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Revue de presse du vendredi 15 septembre 2017

Don Quichotte — Réactions — Ecole — Supérieur

Notre ministre ne compte plus ses déclarations aux médias et du coup la stratégie de communication commence à être éventée... et les réactions se manifestent. Du coup des interrogations sur l’Ecole se formulent. On terminera par quelques infos sur le supérieur.


Don Quichotte

Dans le Figaro, Judith Waintraub a trouvé les moulins à vent de notre ministre et se donne les raisons d’y croire avec cette question, École : et si enfin ça changeait ?Pédagogie, discipline, dérives islamistes : rien ne va plus, et depuis longtemps, dans le système scolaire français. Le nouveau ministre de l’Éducation s’est lancé dans une contre-révolution qui ne dit pas son nom, avec la bénédiction d’Emmanuel mais aussi de Brigitte Macron.”

Dans Le Monde, Aurélie Collas rappelle les belles intentions au sujet des Programmes : Jean-Michel Blanquer ne veut pas « tout bousculer »… mais un peu quand même. “Autant de sujets brandis régulièrement par le camp des « antipédagogistes » pour dénoncer la baisse d’exigence de l’école. Après sa prise de position, à la rentrée, contre la méthode globale en lecture (qui n’est pas strictement utilisée en classe), le ministre a quasiment balayé tous les thèmes favoris de cette frange de l’opinion, qualifiée par ses adversaires de « conservatrice ».
« J’ai l’impression qu’il adresse des signes à tous ceux qui pensent que la politique éducative de la gauche a bradé le niveau, déplore Michel Lussault, le président du Conseil supérieur des programmes. Les décisions qu’il prend – de manière très solitaire – ne se limitent pas à de simples ajustements. Curieux pour un ministre qui se dit pragmatique, soucieux de s’appuyer sur l’évaluation ! En matière de programmes, rien n’a été évalué, puisque ceux-ci n’ont qu’un an d’existence. »

Toujours dans Le Monde, Mattea Battaglia s’interroge… Jean-Michel Blanquer, ministre « rétro » ?En s’exprimant régulièrement dans les médias, le ministre de l’éducation nationale s’adresse plus aux parents qu’aux enseignants.”

Education : Jean-Michel Blanquer fustige « une stratosphère qui crée de faux débats ». “Invité jeudi de l’émission « Questions d’info » sur LCP, le ministre de l’éducation nationale trace sa route en se montrant imperméable aux critiques.” “« L’intérêt général » est devenu le maître mot du ministre de l’éducation nationale pour répondre à ses détracteurs, qui le qualifient de « réac ». Quand on lui demande s’il se considère comme un homme « de gauche » ou « de droite », il élude et rétorque : « Je suis habité par la question de l’éducation au service de l’intérêt général », en invoquant son expérience de terrain : « Je vois ce qu’il se passe et, si j’avance avec cette fermeté, c’est parce que je sais à quel point ça correspond à des demandes de terrain. » Fustigeant « une stratosphère qui crée des faux débats », il s’est dit imperméable aux critiques qui émanent d’elle : « Des gens viennent vous dire : “Vous êtes un réactionnaire, vous êtes un scientiste, vous êtes un technocrate”, ça m’est complètement égal, ce qui compte, c’est l’intérêt général, c’est l’intérêt des enfants. »

La division à l’école, ce sera dès 6 ans. “L’idée est dans l’air du temps : la méthode de Singapour, une pédagogie qui vaut aux écoliers asiatiques de briller loin devant leurs camarades des autres pays, prévoit l’apprentissage précoce des opérations mathématiques, y compris avec des grands nombres, dès les premières années d’école. Au Royaume-Uni, les Britanniques commencent dès 5 ans à calculer des multiplications et des divisions à l’oral. Et au Japon, certains parents fortunés emploient même des maths-sitters, des baby-sitters chargées de familiariser les petits aux chiffres.”

En deux étapes, Jean-Marc Chevauché défend Jean-Michel Blanquer par l’appel au bon sens sur le Courrier Picard… “Ce Blanquer est plaisant quand il a des exigences de bon sens, bien fermes sur leurs principes et solides d’intelligence.”


