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Revue de presse du vendredi 16 janvier 2015

Penser - Chercher - Consulter - Explorer - Pérorer - Divers


Comme souvent en période de crise, l’École se trouve prise dans un maelström de critiques, d’injonctions et comme souvent, dans la tempête, il y a plusieurs façon de considérer le problème.

Penser

Il y a ceux qui se posent des questions. Et qui, plaçant encore et toujours les élèves au centre des processus éducatifs et pédagogiques, aident les jeunes à réfléchir.
Comme cette enseignante de philosophie qui témoigne dans l’Obs : Je suis Charlie... ou pas, disent mes élèves de lycée. Ils ont raison de s’interroger.« Lorsqu’on enjoint tout le monde à "être Charlie", sans discussion possible de ce que ce slogan signifie et de ce que s’identifier à ce journal veut dire, qui, des élèves ou de l’institution scolaire, ne comprend pas ce qu’est la liberté d’expression et l’exercice de l’esprit critique ? (…) C’est l’institution qui a produit ces réactions, par le cadre et les injonctions qu’elle a imposés et c’est encore l’institution, relayée par la presse, qui construit ces réactions comme problème public, figurant l’élève descendant-e de l’immigration comme une menace à la République ».
Ou bien cette enseignante de lettre-histoire en lycée professionnel, qui témoigne, dans le même journal, de la réponse qu’elle a apportée à ses élèves dans un article intitulé :"Moi, elle m’a donné quoi la France ?" : mes élèves ne se sentent pas "Charlie" . Là encore, c’est par le dialogue que l’on construit une réflexion commune. C’est par l’écoute et par l’empathie avec la souffrance de jeunes qui ne bénéficient pas toujours des valeurs affichées par la République que les idées évoluent.

Chercher

Il y a ceux qui cherchent des solutions, des pistes de travail.
Comme le fait Nathalie Mons, sociologue et présidente du Conseil national d’évaluation du système scolaire (CNESCO) qui s’exprime dans les pages du Monde. Éducation civique à l’école : négligée et insuffisante. Elle est pourtant primordiale.
L’éducation civique enseignée dans les écoles françaises a des failles. Une analyse du CNESCO écrite en urgence après les incidents observés dans certains établissements le confirme pour ceux qui en aurait douté. Des horaires consacrés mais trop souvent négligés, particulièrement dans les filières professionnelles (tout comme la philosophie d’ailleurs !), des horaires réduits au lycée alors que ce devrait être un temps fort de l’éducation à la citoyenneté, aucune évaluation lors du baccalauréat. Nathalie Mons regrette également un enseignement désincarné : « On n’apprend pas les valeurs de la République hors-sol. (…) On observe que les pays qui ont une certaine longueur d’avance sont ceux où la mise en action des élèves est la plus encouragée. C’est notamment le cas des pays anglo-saxons. »

Consulter

Du côté de la rue de Grenelle, on consulte à tout va. Najat Vallaud-Belkacem a rencontré les anciens ministres de l’Éducation et le débat s’est organisé autour de la volonté de renforcer la formation des professeurs, de la création des cours de morale et de la question de la laïcité. On peut lire un rapide compte rendu de ces débats sur le site e-orientation.
Sur le plan de la formation il y aurait encore fort à faire. L’Étudiant a interrogé quelques formateurs bien inspirés (*poke !).
"L’idée que la formation des enseignants doit être surtout disciplinaire est encore largement répandue", regrette Anne Sabatini responsable du secteur école des Centres d’entraînement aux méthodes d’éducation active (CEMÉA). Les événements tragiques de la semaine dernière viennent démontrer l’inverse.
Au-delà d’un manque de formation, les événements récents ont également mis en évidence le fossé qui sépare les jeunes professeurs, issus pour une grande partie d’entre eux des classes moyennes, de leurs élèves. En atteste le désarroi de certains face à la réaction de jeunes qui ont refusé de faire la minute de silence.
"C’est comme s’ils avaient soudainement pris conscience que les élèves n’avaient pas nécessairement les mêmes références qu’eux", analyse Philippe Watrelot, qui suggère que "tous les stagiaires aient une formation en sociologie". L’objectif d’une telle formation serait d’"aider les enseignants à aborder les élèves dans leur globalité, en tenant compte de leur culture et de leurs valeurs, souvent très éloignées de celles des enseignants
 » ajoute Anne Sabatini.

