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Revue de presse du vendredi 20 novembre 2015

Suites - Droits de l’enfant


Je ne sais pas vous ... Mais moi, ça fait plusieurs jours que je me réveille avec une étrange sensation de gueule de bois permanente. Comme si ni mon esprit, ni mon corps ne parvenaient à évacuer les images des événements de vendredi dernier. Une semaine déjà. Dans cette revue de presse, il sera question de conséquences, essentiellement, mais aussi des enfants puisque c’est la journée internationale de leurs droits.


Suites ...

Les attentats ont des conséquences diverses pour l’éducation et la jeunesse.

Céline Carez, pour Le Parisien, fait état de l’inquiétude des parents qui, à Paris, « réclament des militaires à la sortie des écoles ».

De son côté, Eric Nunès, pour le Monde, dans sa partie Campus, nous apprend que les universités doivent faire « face à la hausse du budget sécurité ». Il précise : au lendemain des attentats, « le ministère de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur a fait parvenir ses consignes : annulation des voyages scolaires, drapeau en berne, mise en place de cellules psychologiques en Ile-de-France et limitation de l’accès aux étudiants, enseignants et personnels administratifs. Cette dernière mesure, qui suppose de contrôler les entrées, ne s’est pas accompagnée de moyens spécifiques. "Les universités sont autonomes", rappelle le ministère. En clair, elles se débrouillent ». Les universités ont donc fait appel à des sociétés de gardiennage privées. « Elles assurent que, sans une aide de l’Etat, elles ne seront pas à même de maintenir le niveau de sécurité actuel » pendant toute la durée de l’état d’urgence.

Autre conséquence inattendue de ces attentats, le nombre de jeunes qui demandent à s’engager dans l’armée est en très nette augmentation depuis cette semaine. Benoît Floc’h, pour Le Monde, raconte : « depuis les attaques du 13 novembre, les jeunes se pressent dans les casernes pour s’engager. "C’est colossal, assure le chef du bureau marketing et communication du recrutement pour l’armée de terre. Nous constatons un afflux de candidatures massif." Alors qu’en 2014 hors campagne de publicité, de 100 à 150 jeunes prenaient contact chaque jour pour devenir soldat, ils étaient 400 depuis les attentats de Charlie et ils sont 1 500 depuis le 13 novembre ». Cette information était relayée dès ce matin par plusieurs autres médias comme par exemple La Croix ou encore L’Express.

Parmi les suites auxquelles on ne s’attend pas, le SNPDEN, syndicat des personnels de direction, nous indique : « l’interdiction de fumer dans les espaces découverts des EPLE a, comme conséquence, que les élèves qui en ont le droit sortent durant les récréations de plus de deux milles lycées et restent devant les établissements par dizaines voire centaines. Le risque potentiel de cette situation n’a pas échappé aux collègues dont beaucoup ont pris des mesures provisoires autorisant des espaces fumeurs dans les enceintes sécurisées des établissements. Ces mesures restent cependant toujours incompatibles avec l’article R. 3511 du Code de la Santé publique, y compris durant l’état d’urgence. Le SNPDEN a donc écrit au Premier ministre demandant que le droit prenne en compte, avec réalisme, les circonstances que nous traversons et permettent aux établissements d’assurer effectivement la sécurité de tous leurs élèves ».

Laurent Fillion en parlait déjà hier dans sa revue de presse, les attentats ont aussi eu pour conséquence des écrits plus que douteux de la part de certains idiots sur le net (et ailleurs). Fort heureusement, ils sont quand même peu nombreux chez les enseignants. On pourra à ce sujet lire la contribution de @Sacrecharlemagn pour L’Express (partie Express Yourself) qui dénonce le même phénomène. Je cite la conclusion de son billet : « Mais dans cette merveilleuse micro-société que sont l’école et le collège unique, dans nos salles mais aussi en dehors, nous, professeurs, bâtissons chaque jour les droits et les devoirs des futurs citoyens. Pour que les valeurs de la République, la liberté, l’égalité et la fraternité, fassent sens en chacun. Nous travaillons chaque jour à faire d’hommes et de femmes des êtres humains. Oui, c’est un travail de longue haleine. Mais c’est un travail dont je suis fier ».

Enfin, parmi les suites diverses, nous avons reçu dans nos boites professionnelles des courriers de soutien et de remerciements de la ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, de la ministre de la décentralisation et de la fonction publique ou encore d’autres responsables comme par exemple les directeurs académiques des services de l’Éducation nationale. Certains peuvent penser que ces remerciements, ce soutien sont futiles, déplacés ou intéressés. En ce qui me concerne, j’ai juste trouvé ces courriers bienvenus et parfaitement adaptés à la gravité de la situation.


Journée internationale des droits de l’enfant

Daniel Roucous pour l’Humanité nous rappelle que ce 20 novembre, c’est aussi la journée internationale des droits de l’enfant.
L’occasion de rappeler aussi « qu’en France, 3 millions d’enfants, soit un sur cinq, vit sous le seuil de pauvreté selon l’Unicef et le dernier rapport du Fonds des Nations unies pour l’enfance ». Daniel Roucous ajoute : « Certes la France agit (...). Mais agit-elle assez dans le contexte actuel de croissance du chômage et de l’emploi précaire, d’abandon des banlieues, du péri-urbain et désormais des campagnes, d’ados et de jeunes en déshérence ? C’est d’ailleurs la principale alerte de l’Unicef qui conclut (...) que notre système éducatif creuse "les inégalités et les disparités territoriales" et surtout "qu’il n’existe pas de véritable politique publique de l’enfance et de l’adolescence, ni de mécanisme de suivi et d’évaluation à la hauteur" ».
Voilà, voilà ...

Toujours sur le même sujet, on pouvait lire ce matin sur le site de l’Express que « les enfants handicapés relevant de la protection de l’enfance sont "doublement vulnérables" et exposés à des dénis de leurs droits ». En effet, « ces enfants sont "doublement vulnérables", du fait de leur handicap et des défaillances de leur milieu familial, et devraient donc "bénéficier d’une double attention et d’une double protection", souligne le rapport du Défenseur des droits Jacques Toubon, et de son adjointe Geneviève Avenard, Défenseure des enfants. Mais ils vont "paradoxalement, parce qu’ils se trouvent à l’intersection de politiques publiques distinctes, être les victimes de l’incapacité à dépasser les cloisonnements institutionnels, de l’empilement des dispositifs et de la multiplicité des acteurs" ».

Je n’ose pas vous souhaiter un bon week-end.
L’actualité de l’après-midi (notamment au Mali) ne s’y prête toujours pas.
Profitez de vos proches et prenez soin de vous.
Pascal Thomas


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