Réactions

Education : « On assiste au détricotage ». "Le patron des programmes scolaires, Michel Lussault désapprouve les annonces de son ministre Jean-Michel Blanquer. Un clash au sommet de l’Éducation nationale. “En tant que président du Conseil supérieur des programmes et à titre personnel, je suis surpris sur la forme et sur le fond. Sur la forme, Jean-Michel Blanquer annonce ses décisions dans la presse. Il fait cela tout seul, comme un ministre « omnicompétent », alors qu’à l’inverse, les programmes mis en œuvre en 2016 ont été élaborés après deux ans de consultation d’une centaine de personnes. Sur la forme encore, les programmes d’aujourd’hui n’ont pas été évalués, le Conseil supérieur n’a pas été consulté. Je note que le ministre de l’Éducation nationale avait dit qu’il ne préparait pas de grande réforme, or on assiste au détricotage de tout ce qui a été fait auparavant.”

Conseil des programmes scolaires : Michel Lussault en sursis. “Combien de temps tiendra-t-il ? La question agite la Rue de Grenelle, car il est peu probable que Michel Lussault, nommé à la tête du Conseil supérieur des programmes par Najat Vallaud-Belkacem, demeure longtemps à ce poste clef. Très proche de l’ancienne ministre, cet agrégé de géographie et ancien président d’université, qui a piloté la dernière réforme des programmes scolaires, fait figure de dernier des Mohicans au sein d’un ministère en pleine révolution idéologique.”

Inlassablement, répondre aux mensonges et contre-vérités… (suite) Jean-Michel Zakhartchouk. “La mode est aux fake news, on le sait. Mais aussi à la riposte à ceux-ci, de plus en plus importante dans les médias et sur internet. Pourtant, en matière éducative, on est loin du compte : trop peu de journalistes par exemple s’emploient à démasquer mensonges, contre-vérités et approximations venant soit de responsables institutionnels soit de plumitifs divers dont certains se prétendent « intellectuels » et ne le sont guère quand ils profèrent un peu n’importe quoi sur l’école et la pédagogie (mais pour certains comme les producteurs de livres à la chaîne Onfray ou Debray, c’est sur tous les sujets !).”

École : les vrais défis, sur les Cahiers pédagogiques. Les enjeux de la réforme pédagogique du collège par Jean-Paul Delahaye. “Le collège unique n’est toujours pas réellement mis en place. Plutôt que d’y renoncer, il faudrait s’atteler véritablement à sa mise en œuvre, et cela passe notamment par une réforme de la pédagogie qui y est pratiquée.”

« Saisir l’opportunité que représente cet outil pédagogique ». Recueilli par Sylvain Labaune. “Faut-il interdire les téléphones portables au collège ? L’avis de Philippe Watrelot, professeur de sciences économiques, ancien président du Cercle de recherche et d’action pédagogiques (Crap).”


Ecoles

Un petit rappel. Méthode globale ou syllabique : de quoi parle-t-on ? Par Jérôme Deauvieau, professeur de sociologie à l’Ecole normale supérieure , Janine Reichstadt , professeure honoraire à l’Espé de Créteil et Jean-Pierre Terrail, professeur honoraire à l’université de Versailles - Saint-Quentin-en-Yvelines. “Les deux techniques cohabitent dans les écoles, et les difficultés persistent. L’approche syllabique, qui permet un décodage fluide des mots, n’exclut en rien le travail sur la compréhension.”

École : les vrais défis sur les Cahiers pédagogiques : Lecture : la guerre des méthodes n’aura pas lieu, Entretien avec Roland Goigoux. “Ce que pense l’un des meilleurs spécialistes de la lecture en France, professeur des universités à l’ESPÉ Clermont-Auvergne, des risques de réouverture de querelles stériles sur les méthodes, de la meilleure façon d’optimiser les dédoublements en CP de REP ou du bon usage des neurosciences.”

Ecoles hors contrat : un laboratoire pour l’école. “Elles veulent conjurer les défaillances de l’Éducation nationale et proposent de nouvelles pédagogies. Au plus près de la réalité des élèves, les 1400 écoles hors contrat de l’Hexagone rivalisent d’audace et de créativité. Pour la nouvelle équipe de la Rue de Grenelle, elles peuvent constituer un laboratoire. Plongée dans la galaxie de ces lieux d’apprentissage qui dessinent un nouvel état d’esprit.”

