentissage, c’est avant tout une pédagogie de transfert du beau geste. C’est d’abord l’amour des métiers. On ne parle jamais de la pédagogie nécessaire pour favoriser l’emploi et, je n’hésite pas à le dire, le bonheur des individus. Nous formons, chaque année, au sein du Groupe IGS, 4 500 maîtres d’apprentissage pour assurer une liaison directe entre celui qui sait faire et les jeunes auxquels on donne l’amour d’un métier. L’accompagnement n’est pas valorisé alors qu’il est l’essentiel."

Or précisément, Sigrid Gérardin, co-secrétaire générale du Snuep-FSU, analyse le rapport Marcon, dans le Café pédagogique, comme "Une réforme qui adapte le lycée professionnel à la priorité donnée à l’apprentissage ". Une interview à charge, tant contre le rapport Marcon que contre la réforme de l’apprentissage.


réforme des bacs généraux et technologiques

C’est une fois encore par la question de l’orientation que le sujet de la réforme du bac général est abordé aujourd’hui. Réforme du bac : vers une orientation (trop) précoce ? demande notamment l’Etudiant. “Le bac nouvelle formule devrait renforcer le continuum bac–3/bac+3. Les acteurs de l’enseignement secondaire comme du supérieur s’en félicitent mais craignent que la réforme réduise prématurément le champ des possibles pour les lycéens. Et soit ainsi facteur d’une hausse des inégalités.

Interrogations également dans le Huffington Post, à propos de l’avenir de la science et des technologies. Pourquoi le nouveau Bac pourrait faire perdre à la France sa place parmi les nations technologiquement avancées "Cette question mérite d’être soulevée, en ces temps de réforme du lycée. Pourquoi la France pourrait-elle quitter ce groupe de nations ? Simplement en ne proposant pas à ses élèves de suivre un format d’éducation que tous les autres pays développés ont pris : celui des STEM.
Les STEM, c’est le nouveau standard mondial de formation des élèves scientifiques qui s’orientent vers les carrières d’ingénieur. En enseignant ces quatre disciplines "S", "T", "E" et "M" (soit trois disciplines en France, car le "T" et le "E" sont enseignés dans la discipline "Sciences de l’ingénieur"), de nombreuses nations ont réalisé un vrai rapprochement entre leur éducation et leurs entreprises. Ce rapprochement est la clé de la réussite de la relance de l’activité industrielle d’un pays, activité génératrice d’emplois et de développement économique.
[...] dans la maquette du futur lycée que le Ministre de l’Education Nationale a présenté le 14 février 2018, on constate que les élèves ne pourront prendre en terminale que deux spécialités parmi les mathématiques, la physique-chimie, les sciences de l’ingénieur, les sciences de la vie et de la Terre ou le numérique et sciences informatiques. Le choix des deux spécialités qu’ils feront sera déterminant dans leur orientation. En effet, en n’en choisissant que deux, on n’en choisit pas trois. Or trois, c’est le nombre de spécialités que l’enseignement des STEM nécessite en France : physique-chimie, sciences de l’ingénieur et mathématiques. En n’en proposant que deux, le grand mouvement des STEM s’arrêtera pour la France, qui pourtant veut relancer son activité industrielle, son innovation technologique et sa compétitivité économique.


Ecole des villes, école des champs

A lire dans Marianne : Des milliers de profs réquisitionnés pour la rentrée scolaire des villes : la colère des campagnes. "Face aux besoins provoqués par le doublement de 5.600 classes de CP et CE1 de zones prioritaires d’éducation prévu pour la rentrée prochaine, les instituteurs d’établissements ruraux sont réquisitionnés par les académies. Résultat : même si Emmanuel Macron avait promis que ça n’arriverait pas, de nombreuses écoles s’apprêtent à fermer."

Plus localement, et suite aux interpellations du député François Ruffin, le Courrier Picard donne la parole au ministre, qui parle d’"une campagne politique de mauvaise foi". Une interview dans laquelle le ministre défend sa "priorité au primaire", hélas réservée aux abonnés.
Lionel Jeanjeau


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

N° 542 - Bienveillants et exigeants
Dossier coordonné par Danièle Manesse et Jean-Michel Zakhartchouk
janvier 2018
La notion de bienveillance a fait ces dernières années une entrée en force à l’école. Son articulation avec la mission principale de l’école (transmettre) n’est pas simple, surtout lorsqu’on inscrit cette «  transmission  » dans l’exigence que tous les élèves parviennent à un niveau qui leur donne de l’autonomie.

N° 541 - Les tâches complexes à la loupe
Dossier coordonné par Christophe Blanc et Florence Castincaud
décembre 2017
Depuis l’instauration du socle commun et l’incitation des enseignants à mettre en œuvre des «  tâches complexes  » dans leurs classes, on assiste à un foisonnement de propositions, personnelles et institutionnelles. Un dossier pour poursuivre la réflexion et nous aider à faire des choix pédagogiques et didactiques plus pertinents.