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Revue de presse du vendredi 11 avril

Inquiétude sur les rythmes scolaires, le communautarisme, les recrutements et l’alternance - L’Europe du supérieur


Inquiétudes sur les résistances à la réforme des rythmes scolaires, inquiétudes sur la montée des communautarismes jusque dans l’école, inquiétudes sur la pérennisation des créations de postes, sur l’alternance. Bref, une revue de presse reflet de la période d’incertitude ouverte par le changement de ministre.

Rythmes scolaires : le temps des résistances conservatrices ?

La presse de ce vendredi se fait largement l’écho de la fronde de quelques élus UMP qui - s’estimant sans doute affranchis des règles de fonctionnement de nos institutions - refusent d’appliquer à la rentrée 2014 le décret sur la réforme des rythmes scolaires. Rythmes scolaires : Copé appelle les maires à refuser la réforme nous apprend ainsi le Parisien. Rythmes scolaires : Copé et Falco boycottent la réforme dans leurs villes selon L’Express, cependant que Le Figaro renchérit :
L’UMP appelle les maires à boycotter la réforme des rythmes scolaires.
Cette fronde des maires, à l’appel du président de l’UMP, a tout de la gesticulation politique. En effet, de l’aveu même du Figaro, elle ne changera rien sur le terrain. "En tout cas, il y aura bien cinq matinées de classe par semaine et des après-midis plus courts, puisque c’est l’Éducation nationale qui en décide et non les municipalités. Il faudra donc à ces dernières, si elles refusent la réforme, organiser la prise en charge des élèves qui se retrouveront « dans la nature » à 15h45. À la mairie de Toulon, les équipes de Hubert Falco s’activent déjà pour trouver des solutions de garde, notamment en pré-recrutant les associations chargées du périscolaire". Autrement dit, exactement ce que réclame le décret. La réforme s’appliquera donc de facto même là où, comme à Toulon, les maires annoncent qu’ils ne l’appliqueront pas.

Sur ce dossier, Arnaud Gonzague, du Nouvel Observateur a été extrêmement réactif. A peine connues les prises de position de l’UMP, il a en effet interviewé Paul Raoult, le président de la FCPE. Il en résulte cet article. Rythmes scolaires : "surtout ne pas abandonner la réforme". Le président de la première fédération de parents d’élèves confirme ce que l’on pouvait lire en filigrane dans l’article du Figaro, et rappelle quelques chiffres déjà évoqués par la presse cet hiver : "Ce sont des effets d’annonce politique. Si ces élus veulent se lancer dans une bataille politique, qu’ils le fassent. Je rappelle qu’aujourd‘hui, environ 92% - donc une très large majorité - de communes déclarent avoir préparé leur organisation pour la rentrée de septembre. On sait aussi que la plupart des villes étant passées aux quatre jours et demis dès 2013 se déclarent très satisfaites de ce qu’elles ont mis en place. Qu’il reste une poignée de communes pas prêtes ou de maires se déclarant hostiles à la réforme pour des raisons politiques ne nous inquiète pas. Il ne faut surtout ne pas abandonner cette réforme qui, je le rappelle, n’a pas été prise pour enquiquiner la droite, mais dans l’intérêt des enfants. Le Premier ministre a d’ailleurs rappelé que c’est une "bonne mesure"."

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Le dessin de Fabien Crégut

A noter que les maires UMP ne sont pas les seuls conservateurs à faire front contre la loi. L’enseignement catholique ajaccien reste fidèle à la semaine de quatre jours, nous apprend en effet Corse Matin. Précisons toutefois qu’il ne s’agit pas là, comme dans le cas de l’UMP, du non respect d’un décret ministériel, l’enseignement privé n’étant curieusement pas tenu de respecter la passage à la semaine de 4,5 jours.


L’école face au communautarisme ?

