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Revue de presse du vendredi 21 mars

Départ - Retour ? - Dossiers majeurs - Un métier attractif ?


Vincent Peillon est sur le départ, et la presse bruisse des rumeurs sur le nom de son (sa ?) remplaçant(e). Comme le ministère, le reste de l’actualité éducative est au ralenti en cette période de focalisation sur les échéances électorales, avant de mieux repartir, sans doute, une fois connu(e) le nouveau (la nouvelle) locataire de la rue de Grenelle.

Départ de Vincent Peillon : les choses se précisent

Depuis le début de la semaine, le départ de Vincent Peillon, à l’occasion de la séquence électorale du printemps, est un secret de polichinelle.
Vincent Peillon, ministre en suspens, titre ainsi Libération, repris aujourd’hui par plusieurs autres médias. Un article qui développe aussi la question de la succession, bien entendu, et celle, sans doute plus cruciale, de la "sanctuarisation" du budget du ministère en période de rigueur accrue.

L’Express et Le Figaro titrent tous deux sur la campagne électorale, qui au rythme indolent d’une péniche, semble éloigner Vincent Peillon de son ministère. En péniche, Vincent Peillon prend le large de son ministère précise ainsi Marie-Caroline Missir dans l’Express. Insistant sur le caractère amusant de la métaphore d’un ministre qui "prend le large", la journaliste complète : "Drôle d’ambiance donc à quelques jours des municipales et alors que le gouvernement se prépare à un remaniement. Les commandes de cartons de déménagement au SAM (service de l’action administrative et de modernisation) ont commencé. Sur le terrain, on gère les affaires courantes. "On ne peut pas dire qu’on s’emmerde, on a des réunions de préparation de rentrée, mais clairement on a le sentiment que les grandes réformes sont derrière nous", soupire un haut fonctionnaire.
L’entourage du ministre souligne les conséquences de la période de "réserve" imposée aux ministres avant les élections, et qui "allège" les agendas officiels. "Le ministre ne se présente pas aux européennes dans le but de quitter son ministère. Et en plus la décision ne dépend pas de lui !", assure son cabinet.
"

Le Figaro, pour sa part, file la métaphore maritime sous l’angle de la piraterie.Vincent Peillon veut partir à l’abordage du Sud-Est en péniche Glissement journalistique intéressante (à moins que ce ne soit un acte manqué, ou préfigurateur), Vincent Peillon n’est plus du tout considéré dans cet article comme ministre de l’éducation nationale. Seul lui reste ce titre, mais la fonction proprement dite est totalement absente de l’analyse, qui n’aborde que la campagne des élections européennes. Comme si la page était déjà tournée.


Qui pour lui succéder ?

Revenant sur l’article précédemment cité de Libération, deux autres médias relaient le pronostique qui semble aujourd’hui le plus sérieux : l’arrivée rue de Grenelle de Ségolène Royal.
Selon Libération, François Hollande va faire rentrer Ségolène Royal au gouvernement, titre par exemple le site Internet d’Europe 1, cependant que Le Figaro confirme : Ségolène Royal sera dans le prochain gouvernement, selon Libération. Le retour de l’ex-secrétaire d’état à l’enseignement scolaire de Claude Allègre ne semble plus faire de doute. "D’après le quotidien Libération, elle est de retour. Ségolène Royal va faire son entrée dans un futur gouvernement, assure le journal dans son édition de vendredi.
Du côté de la socialiste comme du chef de l’État, son retour a désormais dépassé le stade de l’idée pour devenir un projet acté." « C’est réglé depuis quelque temps », indique un proche de la présidente de la région Poitou-Charentes. « Il a tranché », admet un intime du chef de l’État.
Mais un ténor du gouvernement nuance tout de même cette information. Pour ce ministre anonyme, François Hollande ne décide vraiment qu’au dernier moment : « Il faut faire attention avec Hollande, car il ne tranche les choses qu’au tout dernier moment. Il peut aussi avoir la volonté de garder cette carte pour 2015 quand, après les européennes, il faudra construire un nouveau gouvernement pour incarner la deuxième partie du quinquennat. »
" Europe 1 permet de compléter cette information, que Libération a réservé à ses seuls abonnés (et bien entendu aux acheteurs de la version papier du quotidien !) : "Quel ministère pour l’ancienne candidate à la présidentielle ? "Un grand pôle ministériel regroupant l’Education nationale, la Culture, la Jeunesse et les sports" selon Libération. L’équivalent de ce qui avait été proposé à Martine Aubry en 2012, avant que la Première secrétaire de l’époque ne refuse l’offre de François Hollande. Après le départ de Valérie Trierweiler de l’Elysée, les proches du chef de l’Etat affirment que "dans l’esprit des gens, Ségolène n’est plus la compagne de François Hollande"."

Précisons enfin que si de nombreux journaux, relayant essentiellement une information de Libération, spéculent sur le remplacement du ministre, aucun ne spécule sur le changement de politique ou au contraire la continuité, qui résultera du choix de la présidence de la République. Tout juste peut-on trouver dans Libération la trace d’un début d’inquiétude dans les propos du secrétaire général du SE-UNSA. "« Un possible remaniement, deux campagnes successives… On a une impression de temps suspendu. Il ne faudrait pas que ça dure, car c’est maintenant que tout commence », avertit Christian Chevalier.", signifiant par là que les dossiers essentiels sont maintenant sur la table et que leur mise en oeuvre devient l’objectif prioritaire du futur ministre, quel qu’il soit.


