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Revue de presse du vendredi 11 novembre 2016


Trois sujets dominent la courte actualité éducative de ce 11 novembre. D’une part les clichés et perceptions véhiculées par notre école, et plus spécifiquement ceux qui portent sur le métier d’enseignant. D’autre part des considérations pédagogiques. Enfin, quelques articles abordent les relations entre l’école et la politique.


Clichés et réalités

"Difficile d’échapper à la représentation de l’école et des enseignants au cinéma". C’est l’objet, aujourd’hui, d’un article de The Conversation intitulé Jeu de massacre et boules de gomme : l’école au cinéma. Et si c’est si difficile, c’est "Sans doute parce que la mise en image du système scolaire nous plonge aux origines de la critique sociale. Le programme « Épique école » proposé par la Bibliothèque d’information et de documentation de Paris conjointant au musée national de l’éducation, durant le Mois du documentaire, du 4 au 23 novembre, illustre cet intérêt pour l’école et ses mutations à travers un cycle documentaire tandis que le Forum des Images propose une série de fictions avec « Cas d’école(s) » jusqu’au 18 novembre".

Pour leur part, Les professeurs ne sont plus ce qu’ils étaient. C’est l’objet d’un éclairage historique de Claude Lelièvre sur Slate.fr. Alors forcément, on se doute que nous n’allons pas en rester au niveau de l’incantation passéiste fausse et stérile. Et en effet, si les enseignants ne sont plus ce qu’ils étaient, nous précise l’historien, ce n’est "pas pour des questions d’autorité ou de prestige perdus, au contraire. [...] Les résultats d’une enquête originale menée auprès d’un millier d’étudiants de licence montre qu’ils mettent en tête le métier d’enseignant comme « profession la plus attractive à leurs yeux », alors même qu’ils le placent en queue des « métiers les plus prestigieux ». Un paradoxe que l’on peut sans doute mieux comprendre en comparant l’image qu’ont de leur profession les enseignants eux-mêmes, celle qu’ils croient avoir, et celle qu’ils ont en réalité.
Le rapport présentant les résultats de l’enquête souligne qu’« il ne s’agit pas d’un métier choisi par défaut. 60% des étudiants envisageant de devenir enseignant déclarent avoir fait ce choix avant même d’entamer leurs études supérieures […]. Il apparaît clairement que les étudiants considèrent le métier d’enseignant comme porteur de sens : goût pour la discipline enseignée, transmission des savoirs, transmission des valeurs et contact avec les jeunes générations ».

Malgré tout, les clichés ont la vie dure. C’est le sens d’un article du site The Conversation. Un article qui s’intéresse avec un certain humour, mais de façon assez sérieuse, à ces "légentes urbaines" qui entourent le métier de professeur. Depuis les conditions de mutation jusqu’au problème des retraites en passant par les grasses rémunérations et le sempiternel abonnement à Télérama. Un article que conclue une remarque finalement assez pertinente : "pas sûr que la vie des profs soit celle que l’on imagine !". Pas sûr non plus qu’elle soit réellement ce qu’ils imaginent eux-mêmes...

Toujours au titre des clichés et de leur démontage, Le Monde fait paraître Une réponse au livre de Carole Barjon : « Le mépris et l’ignorance ne servent pas le débat sur l’école ».
"Selon les signataires de ce texte collectif, les stéréotypes sur la destruction de l’enseignement que ressasse l’ouvrage sont ravageurs pour l’éducation nationale". Il n’est guère étonnant de retrouver parmi les signataires une grande partie des professionnels que la polémiste avait cloués au pilori, en une démarche proche de celle de l’Affiche rouge, les traitant, toute déontologie journalistique jetée aux orties, d’ "assassins de l’école". "Malgré le relâchement de la langue française et les impératifs éditoriaux, il est des mots qu’il ne faut utiliser qu’avec d’infinies précautions : « assassin » est de ceux-là. Notre histoire est trop chargée et notre actualité trop tragique pour qu’un livre désigne ainsi à la vindicte publique des universitaires, des chercheurs et des administrateurs de l’éducation nationale qui ont consacré leur énergie et leurs travaux à l’école.


Éduquer dans un monde en crise

Dans The Conversation (décidément bien inspiré ces derniers temps), deux universitaires, Sylvain Connac et Laurent Lescouarch, reviennent sur ce que signifiait, il y a 100 ans, Apprendre à l’école Freinet. “À l’orée de la Première Guerre mondiale, « plus jamais ça » semble être l’idée forte de Célestin Freinet qui l’a poussé à engager en France à partir des années 1930 un grand mouvement de refonte pédagogique. Le mouvement Freinet a compté jusqu’à 10 000 membres (lire à ce sujet l’ouvrage de Michel Barré). Les 11 et 12 novembre, un colloque international se déroulait à Paris sur le mouvement Freinet, 50 ans après la disparition de son fondateur. Quels étaient les grands principes de sa pensée ?

Si on sait que la pensée de Célestin Freinet a (un peu) progressé dans notre institution, on sait malheureusement que le grand dessein de Freinet, créer les conditions du "plus jamais ça" est largement resté lettre morte, et que nous n’avons toujours pas trouvé les conditions d’une éducation qui nous prémunisse de la barbarie. Un an après les attentats, l’éducation à l’information est plus cruciale que jamais. "Tandis que s’achève la semaine mondiale sur l’éducation aux médias et à l’information (EMI), organisée par l’Unesco, la commémoration du 13 novembre 2015 rappelle que les plus jeunes doivent être particulièrement sensibilisés aux informations et aux médias qui les véhiculent".


l’école et la politique

France Soir se penche sur la façon dont la victoire de Donald Trump a été perçue par les élèves et abordée en classe avec leurs professeurs. Victoire de Trump : les enseignants français répondent aux peurs de leurs élèves
Suite à l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis, de nombreux professeurs français pris de court ont du faire face aux questions mêlées d’inquiétude de leurs élèves.” Suivent un certain nombre de témoignages.

Dans un autre domaine (quoique...), Le Parisien TV nous précise que Fillon s’explique sur son programme concernant l’éducation. Un programme que l’ancien Premier ministre justifie par le caractère inégalitaire du système. Une inégalité à laquelle il propose de lutter, nous semble-t-il, en revenant à des pratiques qui ont, précisément, souvent été cause des inégalités qu’il dénonce. De là à penser que François Fillon a une vision idéologique de l’école...

Lionel Jeanjeau


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Le climat scolaire
Revue n°523 - septembre 2015
Qu’est-ce qu’un bon climat scolaire ? Est-ce lorsque les élèves répondent à notre fantasme du «  bon élève  » ? On ne peut nier l’impact qu’il a sur les personnels et les élèves. Se sentir bien ou mal à l’école détermine en profondeur le parcours que l’on y mènera.

Le pari du collectif

Revue n°524 - novembre 2015
C’est une évidence, nous travaillons tous en équipe : dans l’établissement, autour d’une classe, pour un projet, sur un cas particulier d’élève… Hors du collectif, point de salut ! Est-ce si sûr ?