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Revue de presse du vendredi 14 novembre 2014

Actualité ministérielle - Numérique toujours - Brèves


Actualité ministérielle

Dans le cadre de la Modernisation des métiers de l’Éducation nationale, "Najat Vallaud-Belkacem vient de rendre sa copie pour redéfinir les métiers de l’enseignement" peut-on lire dans Ouest France qui titre « La ministre veut plus d’équité salariale entre les profs » et particulièrement "entre les indemnités des professeurs du primaire et du secondaire, sans toutefois donner de calendrier pour augmenter celle des instituteurs" (ndrl : On dit « professeurs des écoles » !).
La quotidien régional relève un certain nombre de points actés et liste les chantiers encore en cours. "Pour les contractuels, l’ancienneté dans l’Éducation nationale sera prise en compte lors de la titularisation. Une autre discussion est prévue sur les personnels de la formation continue. Les discussions sur les professeurs des classes préparatoires aux grandes écoles, qui avaient provoqué un conflit social, n’ont « pas abouti à un résultat qui aurait été accepté par le plus grand nombre », a indiqué la ministre. « Ce point devra être travaillé dans les prochains mois ».
Les travaux se poursuivent pour les personnels sociaux et de santé ainsi que pour les personnels d’orientation et psychologues.
"
Ce ne sera pas du luxe pour la médecine scolaire, qui n’a pas souvent l’honneur des médias. Deux journaux en ligne sont allés interroger Jocelyne Grousset, secrétaire générale du Syndicat national des médecins scolaires et universitaires (SNMU-Unsa Éducation), premier syndicat de cette profession. Weka nous rappelle que c’est une profession en crise. Un seul chiffre fait frémir. Celui des effectifs : 1 100 médecins pour 12 millions d’élèves ! VousNousIls rappelle les nombreuses missions des médecins scolaires : promotion de la santé, prévention, examens médicaux obligatoires, rédaction du projet d’accueil individualisé (PAI) pour les enfants atteints de maladies chroniques, dépistage des handicaps et aménagements nécessaires à la scolarité, avis d’aptitude aux travaux réglementés, protection de l’enfance, référent de l’institution pour la mise en sécurité des élèves... La responsable syndicale insiste également sur le manque d’attractivité d’un métier (263 postes de médecins scolaires vacants cette année) qui n’est pas enseigné à l’université qui ne pourrait être corrigé que "par une revalorisation des salaires et une reconnaissance réelle des missions".

Sur le site du ministère on peut lire le texte de la Modernisation des métiers de l’Éducation nationale dans son intégralité. Il s’articule autour de trois volets : l’évolution des métiers, les mesures budgétaires et la refonte de l’éducation prioritaire.

L’autre grande actualité du jour pour la ministre était sa visite au collège de Vic-Fezensac ou, depuis 5 ans, les notes chiffrées ont été peu à peu abandonnées au profit d’une évaluation des compétences. Une visite qui ne fait pas l’unanimité car elle touche à un sujet quasiment tabou : la notation.
Le Monde y consacre deux articles. Le premier décrit les effets sur le climat scolaire et sur la motivation des élèves et parle d’un collège métamorphosé.
Dans le second, plus critique, Maryline Baumard s’interroge sur les "risques de « l’évaluation bienveillante » des élèves" et se demande "si c’est au ministre de dire aux enseignants comment noter leurs copies". Si j’osais répondre, parce que ce sujet me tient particulièrement à cœur, je dirais que ces deux articles ne voient pas la forêt que cache l’arbre de la notation. Vouloir poser le débat en « pour ou contre la note » c’est à coup sûr relancer des querelles stériles. Car la notation finalement, ce n’est ni le problème, ni la solution, si son abolition ne s’inscrit pas dans une vision globale de l’acte d’enseigner. Dans lequel la bienveillance a toute sa place.
L’Obs consacre lui aussi un long article à cette visite ministérielle et cite une des enseignants à l’origine de la mise en œuvre de cette nouvelle pédagogie : "Depuis longtemps, nous trouvions que les notes avaient un effet contre-productif, explique-t-elle. Les élèves ne regardaient que ça. Nous avions envie de leur faire prendre conscience qu’ils apprennent pour eux-mêmes, pour se former, et non pour décrocher un 16 ou un 18."
Car l’idée de supprimer la notation chiffrée n’est pas l’effet d’une lubie subite.
"L’adoption en 2005 du socle commun de connaissances et de compétences, c’est-à-dire le périmètre de ce qu’un adolescent qui sort du collège doit savoir et savoir faire, a décidé cette équipe de professeurs à se lancer dans l’aventure. Ils ont revu entièrement leur manière d’enseigner et d’évaluer, se sont formés pour cela, avec le soutien de la direction du collège."
Enseignement/évaluation/formation/projet d’établissement.... c’est un cadre solide et complet qui s’est construit et qui a permis cette métamorphose.
"Cette nouvelle culture a pacifié l’ambiance dans le collège. Elle réduit les confrontations entre les élèves et la vingtaine de professeurs, conclut Christèle Thiriet, enseignante d’histoire-géographie. "Ils nous voient moins comme des juges, que comme des tuteurs". Et ils sont plus actifs en classe." Un bilan positif donc, mais un article qui laisse une drôle d’impression. D’abord parce que le détail de la « cuisine pédagogique » qui accompagne les pratiques de cet établissement y est un peu caricaturée mais surtout parce qu’en titrant "Najat Vallaud-Belkacem veut-elle supprimer les notes à l’école ?" Caroline Brizard ouvre forcément la porte à la polémique elle aussi.

