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Revue de presse du vendredi 20 mai 2016

Refondation - Métier - Professionnel


Un premier bilan de la réforme du collège un an après son lancement occupe l’actualité d’aujourd’hui. On parle aussi métier avec notamment les AVS qui deviennent AESH mais avec un CDI. On termine avec des nouvelles de l’enseignement professionnel.


Refondation

Alors que la fin de l’année scolaire se profile, la mise en place de la réforme se précise, ou pas.
Pour Le Monde, qui a lu le rapport du comité de suivi de la loi, le gouvernement est en train de rendre illisible la refondation de l’école avec la polémique de la réforme du collège.
"En matière de réformes éducatives, on ne pourra pas faire le reproche à la gauche d’avoir, en cinq ans, joué l’immobilisme et évité la prise de risques. Après avoir inauguré le quinquennat par le changement, très critiqué, des rythmes scolaires au primaire, le gouvernement fait le pari de le clore sur une réforme pas moins conspuée : celle du collège." En effet, Claude Lelièvre le précise «  :« C’est une mutation qui nécessite de la sérénité et du temps. » Deux conditions que les échéances politiques ne permettent tout simplement pas. »
Le journal revient d’ailleurs sur une année de polémiques à propos de cette controversée réforme. « Depuis son annonce au printemps 2015, le « collège 2016 » n’a cessé de faire polémique, ravivant la traditionnelle guerre scolaire entre « républicains » et « pédagogues », « conservateurs » et « progressistes », « élitistes » et « égalitaristes ». Deux points ont particulièrement enflammé les esprits : le devenir des langues anciennes et celui des classes bilangues. »

L’ancien président Valéry Giscard d’Estaing qui a présidé à la création du collège unique intervient à son tour dans le débat. « Le collège unique tel que je l’ai pensé – car je me suis personnellement impliqué dans la rédaction de cette loi en apportant des modifications aux différents projets que René Haby, mon ministre de l’éducation, me présentait – n’a pas été conçu, quoi qu’on en dise aujourd’hui, comme une annexe du premier degré, mais bien comme l’antichambre du lycée. La même antichambre pour tous.
Je voulais que tous les élèves, quelle que soit leur formation d’origine, quittent le collège avec le même savoir qu’ils se dirigent vers les lycées d’enseignement général, professionnel ou technique, ou qu’ils entrent dans la vie active. Et je souhaitais que ce savoir soit élevé. »

Sa prise de position contre la réforme a inspiré JiMo.

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Obiwan Valery par JiMo

Philippe Mérieu s’interroge lui aussi sur l’autonomie des établissements, dans le contexte de l’élection présidentielle où chaque candidat y va de son projet pour l’éducation. "Nous voilà donc condamnés à la schizophrénie : déchirés entre des convictions idéologiques que nous voudrions faire valoir pour contribuer à la construction du « bien commun » et nos intérêts personnels immédiats. Nous sommes convaincus des bienfaits de la mixité sociale à l’École ou de l’égale dignité des voies de formation… mais plutôt pour les enfants des autres. Et n’hésitons pas, quoique nous soyons invités en tant que citoyens à nous inscrire dans une « institution » qui nous dépasse, à dévoyer celle-ci pour en faire un « service » assujetti à sa clientèle dès que cela nous concerne personnellement."


Métier

Le Parisien revient sur l’annonce du président François Hollande de « CDI pour les auxiliaires de vie scolaire ». Cette transformation aura lieu « sur cinq ans des contrats aidés d’auxiliaires de vie scolaire (AVS), aujourd’hui limités dans le temps et précaires, en « contrats d’accompagnants des élèves en situation de handicap ». Cette annonce a eu lieu « lors de la 4e Conférence nationale du handicap.  »
Sur Europe1 on évoque même « Une lutte contre la précarité des AVS ». « Aujourd’hui, environ 80.000 auxiliaires de vie scolaire accompagnent les élèves en situation de handicap dans le primaire et le secondaire. Aide à l’apprentissage, à l’intégration, aux activités du quotidien… Les AVS ont un rôle large... »
Ouest-France fait dans l’ironie critique en titrant «  Les AESH de la ministre un peu trop ressemblants à Daesh ? » La toile s’en amuse, les profs continuent largement à employer l’ancien acronyme AVSH, d’ailleurs encore largement utilisé dans la presse. Allez, il en faut peu pour être heureux une veille de week-end !