L’école, plus qu’un simple vecteur de connaissances ?Souvent interrogée sur son organisation, la qualité de ses enseignants, ses modes d’évaluation, l’école est aujourd’hui sollicitée sur la question des savoirs enseignés et sur la façon de les diffuser. La première mission de l’école est en apparence de transmettre des savoirs, mais de quels savoirs s’agit-il exactement ? L’école, et les professeurs ont-ils vocation à éduquer les élèves ou leur mission est-elle bien plus vaste : leur faire découvrir le monde, l’art et les autres ?

Et même quand elle est finie, Activités extra-scolaires : « Et le tien, il fait quoi, comme activité, cette année ? » sur le blog de Sandrine Chesnel, journaliste à lunettes. “C’est que dans certains milieux favorisés, ne pas inscrire son enfant à une activité culturelle et/ou sportive à chaque rentrée semble quasiment relever de la maltraitance. Il faudrait que Lulu fasse de la musique dès deux ans sinon il ne développera pas une oreille musicale ; il devra aussi commencer dès 6 ans un sport co’ sinon il ne développera pas le sens du collectif. Nous le savons tous, cette frénésie d’activités extra-scolaires dissimule très souvent une inquiétude des parents quant au devenir de leurs rejetons : la vie est une compétition, la scolarité une course d’obstacles, et un enfant qui fait plein d’activités extra-scolaires sera « plus épanoui », et donc « mieux armé » pour réussir plus tard (« réussir » quoi, ça fera l’objet d’un autre billet). Les emplois du temps de ministre des enfants de cadres ne sont souvent que l’expression la plus concrète d’une forme de pression scolaire qui pèse autant sur les parents que sur les enfants.”


Supérieur

Plateforme APB : plus de 3.000 bacheliers toujours sans affectation à l’université. “Plus de 3.000 bacheliers inscrits sur la plateforme admission post-bac (APB), essentiellement issus de filières techniques et professionnelles, sont toujours sans affectation à l’université, a déclaré jeudi la ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal, en assurant que tous auront "une proposition".
Les bacheliers généraux "trouveront des places". "Sur le dernier pointage, il y a une centaine de bacheliers généraux qui sont toujours à la recherche d’une formation qui leur convienne et toujours 3.000 bacheliers professionnels et techniques", a déclaré la ministre sur France Inter. "Les 100 bacheliers généraux, je pense qu’ils trouveront une place, il y a plus de 100.000 places disponibles dans les établissements d’enseignement supérieur
.”

Rappel, il y avait 864 324 candidats inscrits en juin dans APB. 100 000 places disponibles ? Impossible de trouver le nombre de places offertes en post-bac globalement...

Accès à l’université et financement de l’enseignement supérieur et de la recherche : que faire ? (épisode 4) par Hervé Dole, Professeur (astrophysique et physique) - Institut d’Astrophysique Spatiale (CNRS & Univ. Paris-Sud), Université Paris Sud – Université Paris-Saclay. “Quatrième et dernier épisode de l’état des lieux et propositions sur l’université en particulier, et l’enseignement supérieur et la recherche en général. Aujourd’hui : les pistes de réflexion. Retrouvez l’épisode 1, l’épisode 2 et l’épisode 3.”

Journées du patrimoine. L’enseignement supérieur dévoile ses trésors cachés. “Jardin botanique datant du XIIIe siècle, collection de livres anciens, observatoire astronomique en plein de cœur de Paris… À l’occasion des Journées européennes du patrimoine, les 16 et 17 septembre 2017, EducPros fait l’inventaire des trésors des universités et grandes écoles découverts au cours des derniers mois.”

Bernard Desclaux vous souhaite une belle fin de semaine.


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

N° 537 - Classes inversées

Dossier coordonné par Françoise Colsaët et Héloïse Dufour
mai 2017

La classe inversée, on en parle beaucoup, des partisans enthousiastes et des opposants décidés s’opposent. Est-ce une mode passagère, un gadget pédagogique, ou l’amorce d’un changement de fond ? Au-delà des définitions (trop) simples, ce dossier s’attache à mieux cerner ce qu’est la classe inversée.

N° 536 - Éduquer aux médias et à l’information

Dossier coordonné par Émilie Kochert
mars 2017

Nous sommes inondés d’informations. L’actualité a remplacé l’information dans une culture du buzz où souvent on ne prend pas le temps de vérifier. Est-il simple de déceler le vrai du faux ou de sélectionner l’information dans le divertissement ? Éduquer aux médias et à l’information relève des missions des enseignants.