L’école est-elle menacée par la montée des communautarismes ? Le Figaro publie un article très fouillé sur la question, en se centrant sur l’un seulement de ces communautarismes : celui de la communauté musulmane.
Le communautarisme musulman défie l’école titre le quotidien conservateur. Sujet sensible. Question en réalité, et objectivement, préoccupante. De quoi s’agit-il exactement ? D’une note des services de renseignement que s’est procurée le quotidien. "Ce document, épais d’une quinzaine de pages et daté du 28 novembre dernier, est émaillé d’environ 70 exemples précis à travers toute la France. Tous sont révélateurs et, parfois, surréalistes". La revue de presse de France Inter de ce matin en égrenait quelques uns, évoquant ici un refus de boire du vin dans des cours d’œnologie, là un refus de maquiller des filles dans un CAP d’esthétique. Beaucoup de choses invraisemblables et en réalité dérangeantes si elles sont avérées. D’où la réflexion de la philosophe Catherine Kintzler : "ce n’est pas en se taisant sur les revendications communautaristes que la République finira par gagner." En tout cas, un article à lire avec attention, mais aussi avec la prudence et le recul nécessaires à des sujets aussi potentiellement polémiques et orientés. A vrai dire, on aimerait retrouver trace de cette "note confidentielle" dans d’autres organes de presse.


Double discours ?

Y a-t-il un double discours sur les créations de poste dans l’éducation nationale ? 60000 postes pour l’éducation : une promesse qui tangue nous explique L’Express. "François Hollande tiendra-t-il son engagement ? 35 739 postes devront encore être créés après 2015 pour y parvenir mais restrictions budgétaires et manque de candidats compliquent la donne"

Y a-t-il un double discours sur le statut de l’apprentissage et de l’alternance ? Les Maisons Familiales et Rurales dénoncent le " double discours " du gouvernement sur l’alternance. Un sujet peu abordé dans la grande presse nationale, mais qui pour beaucoup de jeunes, sur le terrain, revêt une grande importance, en particulier ici en milieu rural. Réunis hier en congrès national, 1200 représentants des MFR "se sont interrogées sur «  la volonté réelle  » du gouvernement de développer les formations en alternance ou par apprentissage, alors que celles-ci se retrouvent confrontées à une baisse de ressources, à l’augmentation de contraintes réglementaires, ou encore à « la dégradation des liens de confiance entre les parents, l’école, l’entreprise...  ». Les 1.200 congressistes ont adopté une motion officielle pour dénoncer ce «  double discours de la part des plus hautes instances de l’Etat  ». Ils y interpellent le pouvoir sur la confusion entretenue entre le statut de salarié et celui d’élève, ou encore sur la complexification des démarches pour les petites entreprises", ces dernières rechignant de plus en plus à prendre des jeunes en apprentissage.


Le niveau de qualification des européens s’élève

Terminons tout de même sur une note optimiste. D’après Les Echos, Le nombre de diplômés progresse en Europe dans l’enseignement supérieur. "Bonne nouvelle pour l’Europe : la part de ses ressortissants âgés de 30 à 34 ans qui ont achevé des études supérieures a nettement progressé en une décennie, pour atteindre 37% en 2013 contre 24 % en 2002, selon des statistiques publiées vendredi par Eurostat. Un résultat en ligne avec l’objectif de l’Union européenne qui ambitionne de faire passer cette proportion à 40% en moyenne à l’horizon 2020." Cette part de diplômés a même doublé ou plus dans une dizaine de pays. Et en France ? On y compte aujourd’hui 44% de diplômés de l’enseignement supérieur chez les 30-34 ans, à rapprocher des 50% fixés à horizon 2020 par les instances européennes (pour un objectif total de 40% à l’échelle du continent).

Lionel Jeanjeau


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Faire vivre une morale laïque
Hors-série n°30 - avril 2013

Une compilation d’articles parus ces dernières années sur l’éducation à la citoyenneté, le droit, la laïcité, les débats et les « questions sensibles » à l’école , en contribution à la réflexion en cours sur une « morale laïque ».