Le journal du sud-ouest, la Dépêche pose la question « Faut-il supprimer les notes à l’école ?"
Il rappelle que "depuis la loi de 2005 qui a permis le développement des expérimentations et instauré le socle commun, les lignes bougent. Le dispositif d’évaluation est encore balbutiant, comme le souligne le rapport de l’IGVS. Du fait notamment des limites liées à la résistance des parents mais aussi à l’environnement professionnel, au statut des professeurs et au système éducatif lui-même, qui ne parvient pas à accompagner ou à encadrer suffisamment les innovations observées"

Najat Vallaud-Belkacem qui accorde une interview à ce même journal, rappelle que ce qui se passe au collège de Vic-Fezensac est "une innovation du terrain, née de la volonté des équipes éducatives de mieux faire réussir les élèves, qui se traduit par de très bons résultats en termes de niveau des élèves. Je soutiens avec force les innovations pédagogiques qui viennent du terrain. Et je suis convaincue qu’il faut faire évoluer les modalités d’évaluation des élèves. Mais il ne s’agit pas pour moi d’imposer la suppression des notes dans tous les collèges de France. Ce qui marche à Vic-Fezensac peut ne pas être aussi efficace dans d’autres établissements."
Voila qui répond aux questions qu’on se posait plus haut.
Quoi qu’il en soit, les résistances à ce genre de pratique, on peut les sentir dans toute leur force en lisant les résultats du sondage proposé aux internautes à la fin de cette interview. À l’heure où cette chronique est rédigée, on note un score très net (72 %) en faveur de l’abandon.... de l’évaluation par compétences.

Numérique toujours

Un long article dans les Inrockuptibles tente de faire le point et de comprendre "Pourquoi l’Éducation nationale patine sur le numérique" alors que François Hollande vient d’annoncer son nouveau plan.
La liste est longue.... Disparités dans les équipements, “illusion technologique” ("l’équipement ne fait pas tout"), défaut de formation - en formation initiale dans les ESPE et en formation continue - ("savoir se servir d’un ordinateur ne suffit pas toujours pour bien l’utiliser en classe") … Mais aussi une logique de déploiement de matériels par l’institution alors qu’il faudrait renforcer les liens avec la recherche dans une logique de bottom-up : "élaborer des méthodes sur le terrain, les valider par la recherche, puis les déployer au niveau national".
L’article évoque également les « coups de com’ » et les « conflits d’intérêt » avant de conclure sur le constat d’une inertie du système éducatif.

Tiens, puisqu’on en est à parler de numérique, une centaine d’acteur de l’Éducation nationale viennent de signer un appel pour demander à l’État de garantir l’interopérabilité des fichiers et des données et donc l’utilisation de formats ouverts afin d’assurer « la pérennité des ressources et l’égalité d’accès » Vous pouvez ajouter votre signature en ligne.

Brèves

Le Projet de loi de finances rectificative 2014 prévoit l’annulation de 202 millions d’euros de crédits sur le budget du ministère de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur. Selon le ministère, cette annulation n’aura pas d’impact, puisqu’elle porte sur des crédits en réserve. C’est à lire dans VousNousIls.

Pour des raisons financières, le ministère de l’Éducation Nationale envisage la fermeture de classes préparatoires aux grandes écoles. Trois écoles provençales sont concernées : deux à Avignon, et une à Aix-en-Provence. Un reportage de France3 Provence-Alpes.

"Une école et une maison de retraite sous le même toit’ ! À Souvigny-de-Touraine, près d’Amboise (Indre-et-Loire), un bâtiment accueillera dès la rentrée prochaine une école et une maison de retraite. Cet établissement atypique doit favoriser les échanges intergénérationnels. Et une étudiante en psychologie est en train de modéliser le concept pour qu’il puisse être généralisé dans l’Hexagone. A lire dans La Croix.

Bonne lecture (tardive) et un bon week-end en compagnie du bloc-note de Philippe Watrelot !

Mila Saint Anne

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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Vers l’école du socle commun
Revue n°515 - septembre 2014
La loi de la refondation a réaffirmé le socle commun. Ce dossier veut mutualiser les expériences et réflexions menées sur le terrain. Nous touchons là à un rôle fondamental de l’école : Que s’agit-il d’enseigner ? Dans quel objectif ? Qui pour le faire, dans quel cadre ? Dès maintenant, des réponses…

L’évaluation des élèves
Revue n°438 - décembre 2005
L’évaluation peut être au premier chef un facteur d’aggravation des inégalités scolaires, produisant sélection et tri. Elle peut aussi être autre chose, essentiellement formative : reconsidérer l’erreur, utiliser des outils comme les « ceintures », se mettre au portfolio né de l’enseignement des langues vivantes, évaluer des tâches complexes sans les réduire à des listes d’items.

Éducation à la santé
Hors-série n°24 - janvier 2012
Publication disponible uniquement au format numérique (PDF - epub), en téléchargement depuis notre site.
Comment éviter le moralisme, les injonctions aux « bons » comportements ? Comment ne pas se limiter à des actions ponctuelles, marginales, déconnectées de l’enseignement ? Des exemples de démarches de projet, de partenariat, pour impliquer les élèves, sans oublier de « soigner le milieu ».