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Revue de presse du vendredi 13 juin 2014

Je code, tu décodes ? - Sale temps pour les profs ? - MOOC et SPOC sont dans un bateau - Déflouter l’orientation


Aujourd’hui il est question de loi pour imposer l’enseignement du codage à l’école alors que le statut des profs est remis en cause à l’étranger. Les SPOC remplacent les MOOC et l’on s’interroge sur l’état des missions des personnels d’orientation.


Je code, tu décodes ?

C’est une proposition qui tourne depuis quelques temps, mais c’est officiel, "la députée Laure de la Raudière (UMP) vient de déposer une proposition de loi visant à rendre obligatoire l’apprentissage du codage informatique dès l’école primaire" (nextinpact.com). Le codage est mis sur le même plan que la lecture, l’écriture, la langue française et les mathématiques : la proposition de loi. A l’ère du numérique, les élèves doivent le maîtriser et pas le subir. C’est aussi un enseignement qui peut se révéler utile pour le monde de l’entreprise. Le codage est d’ailleurs mentionné dans le nouveau socle commun.

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Cet enseignement ne fait pas l’unanimité. Numerama.com rapporte les propos du créateur de Linux Linus Torvalds qui "a ainsi jeté un pavé dans la mare en se prononçant contre la programmation à l’école, jugeant que ça devait rester une spécialité au même titre que la plomberie ou le pilotage d’un avion. "Je ne crois pas que tout le monde doit nécessairement essayer d’apprendre à coder. Je pense que c’est assez spécialisé et personne ne s’attend vraiment à ce que la majorité des gens le fasse", a-t-il expliqué."
En 2012, Delphine Regnard expliquait déjà pourquoi elle considérait cet enseignement comme important : "Je suis de plus en plus convaincue de l’importance et de l’utilité d’apprendre à coder à nos élèves, et particulièrement à ceux de la filière Littéraire. Non seulement important et utile, mais surtout urgent car c’est là que se joue la démocratisation du monde par le web, et du web par le monde, non pas dans la parole donnée à tous, mais dans le contenu de cette parole dont tout un chacun pourra faire un usage le plus raisonné possible."
Ce que la député exprime aussi : "coder c’est devenir libre".
Sur Twitter, Guillaume Touzé publiait aujourd’hui la photo d’une page du livre de Seymour Papert, L’enfant et la machine à connaître de 1994 qui parlait déjà de l’enseignement de l’informatique.

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Sale temps pour les profs ?

Les professeurs de Californie ont perdu leur sécurité de l’emploi. Le Point raporte en effet qu’"Un groupe de neuf élèves a intenté il y a deux ans un procès demandant la suppression du statut de titulaire qui empêche de licencier des profs jugés incompétents. Le juge a statué en faveur de ces élèves en estimant que le système en place était "inconstitutionnel" et violait les droits civiques des élèves." C’est une décision saluée par la ministre de l’éducation nationale. La correspondante du magazine rappelle que l’administration Obama "n’a cessé de pousser les établissements à mettre en place une évaluation des profs en fonction des résultats de leurs élèves aux examens". Les enseignants, eux, craignent des licenciements en cascade et la privatisation du système scolaire. Et de façon très juste, "ils clament que le succès scolaire ne dépend pas seulement de la qualité de l’enseignant, mais de bien d’autres facteurs comme la situation sociale, économique, le financement des écoles...". Malheureusement, comme le conclue l’article désormais "aux États-Unis, les politiques scolaires à l’avenir vont se décider non plus au niveau des responsables et des experts du système éducatif, mais au tribunal".

Cette mesure va continuer d’alimenter la vision du métier qu’ont de nombreux enseignants comme on a pu le lire dans plusieurs enquêtes. Ce ressenti est loin d’être nouveau. En effet, dans une lettre de Tolkien qui va être vendue aux enchères, l’auteur y évoque sa vie d’enseignant : "Tout le travail d’enseignement est épuisant et déprimant, et on est rarement réconforté lorsque que l’on découvre que l’on a pu avoir une petite influence.". (actulitte.com)


SPOC et MOOC sont dans un bateau...

Oubliez les MOOC, voici les SPOC. Le site etudiant.lefigaro.fr pointe les défauts des MOOC : "L’expérience montre que seul un pourcentage très faible des inscrits finissent leur MOOC. Si les inscriptions sont massives, les abandons le sont tout autant. « On est à plus de 60% d’abandon en moyenne sur un même cursus, avec des abandons très rapides » constate Anthony Hié, directeur de l’Organisation et des Systèmes d’Information au Conseil Général de la Moselle. Cela est dû selon lui à des « équipes d’encadrement limitées ». "
Les SPOC, Small Private Online Courses, sont aussi un modèle de cours à distance mais sur un effectif resserré (une trentaine de participants) et avec un suivi plus personnalisé, des relations plus denses. "Avec effectif réduit et suivi accentué, le SPOC sera diplômant, contrairement au MOOC qui ne délivre qu’un certificat. Un enjeu qui devrait assurer des chiffres de présence bien supérieurs à ceux des MOOC."


Déflouter l’orientation

Dans un billet publié aujourd’hui, Bernard Desclaux et Jacques Vauloup cherchent à préciser quel est vraiment le métier des professionnels de l’orientation. " Le problème du défloutage et de la visibilité des actions des personnels d’orientation n’est pas récent, mais il s’est renforcé dans les années 2003-2014… Cette situation d’incertitude permet entre autres toutes les projections. En soi, elle est très dangereuse pour l’évolution des personnels d’orientation." Ce que l’on ne peut que constater sur le terrain malheureusement : suppression de CIO, des COP de moins en moins présents dans les établissements, un travail qui se transfère sur les professeurs principaux... Les auteurs font l’historique de ce métier avant d’exposer l’évolution récente qui veut partager les missions d’orientation avec les autres professionnels de l’éducation nationale, et qui donc rend le travail des COP moins spécifique, moins visible.
"Sur cette question de la perte de spécificité des actions, on pourrait se dire que l’important est qu’elles soient exercées, et qu’elles soient bien exercées, sans tenir compte de qui les exerce. Mais on comprend aussi que cela remet en question la notion de professionnalisme. Si n’importe qui peut, est en droit de faire n’importe quoi, alors qu’elle est la base du métier ?". Il me semble que la majorité des professeurs principaux sur des paliers d’orientation aimeraient moins partager ces missions et plus pouvoir faire appel à de vrais professionnels.

Géraldine Duboz (avec l’aide de Bernard Desclaux)


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Mieux apprendre avec la coopération
Revue n°505 - mai 2013

Lorsque deux enfants, deux élèves ou deux adultes coopèrent, ils apprennent au travers des échanges. En même temps, ils se construisent des valeurs humanistes telles que la solidarité, le partage, le respect. Des témoignages pédagogiques, des repères précis pour oser l’aventure, dépasser les embuches.