Explorer

Les pistes à explorer sont légion. Hier, Marie-Christine Blandin sénatrice EELV a interrogé la ministre lors de la séance de questions d’actualité au gouvernement, sur la mise en œuvre de la formation des enseignants à la résolution non-violente des conflits. La question et surtout la réponse de Najat Vallaud-Belkacem est disponible en vidéo sur le site du Sénat.

En cette période confuse, certains creusent déjà depuis longtemps le sillon d’une autre façon d’enseigner.
Inscrits dans le mouvement du Printemps de l’éducation, des représentants d’une vingtaine d’associations engagées dans les pédagogies « différentes » et des représentants de l’institution s’étaient réunis en novembre dernier. Agoravox nous livre aujourd’hui le compte rendu de cette réunion dont les thèmes résonnent de façon tout à fait étonnante en cette mi-janvier.

Pérorer

Pendant ce temps d’autres ont déjà trouvé des solutions toutes faites, des recettes magiques, dans la lignée du classique « y’a qu’à - faut qu’on ».... Jean-Paul Brighelli jamais à court d’idées propose d’« enseigner de nouveau des savoirs réels » (sic !), inénarrable Sophie Coignard voue déjà à l’échec des propositions non encore formulées. Anne Coffinier, militante de la Manif pour tous, nous vante le bienfait du lever de drapeau, de l’uniforme, des enseignants « en tenue correcte » et du vouvoiement dès le CP (pour que l’élève se sente une personne respectable). Camille Bedin (courant « La France forte » de l’UMP), connaît les coupables : le communautarisme et Internet. M. Retailleau, sénateur de Vendée les connaît aussi : l’idéologie soixante-huitarde.
Vraiment, je ne vois pas pourquoi on n’applique pas touts ces grands projets si efficaces ! Par contre, je n’arrive pas à retrouver le lien vers toutes ces idées novatrices. Je prie mes lecteurs de bien vouloir me pardonner ce manquement. De toute façon, vous avez sûrement dans une bibliothèque proche de chez vous quelques incunables dans lequel vous pourrez trouver des propositions équivalentes.

Bien évidement, les médias ne ratent pas non plus ceux qui feraient n’importe quoi, comme cette enseignante de centre de formation professionnelle de Bobigny, suspendue car soupçonnée d’avoir tenu des propos complotistes devant ses élèves après les attentats de Paris.

Divers

Pendant ce temps, l’Association des professeurs de langues vivantes (APLV) prépare le salon Expolangues (qui se tiendra à Paris du 5 au 7 février prochain). Jean-Luc Breton, enseignant et vice-président de l’ APLV fait le point sur l’enseignement des langues dans les colonnes de VousNousIls

Pendant ce temps, les universités n’ont toujours pas reçu notification de leurs budget pour l’année 2015. « L’examen de la répartition des moyens 2015 entre les universités est encore repoussé. Déjà reportée de décembre à janvier, la réunion du Cneser est finalement prévue pour… fin février 2015. Les facs devraient malgré tout recevoir prochainement la première partie de leurs dotations, mais devront patienter pour avoir une vue d’ensemble sur l’année. Tous les détails sur EducPro.

Voila, c’est tout pour aujourd’hui.
Demain Philippe Watrelot vous livrera son bloc-note hebdomadaire.
Bon week-end.

Mila Saint Anne


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Faire vivre une morale laïque
Hors-série n°30 - avril 2013
Publication disponible uniquement au format numérique (PDF - epub), en téléchargement depuis notre site.
Une compilation d’articles parus ces dernières années sur l’éducation à la citoyenneté, le droit, la laïcité, les débats et les « questions sensibles » à l’école, en contribution à la réflexion en cours sur une « morale laïque ».

Enseigner les langues vivantes avec le Cadre européen
Hors-série n°18 - avril 2010
Le Cadre européen commun de références en langues favorise-t-il la qualité de l’enseignement des langues, sa démocratisation ? Dans ce dossier, des points de vue contrastés, complémentaires souvent, parfois contradictoires, reflets d’un débat bien réel dans la profession.

Actualité de la pédagogie différenciée
Revue n°503 - février 2013
La pédagogie différenciée apparaît comme une réponse à de multiples problèmes : l’accueil d’élèves non francophones, d’élèves handicapés, la lutte contre l’échec scolaire et la garantie pour tous d’un socle commun. Un dossier pour faire le point sur les différences entre élèves.