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Revue de presse du vendredi 12 décembre 2014

Conférence nationale sur l’évaluation - Éducation prioritaire - Divers


L’évaluation

En cette deuxième journée de Conférence Nationale sur l’évaluation des élèves, la presse continue de poser et de se poser la question de la pertinence de la notation chiffrée et de l’intérêt de l’évaluation bienveillante.
Elle continue aussi à brosser le portrait d’établissements qui ont déjà abandonné la notation chiffrée. On lira ainsi dans L’Obs l’exemple de l’école Decroly, un établissement privé qui depuis 60 ans propose une scolarité sans notes. C’est surtout un établissement qui se préoccupe davantage du bien-être que de la performance. Un aspect qui peut laisser dubitatif et qui n’est guère représentatif.
Plus intéressant et plus concret, le cas du collège Jean Malaurie de Longueville-sur-Scie (Seine-Maritime) proposé par l’Express. Un bulletin scolaire sans notes, ça ressemble à quoi ? Un article qui a le mérite de montrer la réalité des pratiques. On peut cependant regretter que Sandrine Chesnel n’ait pas été faire le même article dans un des nombreux établissements qui ont abandonné la notation chiffrée depuis plus d’une année scolaire. Dans un établissement de l’enseignement agricole par exemple ?
Malheureusement réservé aux abonnés, nous ne pouvons pas vous parler de l’entretien croisé entre Jean-Rémi Girard (SNALC) et de Philippe Watrelot, président du CRAP-Cahiers pédagogiques publié aujourd’hui dans l’Humanité autour de la question : Les notes sont-elles la partie visible de l’échec scolaire ? Je ne peux cependant que vous engager à le lire !

La conscience professionnelle me dicte de citer également dans cette revue de presse deux articles du Point : celui de Sophie Cognard dans Le Point, fort sympathiquement intitulé « La grand-messe du clergé pédagogiste » et l’interview donnée à Jean-Paul Brighelli sur son blog par Nicolas-Dupont-Aignan qui s’indigne du fait qu’"On nage en pleine culture de l’excuse" Mais ceux-là, vous n’êtes carrément pas obligés de les lire.

Les deux articles les plus intéressants à lire ce soir sont dans La Croix. Le premier constate que, quelles que soient les décisions prises par la ministre « Notes à l’école, le statu quo n’est plus tenable » : "Tout au long de la première journée, il aura été beaucoup question de confiance. Une étude montre que 73 % des collégiens français disent avoir peur de recevoir une mauvaise note (contre à peine 7 % des jeunes Finlandais), ce qui les pousse souvent à ne pas répondre aux questions ouvertes quand ils ne sont pas sûrs d’avoir juste. Le jugement de l’enseignant affecte la construction de soi, touche l’enfant et pas seulement l’élève, observe Agnès Florin, professeur de psychologie à l’Université de Nantes. Or, poursuit-elle, une bonne estime de soi permet plus d’efforts et de persévérance face aux difficultés, y compris celles que l’on rencontre durant les apprentissages. Selon elle, la réussite scolaire présente ainsi trois composantes : le sentiment de compétence, l’estime de soi et la motivation." Les compétences psychosociales, ces grandes oubliées des débats médiatiques.....

Un second article précise donc que "Pour la conférence nationale, pas question de supprimer les notes" : "Étienne Klein, le président du jury chargé de remettre des propositions à la ministre, a confié vouloir trouver un consensus acceptable par le plus grand nombre. Les propositions du jury, promet-il, seront « originales mais pas trop, pour qu’elles soient acceptables ». Ainsi Étienne Klein a-t-il donné comme consigne à ses membres de « ne pas mettre en cause le travail des enseignants ». Il s’agira plutôt de répondre aux besoins des nombreux professeurs qui « se sentent désarmés, peu formés et ont besoin d’aide » en matière d’évaluation. L’une des pistes sera donc de « leur donner des outils supplémentaires pour leur permettre de modifier leurs méthodes ».
Le jury entend aussi aider les enseignants à mieux distinguer et à utiliser de manière complémentaire, d’une part, l’évaluation « formative », qui permette d’accompagner l’élève dans la voie du progrès et qui considère l’erreur comme une étape de l’apprentissage, et d’autre part, l’évaluation « sommative », permettant de contrôler les connaissances et compétences à un instant T.
"

L’éducation prioritaire.

La presse, en particulier régionale, continue de faire le tour des mobilisations contre la nouvelle carte de l’éducation prioritaire.
Dans Paris-Normandie : La réforme du réseau d’éducation prioritaire ne passe pas à Dieppe ; Sans Sud-Ouest : Les parents ont passé une nuit blanche au collège de Saint-Symphorien (33) ; sur BFMTv : Des enseignants séquestrent leur principal au collège Jean Macé à Clichy-la-Garenne dans les Hauts-de-Seine.
Dans Le Parisien, on apprend une révision surprise de la carte de l’éducation prioritaire de l’académie de Paris. Mais l’article étant réservé aux abonnés, impossible de vous en dire plus. Un espoir pour les établissements mobilisés....