Enseignement du calcul, discrimination, innovation : ces dossiers qui survivront au changement de ministre

Qu’importe si la presse fait mine d’ignorer qu’un ministre de l’éducation nationale gère des dossiers d’éducation, certains blogueurs s’en chargent de belle manière.

Luc Cédelle, sur son blog hébergé par Le Monde, aborde l’épineuse question de l’apprentissage du calcul. Il le fait, au commencement d’une série de six billets de blog, sous une forme pour le moins originale et parfaitement convaincante (lecteurs paresseux s’abstenir) : Enseignement du calcul : des éléments pour un débat (acte 1/6) Il s’agit de reprendre les nombreux commentaires d’autres billets plus anciens (ce que Luc appelle le "fil de discussion"), et d’en faire une pièce de théâtre. "L’apprentissage du calcul et celui de la lecture (que j’aborderai par ailleurs et autrement) sont inexorablement des sujets d’actualité, destinés à revenir au premier plan, ne serait-ce qu’en raison des travaux engagés par le Conseil supérieur des programmes, présidé par Alain Boissinot, qui a commencé à réunir des groupes d’experts et à organiser des consultations. C’est aussi, à l’évidence, cette perspective et le désir de peser sur ce processus qui motivent les participants à ce fil particulier de discussion. A propos de participants, je me permettrai, comme dans toute pièce de théâtre, de les présenter au moyen de didascalies. Il est utile, dans un débat de savoir "qui est qui"."

Claude Lelièvre nous rappelle pour sa part, sur Mediapart, que c’est aujourd’hui La journée de l’élimination de la discrimination. "Elle a lieu le 21 mars. Mais l’Ecole n’y est guère sensibilisée, en raison sans doute du sentiment que les enseignants sont l’un des milieux les moins sensibles au racisme.
Ce sentiment est sans doute fondé. Mais cela n’empêche pas que la discrimination existe bel et bien (en dépit éventuellement de ’’bons sentiments’’) dans l’Ecole française, et à certains égards plus qu’ailleurs. Et cela a été récemment reconnu d’une certaine façon au plus haut niveau de l’institution, le 19 avril dernier, par George Pau Langevin (la ministre déléguée à la réussite éducative ) :
« L’école qui est pétrie de morale laïque, qui veut lutter pour l’égalité, se retrouve en train de laisser perdurer des situations de discrimination. On n’a qu’à aller en lycée professionnel voir les jeunes qui y sont et on comprend pourquoi pour eux ça correspond à une logique discriminatoire. Visuellement on a une impression de mécanisme discriminatoire ».
Les résultats de l’enquête internationale PISA de 2012 sont sans appel. En France, les élèves issus de l’immigration sont au moins deux fois plus susceptibles de compter parmi les élèves en difficulté."

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Le dessin de Fabien Crégut

Enfin, Louise Tourret, dans Rue des Ecoles sur France Culture, en partenariat avec l’Express qui relaie l’émission de mercredi dernier, pose la question : Comment développer l’innovation à l’école ?. "La quatrième édition de la Journée de l’innovation se tiendra le 27 mars 2014 à la Bibliothèque Nationale de France, à Paris. Cette journée a pour objectif de valoriser la capacité de recherche et d’innovation du système éducatif. Des événements sont prévus dans de nombreuses académies. Mais comment développer et favoriser l’innovation dans l’école, et surtout pas où commencer ? L’innovation se décrète-t-elle ou doit-elle être accompagnée par l’institution ?". Emission à retrouver sur le site de la radio.


Le métier enseignant est-il encore attractif ?

Métier enseignant : "De nombreux professeurs sont perdus" nous explique sur VousNousIls.fr le syndicaliste Jean-Rémi Girard, secrétaire national du Snalc en charge de la pédagogie. Il appuie son raisonnement sur des faits parfois intéressants : ainsi la difficulté financière de nombreux étudiants, accrue depuis la masterisation. Ainsi également le peu d’attractivité des salaires, notamment dans les filières scientifiques, fortement concurrencées par les emplois en entreprise. Mais d’autres arguments laisseront perplexes les lecteurs peu au fait des arguments traditionnels du Snalc. Ainsi, Jean-Rémi Girard se désole du peu de sélectivité des concours (qui ne permet pas selon lui de recruter des enseignants assez compétents, comme si le petit nombre était mécaniquement signe de baisse de la qualité). Pour alimenter le débat, il sera sans doute opportun de relire l’entretien de la semaine dernière : Claude Lelièvre : "Le métier d’enseignant motive encore !". A chacun ensuite, en raison, de se faire son opinion sur l’attractivité ou non du métier d’enseignant.

Bonne lecture à tous, au plaisir de retrouver demain l’ami Philippe Watrelot pour son bloc note de la semaine.

Lionel Jeanjeau

Pour le lien avec la librairie, je ne peux m’empêcher, en pensant aux manchettes de la presse qui se préparent sans doute en vue du changement de ministre, de vous renvoyer au tout récent numéro de la revue.

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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Quel cinéma !
Revue n° 512 - mars 2014

Un dossier pour aborder le cinéma d’une part comme un objet culturel, support d’apprentissages, élément d’un patrimoine à partager, apprécié largement, mais abordé selon des modalités socialement différenciées ; d’autre part comme une pratique très accessible à l’ère du smartphone, occasion de développer des compétences.