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Revue de presse du vendredi 19 février

Encore l’orthographe - Enseigner - Ecoles - Supérieur


C’est encore et toujours l’orthographe qui domine l’actualité. Mais l’on parle aussi d’enseignement, de financement des écoles et du post-bac.


Encore l’orthographe !

Dans Le Monde paru hier soir, la ministre de l’éducation publie une tribune s’en prenant à ses prédécesseurs de droite qui se sont offusqués de l’application d’une réforme de 1990. Selon elle cette "tartufferie" occulte le vrai débat, celui de l’éducation des enfants. Et elle renvoie les anciens ministres à leurs bilans. "Vous qui, entre 2002 et 2012, avez choisi de démolir les dispositifs d’aide aux élèves les plus fragiles, de ne plus recruter d’enseignants y compris de lettres classiques ou d’allemand, de ne plus former les professeurs, de concentrer tous les moyens en direction de ceux qui en avaient le moins besoin, de renoncer à toute modernisation pédagogique dans l’acquisition des connaissances fondamentales, dont la maîtrise de la langue française, n’avez-vous rien de mieux à dire au pays que votre soudaine et opportune indignation contre une évolution orthographique décidée il y a plus de vingt-cinq ans, sans jamais l’avoir contestée lorsque vous étiez aux responsabilités ? "

Cécile Ladjali rappelle que les mots ont une histoire : "L’orthographe des mots est la trace fossile de notre passé, sans laquelle il est impossible de comprendre notre présent ni d’envisager sereinement l’avenir. Un accent, un tréma, une double consonne ne sont pas les caprices d’un scribe obscur ou d’un académicien abscons, mais les résultats de siècles et de siècles d’évolution." Pourquoi alors refuser qu’ils continuent d’évoluer ?

Deux linguistes donnent leur avis dans deux médias différents. Dans Télérama, Louis-Jean Calvet explique que cette "réforme est d’ailleurs appliquée en Belgique ou en Suisse, alors qu’on l’ignore en France depuis 26 ans." Et de noter que ce ne sont pas les quelques rectifications de cette réforme qui résoudrons les problèmes des élèves : "qu’ils sachent écrire « é » ou « er » à la fin d’un verbe, qu’ils sachent mettre les pluriels quand il faut, c’est autrement plus important, et cette pseudo-réforme ne concerne pas cela." Et cette réforme n’est pas synonyme d’appauvrissement de la la langue. "Il y a appauvrissement lorsque ceux qui parlent une langue n’en dominent que 300 ou 500 mots : là, c’est un problème pédagogique, car moins on a de mots, moins on peut s’expliquer. Et moins on peut s’expliquer, plus on se tape dessus !"
Dans Libération, Fabrice Jejecic rappelle que "il ne s’agit ni d’une réforme ni d’une simplification de l’orthographe. Mais simplement de rectifications portant sur des anomalies, des oublis ou des coquilles. D’ailleurs, la plupart des Français les appliquent sans en avoir conscience, c’est dire qu’elles sont en adéquation avec l’usage courant." Pour lui, c’est une affaire éminemment politique, "Comme si toucher à l’orthographe revenait à toucher un texte sacré ! Comme si cela représentait la puissance passée de la France, et un besoin d’identité… En réalité, il s’agit pour moi de conservatismes, revenant à mettre une série de pièges pour que les gens arrivent à des situations d’échec. C’est assez déplorable quand on en mesure les conséquences : le temps perdu à apprendre à bien orthographier plutôt que d’acquérir d’autres savoirs, vous imaginez ? Défendre l’orthographe, qui s’est imposée pour les raisons que j’ai exposées, ce n’est vraiment pas dans l’esprit des Lumières."

Le dernier mot aux correcteurs du Monde : "«  La vocation d’un journal généraliste comme Le Monde n’est pas de promouvoir les réformes de l’orthographe ou d’aller au-devant des changements et des modernisations de la langue, comme celles que préconisent les “Rectifications de 1990”, résume Marion Hérold. Le Monde est un peu le reflet de la société dans laquelle vivent ses lecteurs  : anglicismes, féminisation des mots et simplifications orthographiques et grammaticales doivent être introduits en douceur lorsqu’ils apportent un supplément de sens, illustrent une réalité évidente ou entérinent un usage incontournable.  »"


Enseigner

La réforme du collège inquiète les enseignants. Selon une enquête réalisée par le Web Pédagogique, 60% d’entre eux seraient inquiets quant à la mise en place des EPI. Remarquons que pour une majorité c’est une opportunité pour travailler autrement avec les élèves mais ils aimeraient des heures de concertations et surtout avoir des exemples de projets, "la création d’une base de données où un grand nombre d’enseignants partageraient leurs EPI et leurs résultats, ce qui constituerait un formidable outil d’inspiration pour l’ensemble de la communauté enseignante" (analyse de ToutEduc)

Une enquête de l’OCDE dénonce la gestion des enseignants. "C’est clairement le mode de gestion des enseignants qui est dénoncé par l’OCDE, leur manque de controle sur les décisions affectant les élèves ou les programmes, leur très faible participation aux décisions sur la gestion de leur établissement. C’est aussi le formidable isolement des enseignants français pour qui la mise en réseau, l’échange avec d’autres enseignants relève de l’initiative individuelle et par suite a du mal à se glisser dans l’emploi du temps professionnel." (Café Pédagogique)

Comment mieux accompagner ses élèves dys ? C’est la question posée à Isabelle Ducos-Filippi dans VousNousIls. Elle constate que la formation initiale des enseignants ne se préoccupe pas de ces enfants handicapés (la formation continue non plus dans certaines académies). Chargée de mission pour les TSLA dans l’académie de Créteil, elle explique comment elle agit en classe. "J’ai aussi changé de posture, en faisant en sorte de mieux connaître les difficultés de mes élèves, afin d’adopter une bienveillance pédagogique. Elle se traduit par la fin de toute minimisation ou indifférence face aux troubles. Enfin, j’ai mis en place une pédagogie adaptée, afin de lever les obstacles – lecture, écriture, organisation et mémorisation. Avant chaque séquence, je réfléchis à des stratégies de compensation pour les contourner."