Sur Mediapart, Jean-Pierre Veran, médiateur de l’Education national et de l’enseignement supérieur l’affirme « Confiance et bienveillance [sont bien] : « le ciment de l’école » ? « La question de la confiance à l’école, en l’école, ses élèves et ses personnels, et celle de la bienveillance sont au cœur du débat éducatif. Une bonne gouvernance dans la classe, l’établissement scolaire, l’institution, est-elle possible sans l’une et l’autre ? »

Dans l’Expresso du Café Pédagogique, Bruno Devauchelle, questionne l’esprit critique : «  Critiquer, dans un contexte numérique ». Il remarque que « La profusion d’informations rendues disponibles depuis le développement de l’informatisation et la numérisation des informations a mis sur le devant de la scène le fameux esprit critique. Sorte d’iceberg dont on ne regarde que rarement la partie cachée, l’esprit critique est une posture avant d’être une méthode, une technique. Cela est d’autant plus important que, trop souvent, l’usage du terme "critique" est connoté négativement. L’expression "prendre de la distance" peut être associé à la notion de critique en apportant un cadre technique opératoire. Questionner, interroger sont deux verbes qui viennent compléter dans la même approche technicienne de la critique. Sur un plan plus philosophique, le scepticisme, apporte non seulement une dimension méthodologique, mais aussi un ensemble de principes de pensée qui amène à considérer que l’esprit critique est d’abord une posture philosophique fondée sur le doute a priori. »


Formation professionnelle

Le Monde rappelle que «  Faire ses études en apprentissage réduit le risque de chômage  » mais apporte des nuances à ce tableau a priori positif ; « Des apprentis qui s’insèrent mieux sur le marché du travail, avec un niveau de formation plus élevé qu’avant. Mais des apprentis dont la diversité des origines et des secteurs d’activité laisse encore à désirer. C’est un état des lieux complet de l’apprentissage en France que dresse le Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Céreq) »

Du côté de l’enseignement professionnel, le Cnesco est à l’honneur sur le Café Pédagogique.
Le premier article rend compte des différentes interventions lors de « La conférence de comparaisons internationales organisée par le Cnesco et le Ciep, avec l’aide du Céreq et du Lest »
Le second article est un entretien «  Nathalie Mons, présidente du Cnesco, Eric Verdier du Cereq, co-organisateur de l’événement, et Isabelle Recotillet, du LEST  ». Madame Mons y rappelle notamment que « On se rend compte aujourd’hui que en réponse aux contraintes économiques et sociales, aux mutations du marché du travail, on doit dans les deux voies avoir un socle commun très complet. Les métiers auxquels on prépare les jeunes n’existeront peut-être plus dans 20 ans. Il faut donc donner aux jeunes les éléments pour qu’ils puissent continuer parla suite à se former. »

Vousnousils donne aujourd’hui la parole à « Fabienne Carpentier, responsable du master MEEF Lettres Langues Histoire de l’ESPE d’Aix-Marseille ». Elle y évoque les qualités d’un jeune professeur de lycée professionnel : « C’est un métier difficile pour ceux qui ont des représentations obsolètes ou erronées du métier. Faire la classe aujourd’hui demande des compétences professionnelles qui dépassent largement le cadre disciplinaire. Enseigner en lycée professionnel suppose de travailler en équipe, d’innover pédagogiquement et de bien connaitre les élèves. Il faut être créatif ! »

Géraldine Duboz
Emilie Kochert


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Comprendre les énoncés et consignes - Un point fort du socle commun

Jean-Michel Zakhartchouk - Canopé, collection AGIR
22 avril 2016
Tant d’élèves échouent dans leur travail scolaire parce qu’ils n’ont pas compris ou mal compris la consigne ! Il est donc impératif pour les enseignants de les aider dans cette compréhension, moins en supprimant les difficultés qu’en leur permettant d’affronter ces difficultés, à l’aide d’outils, de « bons gestes », d’entrainement méthodologique. C’est pourquoi cet ouvrage, qui contient un grand nombre d’activités, éclairées par des apports plus théoriques, rendra service aux praticiens dans le cadre du domaine 2 du socle commun, de la maternelle au lycée.
Ce livre, avec une préface actualisée de Philippe Meirieu, est une réédition largement revue et augmentée de travaux précédents du même auteur qui mène depuis trente ans une réflexion sur le sujet. Il contient ainsi un chapitre sur "les consignes et le numérique" et intègre les apports de nombreux praticiens.