Divers

Dans une cantine de Sarthe, c’est du porc ou rien ! Une décision absurde et stigmatisante "Le maire de la commune a décidé de ne plus proposer une viande de substitution lorsqu’un plat de porc était au menu de la cantine de l’école. Pourquoi ? "Pour respecter le principe de laïcité". Un argument qui ne tient pas pour Stéphane Fouéré, président FCPE de la Sarthe qui appelle le maire au dialogue et propose d’autres solutions.

Manuels scolaires d’économie : faut-il consulter les chefs d’entreprise ? VousNousIls propose de croiser les avis de Lucas Léger, chargé de recherche à l’IREF, l’Institut de recherches économiques et fiscales (IREF), qui a analysé le contenu de huit manuels de SES et dénonce une présentation biaisée de l’entreprise et celui d’Igor Martinache, enseignant agrégé de SES, membre du bureau national de l’Association des Professeurs de Sciences Economiques et Sociales (APSES) qui conteste cette vision "parce que les entreprises, dans leur diversité, occupent une place importante dans nos enseignements [et] parce que l’enseignement de l’économie ne se réduit pas au niveau micro économique mais il implique de comprendre les phénomènes macro économiques."

Bonnes lectures et à demain pour le bloc notes de Philippe Watrelot.
Bon week-end !

Mila Saint Anne


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

L’évaluation des élèves
Revue n°438 - decembre 2005
L’évaluation peut être au premier chef un facteur d’aggravation des inégalités scolaires, produisant sélection et tri. Elle peut aussi être autre chose, essentiellement formative : reconsidérer l’erreur, utiliser des outils comme les « ceintures », se mettre au portfolio né de l’enseignement des langues vivantes, évaluer des tâches complexes sans les réduire à des listes d’items.

L’évaluation, plus juste et plus efficace : comment faire ?
Ouvrage - juin 2014
Florence Castincaud et Jean-Michel Zakhartchouk - Collection Repères pour agir, Canopé CRDP d’Amiens - CRAP-Cahiers pédagogiques, juin 2014. L’évaluation, plus juste et plus efficace : comment faire ? propose de regarder d’un œil neuf les pratiques d’évaluation les plus courantes dans l’enseignement en France, la circulaire de rentrée 2014 s’est montrée claire à ce sujet : « Il importe de faire évoluer les pratiques en matière d’évaluation des élèves. », et cet ouvrage se veut être l’un des outils incontournables pour y parvenir.
Comment évaluer les élèves sans les noter ? Quels paramètres prendre alors en compte pour l’évaluation des compétences ?
Pour répondre à ces questions le livre s’interroge sur les paramètres de l’évaluation (ses formes et fonctions) qui font partie des choix que chaque enseignant va devoir opérer. Il oriente la réflexion en observant ce qui se fait déjà dans les établissements (notamment des collèges) où les équipes pédagogiques ont pris à-bras-le-corps la question de l’évaluation.
L’évaluation, plus juste et plus efficace : comment faire ? aborde le sujet sous un angle pluridisciplinaire en s’attardant sur ce qui peut être fait dans toutes les matières, celles dites académiques comme les autres, et notamment en éducation physique et sportive.
L’état des lieux et la réflexion ne seraient pas complets sans une certaine ouverture : sans y chercher de modèle à imiter, l’ouvrage s’intéresse de près à ce qui se passe ailleurs, là où les débats sont vifs aussi, comme en Suisse romande, au Québec, en Nouvelle-Zélande, ou encore en Europe du Nord.

Des ceintures pour évaluer les compétences des élèves
Ouvrage - septembre 2014
Dominique Natanson, Marc Berthou, éditions Fabert, 2014.
La problématique de l’évaluation est récurrente. De grandes réflexions et initiatives nationales sont régulièrement lancées afin que l’évaluation prenne davantage en compte les progrès des élèves et soit au service de l’acquisition des compétences pour tous.
De même, la pédagogie institutionnelle, présente surtout dans les années 1965-1980 autour de Fernand Oury et Jacques Pain, connaît un regain d’intérêt depuis le début du siècle : mise en place de « conseils d’élèves » pour lutter contre la violence scolaire, utilisation des ceintures... C’est dans ce contexte que paraît Des ceintures pour évaluer les compétences des élèves, un ouvrage unique et actuel sur le sujet. Les auteurs, forts de leurs précédentes publications dont Jouer en classe aux éditions Fabert, présentent ici des récits, des fiches en couleur et des aides pour les enseignants des collèges et lycées.
Des outils pour des pratiques alternatives à la notation traditionnelle, trop souvent inefficace et démotivante.