Une réflexion très intéressante ce matin dans Le Café pédagogiquePhilippe Mérieu s’interroge sur le rapport entre le savoir et la laïcité. "nul ne peut prétendre avoir, définitivement et une bonne fois pour toutes, séparé en catégories complètement étanches le « savoir » et le « croire »."
"Malgré les railleries, le pédagogue reste consubstantiellement un grand naïf aux yeux des esprits forts. Mais il persiste et signe. Il entend bien, autour de lui, ceux et celles qui lui disent que ses propositions ne pèsent guère face aux enjeux géopolitiques, aux problèmes considérables de sureté intérieure, aux rapports de force économiques et politiques. Il comprend tout cela. Mais il demande une réciprocité minimale : qu’on reconnaisse que rien de ce qui est fait avec les « petits d’hommes » n’est totalement innocent pour notre avenir commun et que « le moindre geste » peut aussi changer bien des choses."

Enseigner l’histoire-géographie en lycée, cela veut dire enseigner la "composition". Un peu d’humour de Fabrice Erre sur l’évolution de cet exercice.

Encore un peu d’humour avec ce billet de blog d’actualité en ces vacances scolaires. "Je suis prof, et (je) ça vous emmerde"
"Hier, quelqu’un m’a dit "Encore en vacances ? Mais tu travailles jamais !". Dans ton imaginaire, j’ai probablement les joues roses et l’œil alerte, je sautille d’élève en élève pour leur expliquer en comptines les règles difficiles et je dors du sommeil de la bien-heureuse, fière du métier accompli et comblée par mes nombreux loisirs : cuisine, guitare, peinture sur verre et scrapbooking. Alors, cher quelqu’un, sache que mes dix dernières semaines travaillées 50 heures chacune, seule devant mon ordinateur, devant mes élèves ou devant mes cahiers, ne me laissent même pas l’énergie de faire ma lessive. Je suis crade, j’ai des cernes et je suis proche du coma par épuisement. Et pendant ce temps, mes élèves continuent de sautiller, sans fin."


Ecoles

Selon Solidarité Laïque, l’école du chemin des dunes de Calais est sauvée.

La Gazette des communes revient sur le financement des établissements scolaires. "La commune, le département et la région ont respectivement la charge des écoles, des collèges et des lycées." "Le tout est tributaire des finances locales et des décisions politiques. La polémique à propos des écoles des quartiers nord de Marseille, outrageusement délabrées, est une flagrante illustration des inégalités territoriales en matière d’éducation." "En 2011, une étude de l’Association nationale des directeurs de l’éducation des villes (Andev) pointait les écarts entre écoles : de 1 à 10 pour les frais de fonctionnement, quand les crédits annuels d’investissement variaient de 0 à plus de 1800 euros par élève."


Supérieur

Dans La Tribune, la privatisation croissante de l’enseignement post-bac. "En France, 1 étudiant sur 5 suit désormais des cours dans l’enseignement privé. Le phénomène, accompagné d’une explosion des frais de scolarité, n’a pas échappé aux fonds d’investissement français et étrangers qui prennent position sur le marché de l’éducation. L’enseignement public riposte pour compenser la perte de financements, tandis que les nouveaux acteurs du numérique jouent leur carte."

Le ministère souhaite instaurer des quotas minimums pour les BTS et DUT. "A l’occasion d’un communiqué sur le thème du baccalauréat professionnel, la ministre de l’Éducation Nationale Najat Vallaud-Belkacem a demandé aux recteurs d’académie de fixer des quotas minimaux de bacheliers technologiques et professionnels dans chaque Section de Technicien Supérieur (STS) et Institut Universitaires de Technologie (IUT) par arrêté."

La sélection existe à l’université. Témoignages : "Tous leurs témoignages se recoupent. Venant pourtant des six coins de l’Hexagone, ils ont vécu des événements similaires. La sélection impacte différemment chacun d’entre eux. Certains persévèrent, d’autres changent de cursus ou encore abandonnent leurs études."

Vers une uberisation de l’université ? "Les Moocs, longtemps à la recherche d’un modèle économique, ne sont plus vraiment gratuits - enfin... les cours le sont mais pas la certification qui les rend monnayables sur le marché du travail. Des offres Premium voient le jour, avec des labels prestigieux. Harvard, London Business School, HEC, Essec... toutes les plus belles "marques" se lancent dans ce business."

Géraldine Duboz


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Pédagogie : des utopies à la réalité

Revue n°525 - décembre 2015
Qu’est-ce qui fait qu’un enseignant, un éducateur, sort des sentiers battus et s’avance sur les chemins de l’expérimentation et de l’innovation ? Qu’est-ce qui le met, l’a mis en mouvement ? Quels sont les utopies, les projets, les rêves, les modèles peut-être qui font entrer dans un collectif, un mouvement pédagogique ?

Tout commence en maternelle


Revue n°517 - decembre 2014
Ils ont entre 2 et 6 ans et ils interpellent la communauté éducative pour qu’elle pense leur école, redéfinisse ses missions, entre épanouissement de l’enfant et apprentissages. Que sait-on aujourd’hui de l’école maternelle ? Quelles sont les attentes ? Qu’y apprend-on et pour quoi ? Avec qui ?